MM. Jreige et Fadlallah lors de la conférence de presse. Photo Ani
À la veille de la séance du Conseil des ministres qui devrait discuter des décisions de la compagnie Nilesat d'arrêter son émission à partir de la station de Jouret el-Ballout et de bloquer celle de la chaîne al-Manar, la commission parlementaire des Télécoms s'est réunie hier pour discuter de la question et a présenté des propositions pour résoudre le problème. Étaient présents le ministre de l'Information, Ramzi Jreige, le président du Conseil national de l'information, Abdel Hadi Mahfouz, et les PDG de plusieurs chaînes télévisées.
À l'issue de la séance, le président de la commission, le député Hassan Fadlallah, a tenu une conférence de presse conjointe avec M. Jreige, au cours de laquelle il a fait état d'une « unanimité au sein de la commission autour du fait que l'atteinte à al-Manar est une atteinte à la liberté d'expression à laquelle nous sommes attachés ».
« Nous avons affirmé que toute atteinte aux médias libanais de la part des propriétaires de satellites vise la dignité du Liban », a-t-il ajouté avant de signaler que « les chaînes télévisées concernées se sentent menacées, d'où l'importance de traiter ce dossier sous un angle national, loin des divisions politiques ».
Selon M. Fadlallah, « la chaîne al-Manar n'a pas commis d'infraction à la loi qui justifierait une telle décision. Cette dernière émane d'une volonté politique ».
« Nous connaissons la source des pressions visant à couper la retransmission de certaines chaînes, dont al-Manar », a-t-il déclaré avant de poursuivre : « Ce sujet devrait être en tête des priorités du Conseil des ministres demain (aujourd'hui), quand bien même il ne figure pas à l'ordre du jour de la séance. »
Le député du Hezbollah a exposé une série de propositions pour résoudre ce problème, dont notamment : réactiver le réseau de retransmission unifiée, sous-louer une partie du potentiel d'émission des satellites, réactiver la station de Jouret el-Ballout. Il a estimé aussi que le gouvernement devrait entrer en contact avec les autorités égyptiennes en vue de revenir sur les décisions concernant al-Manar et la station de Jouret el-Ballout.
De son côté, M. Jreige a rappelé que « le Liban jouit de la liberté d'expression, contrairement à plusieurs pays voisins, et il ne l'abandonnera pas ».
« J'œuvrerai en Conseil des ministres pour le renouvellement du permis accordé à la compagnie "Nilesat" pour éviter son utilisation comme prétexte pour arrêter l'émission de la station Jouret el-Ballout », a déclaré le ministre Jreige avant de signaler que « les contacts nécessaires seront menés avec l'Égypte pour réactiver la station en question ».
Le ministre de l'Information a, par ailleurs, fait savoir qu'il transmettra les propositions de la commission au Conseil des ministres pour prendre la décision adéquate, avant de s'exprimer en faveur du réseau unique de retransmission après l'adoption de la retransmission numérique.
« Les contacts menés jusque-là avec l'Égypte ont permis aux chaînes libanaises de poursuivre leur émission à partir du siège principal (et non de Jouret el-Ballout), à l'exception d'al-Manar », a-t-il signalé avant d'indiquer que la compagnie égyptienne « estime que la chaîne a commis une infraction au contrat en diffusant un discours attisant les tensions communautaires, mais nous poursuivrons nos efforts en vue de la révision de la décision », a conclu M. Jreige.

