Le chef du bloc parlementaire de la Fidélite à la résistance, Mohammad Raad. Photo Ani
Les lieutenants du Hezbollah ont rejeté en bloc ce week-end les accusations de terrorisme de l'Organisation de coopération islamique, réunie en Turquie il y a quelques jours, et dénoncé un plan saoudien visant à discréditer la résistance.
Dans son communiqué final, l'OCI avait « déploré l'ingérence de l'Iran dans les affaires intérieures des États de la région et des autres États membres, y compris à Bahreïn, au Yémen, en Syrie et en Somalie », et dénoncé son « soutien continu au terrorisme ». (...) Elle avait également « condamné le Hezbollah pour les actes terroristes qu'il a perpétrés (...) et pour son soutien à des mouvements et groupes terroristes ».
Le chef du bloc parlementaire de la Fidélité à la résistance, Mohammad Raad, a estimé hier que « l'Organisation de coopération islamique a subi des pressions afin de condamner l'Iran pour son ingérence dans les affaires de pays arabes ». « Si le critère de condamnation est celui de l'ingérence, le régime saoudien devrait être le premier à être pointé du doigt. Mais la véritable question n'est pas là, il y a une volonté de l'Arabie saoudite de mettre en place un accord avec les Israéliens », a-t-il dit. « Les accusations de l'OCI n'ont aucune valeur ni incidence. Elles ne changeront rien à nos choix et ne pourront pas nous empêcher de poursuivre notre projet », a pour sa part indiqué le député Hussein Fadlallah.
Mohammad Fneich, ministre d'État pour les Affaires du Parlement, a souligné que « les décisions de l'OCI relèvent de la politique saoudienne qui, grâce à l'argent et aux takfiristes, continue à faire pression sur le Hezbollah ». Il a salué en outre « les réserves émises par le Liban sur les paragraphes (du communiqué final de l'OCI) qui désignent le Hezbollah comme organisation terroriste ».
Pour le président du conseil politique du Hezbollah, Ibrahim Amine Sayyed, « la déclaration de guerre du régime saoudien et de ses alliés contre le Hezbollah n'est pas nouvelle. Elle est due au fait que le Hezbollah a réussi à détruire le projet politique saoudien en Syrie ». Quant au député Ali Fayad, il a dénoncé « les tentatives de ternir l'image du Hezbollah et de la résistance ». « Nous ne commettons pas des actes terroristes, nous sommes une résistance qui défend l'État face à Israël et aux côtés du peuple palestinien », a-t-il dit.
Rencontre annulée avec Hollande
Une rencontre entre le Hezbollah et le président français François Hollande, prévue lors du passage de ce dernier au Liban, a par ailleurs été annulée, selon des informations publiées par l'agence al-Markaziya. Cette annulation serait liée à l'implication du Hezbollah dans le conflit syrien, selon une source diplomatique libanaise questionnée par l'agence. « Lors de ses discussions à Beyrouth, M. Hollande ne pouvait passer outre l'implication militaire du Hezbollah en Syrie ainsi que ses activités dans certains pays arabes. C'est à cause de cela que la rencontre a été annulée », a souligné la source. « La visite de M. Hollande fait suite à la volonté des Américains de veiller à l'économie et la sécurité du Liban, malgré les sanctions contre le Hezbollah et ses alliés », a-t-elle ajouté.
Kassem Hachem, député et membre du bloc parlementaire du Développement et de la Libération, a pour sa part indiqué que la visite du président français à Beyrouth devait être considérée « positivement ». « Il y a eu des efforts en faveur d'une rencontre entre le Hezbollah et M. Hollande, mais les prises de position de ce dernier sont les principales causes de l'annulation de cette rencontre », a-t-il souligné.


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17 h 44, le 19 avril 2016