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Moyen Orient et Monde

Quand les républicains ont recours aux manœuvres suspectes

Éclairage

La façon dont Ted Cruz a obtenu ses délégués dans le Colorado, le week-end dernier, a suscité des remous considérables aux USA.

14/04/2016

En ces jours de campagne électorale pour la présidentielle américaine, la démocratie frelatée semble être la pratique par excellence du Parti républicain (Grand Old Party – GOP) qui ne craint pas de dire à son public que sa voix ne compte pas. Ainsi, la semaine dernière, les leaders républicains n'ont pas hésité à annuler les meetings prévus dans le Colorado, officiellement pour des raisons de budget, mais surtout pour tenter de faire obstacle à l'ascension de Donald Trump. Ils ont ensuite déclaré la victoire de Ted Cruz, qui a alors raflé 34 délégués, dans le cadre d'un système complexe de désignation comprenant une convention organisée samedi dernier sans consultation des électeurs, ainsi qu'une série de votes par comtés. Le système du Colorado donne donc plus de poids au GOP dans la désignation des délégués qui, dans d'autres États, sont répartis, dans le cadre de primaires ou de caucus, à la proportionnelle après le vote des électeurs.

 

(Lire aussi : Primaires américaines : le bilan à sept mois de la présidentielle)


Après la défaite de Donald Trump dans le Colorado, le très écouté, et non moins conservateur, animateur de radio, Michael Savage, a conseillé à Ted Cruz de « renoncer à ce gain qui risque de le disqualifier ». Et, dans le New York Times, le journaliste Jeremy Peters n'a pas hésité à affirmer samedi dernier que cette pratique constitue une attaque contre tout le processus des primaires, car elle entre en conflit avec la démocratie. « Depuis des décennies, les deux partis utilisent des moyens trompeurs pour choisir eux-mêmes leur nominé », a-t-il aussi écrit.
En attendant la convention des républicains du 18 au 21 juillet, à Cleveland (Ohio), laquelle va regrouper environ 50 000 personnes, la tension monte, plusieurs appels à porter des armes à feu se sont déjà fait entendre, alors que Donald Trump et Ted Cruz ont à plusieurs reprises rejoint ces appels.

 

(Lire aussi : La Maison-Blanche encore très loin pour Trump)

 

Le parti et non les urnes
Ce n'est pas du tout comme cela que doivent se dérouler les conventions. Leur tâche principale est de choisir le candidat à la Maison-Blanche, sélectionné par les délégués. Et les gagnants des primaires ont en principe un rôle essentiel dans leurs conventions respectives. Mais pour Curly Haugland, le porte-parole du « Comité républicain pour les règles électorales 2016 » et à présent considéré comme le faiseur de rois, « il n'y aura pas de gagnant réel avant la convention » de Cleveland, ajoutant que c'est « le Parti républicain qui va choisir le nominé et non les électeurs ».
Il y aura trois étapes qui vont aboutir au choix d'un nominé républicain, mais suivant la volonté du parti et non des urnes. Au premier scrutin, les délégués qui ont promis de voter pour un candidat spécifique, sur la base des résultats des primaires, doivent le faire. Ce candidat doit avoir une majorité de délégués. S'il ne les a pas, on passe à la deuxième étape. À ce moment, 50 % des délégués sont libérés de leur promesse envers le gagnant des primaires et peuvent voter à leur guise. Et, si à nouveau une majorité n'est pas atteinte, on passe à la troisième étape qui permet à la majorité des délégués de voter comme bon leur semble. Ce processus est supposé se répéter jusqu'à ce qu'un candidat obtienne une majorité.
Une série d'étapes qui pourraient être utilisées pour écarter Donald Trump. Les pro-Trump arguent que si leur candidat n'obtient pas la majorité des délégués à la convention, personne ne pourra pour autant nier qu'auparavant il avait engrangé un nombre de délégués supérieur à celui de ses rivaux, ce qui est habituellement suffisant pour obtenir la nomination. Et, si M. Haugland refuse ce procédé, il provoquera un scandale car il sera considéré comme celui qui aura volé la victoire de M. Trump.


Donald Trump aura peut-être raison de se considérer dépouillé de ses droits, surtout après une élection dominée par la haine entre les électeurs et leur parti. John Hudak, du « Think Tank » Brookings, précise que « depuis plus de cent ans les républicains tentent cette manœuvre. Mais la différence, cette fois, tient au fait que les candidats Trump et Cruz (pourtant le favori du GOP) n'ont pas la cote et que les délégués de la convention, eux, peuvent exécuter le plan du parti. À savoir éliminer coûte que coûte le milliardaire new-yorkais ». « Le paradoxe est que Trump voit n'importe quel résultat à son encontre à Cleveland comme un vol. Le Parti républicain voit, selon ses règles, que c'est un vol légitime », fait remarquer un observateur de cette tumultueuse course à la présidentielle, sous réserve d'anonymat.

 

 

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