Plus le temps passe, plus la réalité historique est travestie et déformée par ceux qui n'ont pas voulu que soit écrite la vraie histoire du Liban. À la télévision, sur les réseaux sociaux, de jeunes journalistes et de jeunes internautes, qui n'ont pas vécu la guerre, dénigrent la mémoire de la résistance libanaise – la résistance « purement » libanaise – et de ses martyrs. Que ce serait-il passé si les chrétiens du Liban avaient abdiqué aux premières agressions et s'étaient rendus ? Que serait le Liban aujourd'hui ?
Une Palestine de substitution ? Une Arabie Saoudite ? Un Iran ? Une Égypte ? Un Irak ? Qu'est-il advenu des chrétiens d'Égypte, d'Irak, de Syrie ? Est-ce cela le rêve des Libanais ? De tous les Libanais, chrétiens et musulmans ?
En se défendant, les chrétiens libanais se sont mis aux premières tranchées, non seulement de la protection du Liban, mais aussi de la défense de la démocratie, du respect de l'autre, de la coexistence. Ils ont fait cette guerre tout seuls. Cette première ligne face à l'extrémisme est finalement tombée lorsque ceux-là mêmes que la résistance libanaise défendaient ont lâché le Liban, laissant le fléau de la haine et de la violence se propager bien au-delà de cette première ligne de défense. La guerre est une chose horrible mais quel choix nous avait-on laissé ? Il y a quelques jours, sur les réseaux sociaux, des internautes souillaient la mémoire de Joseph Saadé qui avait pourtant fait son mea culpa, oubliant qu'il avait vu ses deux fils assassinés avant de se révolter. Oui, notre guerre était une réaction à des massacres perpétrés contre nos enfants. Non, nous ne sommes pas des assoiffés de sang, des illuminés d'un Dieu sanguinaire, nous sommes des hommes de paix et notre cause reste la même 41 ans plus tard : un Liban libanais avant d'être arabe ou autre, une égalité sans équivoque, dans les droits et les obligations, entre chrétiens et musulmans du Liban, un Liban moderne ouvert à la fois vers l'Occident et l'Orient, un État de droit où les citoyens seraient tous égaux devant la loi, un État fort où l'armée et les forces de sécurité étatiques seraient seules responsables de la protection du citoyen, un État de justice où les chances dépendraient des compétences et non pas de l'appartenance à telle ou telle communauté.
Nous étions jeunes. Nous avions un rêve. Nous nous sommes battus avec les armes pour le défendre parce que nous y étions contraints. Nous nous sommes battus par la résistance civile lorsque le pays a été livré à la Syrie. Nous continuons aujourd'hui à nous battre par tous les moyens pour réaliser ce rêve qui est aujourd'hui celui de nos enfants.
Massoud ACHKAR


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Massoud Achkar se demande : Que serait le Liban aujourd'hui ? Réponse : Une nouvelle Palestine. Ahmad Choucaïry voulait jeter les juifs à la mer. Yasser Arafat voulait faire de même pour les chrétiens du Liban, la "bosta" de Aïn-Remmaneh n'était pas américaine ni israëlienne mais bien palestinienne. Mais il est mort empoisonné comme un chien enragé.
16 h 09, le 17 avril 2016