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Liban - Réseaux Illégaux D’Internet

Réunions au Sérail et scepticisme politique

Le ministre des Télécommunications, Boutros Harb, a promis que l'enquête ira jusqu'au bout dans l'affaire des réseaux illégaux d'Internet.

Tammam Salam présidant hier au Grand Sérail la réunion sur l'Internet illégal. Photo Dalati et Nohra

Le Premier ministre, Tammam Salam, a présidé hier au Sérail une réunion élargie qui a été consacrée à l'affaire des réseaux illégaux d'Internet, en présence des ministres de la Défense, Samir Mokbel, également vice-président du Conseil, des Télécommunications, Boutros Harb, de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, ainsi que du procureur général près la Cour de cassation, Samir Hammoud, du directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, du secrétaire général du Conseil supérieur de la défense, le général Mohammad Kheir, du commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, le juge Sakr Sakr, du procureur général financier, le juge Ali Ibrahim, du chef des services de renseignements des FSI, le général Imad Osman, du directeur d'Ogero, Abdel Menhem Youssef, et du directeur des équipements au ministère des Télécoms, Naji Andraos.
Dans une déclaration à la presse au terme de l'entretien, M. Harb a réaffirmé que les personnes impliquées dans cette affaire seront sanctionnées, avant de révéler que de nouveaux éléments ont été découverts dans le cadre des investigations sur ce dossier, mais qu'il n'est pas en mesure de les dévoiler à cause du secret de l'enquête. Il a rappelé que deux personnes ont pu être arrêtées après des contacts entrepris avec Chypre, ainsi que deux autres soupçonnées de l'importation de matériel de communication de Turquie et qu'un mandat de recherches a été délivré contre une cinquième personne. Il n'a pas voulu cependant révéler des noms, ni fournir des détails au sujet des fonctions assumées par les cinq personnes interpellées, toujours pour les besoins de l'enquête.
Tout en réaffirmant la détermination du gouvernement à aller jusqu'au bout dans ce dossier, M. Harb a exprimé l'espoir d'une identification de tous les coupables, avant d'annoncer qu'une nouvelle réunion est prévue la semaine prochaine sous la présidence de Tammam Salam afin de suivre l'évolution de l'enquête. « J'espère pouvoir donner davantage d'informations la semaine prochaine et annoncer d'autres arrestations. Je réitère notre engagement en faveur d'une identification de tous les coupables. Ce dossier ne sera pas clos tant que toute la lumière n'aura pas été faite » sur les réseaux illégaux d'Internet, a promis le ministre.
Samedi, le procureur Ali Ibrahim avait engagé des poursuites contre 22 suspects, dont deux détenus, dans le cadre de cette affaire. Ces personnes sont accusées d'avoir installé des réseaux illégaux d'Internet et d'avoir volé et dilapidé l'argent public.

« Camouflage et dissimulation »
Dans les sphères politiques, certains restent sceptiques, voire redoutent que toute l'affaire ne se termine en queue de poisson. Ces doutes transparaissent notamment dans les déclarations du chef du PSP, Walid Joumblatt, ou celles des députés Mohammad Hajjar et Mohammad Raad, ou encore celles du ministre Mohammad Fneich. « Un dénouement heureux dépend des parties politiques », a commenté M. Hajjar, en insistant sur le fait que la justice « doit pouvoir assumer son rôle ». « Nous ne pouvons pas prendre pour prétexte la position politique d'un tel ou d'un tel, ou essayer de trouver des justifications pour pouvoir trouver un camouflage déterminé à une affaire déterminée. Ceci est inacceptable. Il est important de poursuivre ce dossier jusqu'au bout », a-t-il souligné.
Ces craintes seraient peut-être fondées par la présence de « gros bonnets » parmi les coupables. C'est ce qu'a d'ailleurs révélé le chef du PSP sur son compte Twitter, lorsqu'il a indiqué avoir reçu en soirée un appel téléphonique de Nouhad Machnouk « qui a confirmé mes soupçons au sujet de l'implication de personnes importantes dans l'affaire d'Internet ». « Nous laissons quand même l'affaire aux mains de la justice qui, nous l'espérons, tranchera à l'abri des pressions », a écrit Walid Joumblatt.
Plus tôt dans la journée, toujours sur son compte Twitter, le leader druze s'était interrogé sur le sort de l'enquête sur ce dossier. « Où en est l'enquête sur les réseaux Internet illégaux ? S'est-elle perdue dans la jungle de la dissimulation ? » s'est-il interrogé, cette jungle étant composée, selon lui, de « hauts fonctionnaires militaires, de responsables de sécurité et de l'administration ». « Les fonctionnaires au Liban sont-ils au-dessus de tout soupçon ? » s'est-il encore demandé.
L'appel téléphonique de M. Machnouk à M. Joumblatt était d'ailleurs motivé par les remarques faites par celui-ci plus tôt sur Twitter au sujet des dossiers de corruption au Liban. « Il serait intéressant d'enquêter sur le volume et les dépenses de caisses noires dans certains ministères parce qu'elles sont parfois mal orientées. Cette observation est inspirée des propos d'un ministre qui a fait état de corruption dans son département et d'une enquête menée à ce sujet », a-t-il écrit en allusion au ministère de l'Intérieur. « Il est temps que les réseaux tentaculaires de corruption soient démantelés », a-t-il ajouté.
En soirée, M. Joumblatt a expliqué que le ministre lui a expliqué que « les allocations secrètes sont dépensées par le biais du directeur général, Ibrahim Basbous, réputé pour son intégrité et sa haute moralité ». « Je l'ai mis en garde contre d'autres dans son département. Il a ouvert une enquête qui va porter sur toutes les sources de corruption ainsi que sur le réseau de prostitution », a expliqué M. Joumblatt.

