Un haut représentant des houthis, Hamza el-Houthi, hier, à l’aéroport de Sanaa avant le départ de la délégation pour Genève. Mohammad...
L'Onu a commencé, hier, à évacuer 500 blessés et malades de quatre villes assiégées en Syrie. Le premier bus, qui comptait 15 jeunes gens et 10 personnes âgées, a quitté en fin d'après-midi la localité rebelle de Zabadani assiégée par les forces prorégime, à l'ouest de Damas. Selon une source militaire, 225 autres personnes seront évacuées de la localité rebelle voisine de Madaya. Dans le même temps, un autre bus quittait avec des blessés et leurs familles les localités chiites de Foua et de Kfarya, favorables au régime et encerclées depuis des mois par les rebelles dans la province d'Idleb (Nord-Ouest), selon une source de sécurité. « L'Onu demande à toutes les parties, et particulièrement aux autorités syriennes, de permettre aux convois transportant des équipements médicaux d'accéder aux régions assiégées », a insisté le porte-parole de l'Onu, Stéphane Dujarric.
Par ailleurs, les Nations unies ont également fait part, hier, de leur vive préoccupation concernant le sort de plus de dizaines de milliers de Syriens qui ont fui les combats dans les environs de la ville d'Alep. Plus de 40 000 personnes vivant dans des camps de déplacés ou des zones d'habitation ont en effet été chassées par les combats de ces derniers jours, fuyant pour la plupart en direction de l'Est vers la ville-frontière d'Aazaz ainsi que vers les camps de Bab el-Salam et de Sijjou, a indiqué le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha, agence du secrétarait de l'Onu).
Raids et avancées
Toujours à Alep, sept personnes sont mortes dans des raids du régime sur le quartier rebelle de Salahedinne, selon l'OSDH. Les insurgés accusent le régime de Bachar el-Assad de violer la trêve en lançant une nouvelle offensive pour s'emparer d'Alep. Ville la plus peuplée de Syrie avant la guerre, elle est scindée aujourd'hui en une partie sous le contrôle du régime et une autre aux mains des rebelles. Et des combats meurtriers ont opposé des forces kurdes à des combattants prorégime dans la ville de Qamichli (Nord-Est), ont précisé l'ONG et une source kurde.
Ailleurs sur le terrain, le groupe État islamique (EI) s'est emparé d'un des quartiers gouvernementaux de la ville de Deir ez-Zor (Est), se rapprochant de l'aéroport aux mains de l'armée, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). La majorité de la province de Deir ez-Zor est aux mains de l'EI depuis 2014, à l'exception d'une partie de la capitale éponyme qui reste contrôlée par les forces gouvernementales et où vivent 200 000 habitants, totalement assiégés par l'EI.
De l'autre côté de la frontière, en Irak voisin, l'EI semble avoir subi un revers avec la mort, selon les autorités kurdes, d'un de ses hauts responsables militaires, Souleiman Abd Chabib el-Jabouri, dans un raid mené par des commandos américains et kurdes. Cette mort n'a toutefois pas été confirmée.
Négociations incertaines
Sur le plan diplomatique à Genève, les pourparlers intersyriens battent de l'aile avec le départ mardi de la majorité des négociateurs des principaux groupes de l'opposition réunis au sein du Haut Comité des négociations (HCN). Le HCN a toutefois laissé sur place une équipe « technique » qui poursuivra les pourparlers depuis son hôtel. Pour le chef de la délégation du régime, Bachar el-Jaafari, ce départ est une « bonne chose ». « En partant, ils ont peut-être levé le principal obstacle » aux pourparlers, a-t-il affirmé, accusant le HCN d'être des « extrémistes, terroristes et mercenaires » à la solde de l'Arabie saoudite. L'opposition insiste pour la constitution d'un « organe gouvernemental de transition » doté de pouvoirs exécutifs et dont serait exclu Bachar el-Assad, une ligne rouge pour le régime. Mais, pour M. Jaafari, la solution politique doit reposer sur un « gouvernement d'union nationale élargi ». Concernant la composition d'un tel gouvernement, il a indiqué qu'il devrait être ouvert à « des membres qui rejettent le terrorisme » et des représentants de l'« opposition nationale qui ne travaillent pas pour le compte de puissances étrangères ». Le futur exécutif devrait inclure des « représentants de notre gouvernement actuel », des « technocrates et des figures indépendantes », a ajouté M. Jaafari.
(Sources : agences)