« Laxisme de l'État »
Les deux sujets ont été également évoqués par le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, qui, dans une allocution prononcée à Aïta el-Chaab, au Liban-Sud, a déploré « le laxisme de l'État à qui il n'est malheureusement pas possible de demander des comptes ». « Cinq grandes stations ont été importées et installées sans permis, entre Denniyé et le Barouk, en passant par le Mont-Liban. Les poteaux électriques de l'État ont été utilisés pour cela », a-t-il dit, en expliquant que les promoteurs du projet ont également installé un câble maritime souterrain de sept kilomètres. « Mais en dépit de toutes ces informations, l'État ne réagit pas. On nous demande pourquoi nous ne réclamons pas des comptes. La réponse est qu'à cause de la composition de l'État, il n'est pas possible de lui demander des comptes », a commenté M. Raad. Lui aussi a exprimé des craintes au sujet d'une clôture en douceur du dossier, avant de mettre en doute la capacité de la justice à trancher. « Malheureusement, dans notre pays, il n'y a pas de magistrature », a-t-il soutenu en évoquant l'affaire des dépenses secrètes au sein des FSI. « Des officiers ont disposé de fonds destinés aux pauvres et qui s'élèvent à près de 11 milliards de livres. La justice doit pouvoir leur demander des comptes », a estimé M. Raad, pendant que le ministre d'État pour les Affaires du Parlement, Mohammad Fneich, expliquait que les craintes d'une clôture du dossier sont motivées par « la lenteur dont font montre les parties concernées pour ce qui a trait à l'adoption des mesures nécessaires dans le cadre de cette affaire ». « Le dossier n'a pas été géré comme il le fallait au niveau judiciaire », a poursuivi M. Fneich dans un discours qu'il a prononcé à Jouaya, au Liban-Sud.

Le Premier ministre, Tammam Salam, a présidé hier au Sérail une réunion élargie qui a été consacrée à l'affaire des réseaux illégaux d'Internet, en présence des ministres de la Défense, Samir Mokbel, également vice-président du Conseil, des Télécommunications, Boutros Harb, de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, ainsi que du procureur général près la Cour de cassation, Samir Hammoud, du directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, du secrétaire général du Conseil supérieur de la défense, le général Mohammad Kheir, du commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, le juge Sakr Sakr, du procureur général financier, le juge Ali Ibrahim, du chef des services de renseignements des FSI, le général Imad Osman, du directeur d'Ogero, Abdel Menhem Youssef, et du directeur des équipements au...
commentaires (3)

"Réunions.... de Cosa Nostra" !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

11 h 13, le 12 avril 2016

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Commentaires (3)

  • "Réunions.... de Cosa Nostra" !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    11 h 13, le 12 avril 2016

  • ET LES AUTRES RESEAUX MINISTRE HARB... OU VOUS AVEZ HERITE AUSSI DES DEUX POIDS ET DEUX MESURES ?

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 35, le 12 avril 2016

  • Hâmîhâh Haramîhâh.... !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    09 h 48, le 12 avril 2016

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