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Économie - Évasion Fiscale

Le Panama bientôt mis au pas par la communauté internationale ?

De nombreux dirigeants, français et américains notamment, souhaitent mettre un terme à l'optimisation fiscale telle que pratiquée par le pays latino-américain en imposant la transparence.

Luis Miguel Hincapié, le vice-ministre des Affaires étrangères du Panama, accuse l’OCDE de vouloir contraindre son pays à s’adapter aux standards fiscaux internationaux. Carlos Jasso/Reuters

Les « Panama papers » et leur cortège de révélations embarrassantes ont connu un nouveau rebondissement hier avec une perquisition menée au siège de l'UEFA, alors que les grands pays affichent leur volonté de combattre l'opacité fiscale, et surtout de mettre au pas le mouton noir, le Panama.
Au milieu du déballage des pratiques financières de tout un éventail de chefs d'État, entrepreneurs, sportifs, criminels, banques, qui utilisent les services du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca pour créer des sociétés offshore, la justice commence à ouvrir des enquêtes. En Suisse, la police fédérale a perquisitionné le siège de l'UEFA à Nyon pour obtenir les contrats concernant l'attribution des droits TV en Équateur à la société Cross Trading, citée dans le scandale Panama papers.

La transparence fiscale a d'autant plus le vent en poupe que les États-Unis sont en train de combattre de leur côté l'optimisation fiscale des entreprises. « Que ce soit au G20 ou dans le cadre de l'OCDE, la France va faire en sorte que la coopération internationale soit renforcée », a également assuré hier le président français François Hollande. « La question de l'évasion fiscale est un énorme problème », avait déjà indiqué mardi le président américain Barack Obama, en réclamant un durcissement des législations en vigueur et un renforcement de la coopération internationale. Dès la semaine prochaine à Washington, à l'occasion des assemblées de printemps du FMI et de la Banque mondiale, les ministres des Finances des pays les plus puissants du monde vont aborder les questions soulevées par ces révélations lors d'un G20 Finances.

(Lire aussi : De DSK aux barons de la drogue, les révélations d'hier)

 

En attendant, la France a décidé mardi de réinscrire le pays latino-américain sur sa liste des paradis fiscaux et demande à l'OCDE, qui pilote la lutte contre l'optimisation fiscale au niveau mondial, de lui emboîter le pas. « Il est très important que nous exploitions cette opportunité pour faire pression sur le Panama », qu'il cède et ne soit plus à contre-courant de la tendance mondiale qui tend à davantage de transparence fiscale, a déclaré mardi soir à Berlin le secrétaire général de l'OCDE Angel Gurria. Les inspecteurs des impôts des pays de l'OCDE ont prévu de se réunir en urgence pour parler spécifiquement du Panama.

 

(Repère : Les révélations des deux premiers jours)

Panama contre-attaque
Mais le pays latino-américain ne semble pas disposé à changer sa politique alors que la plupart des personnes éclaboussées par les révélations distillées depuis dimanche par les membres du Consortium international des journalistes d'investigation (Icij) se défendent en disant respecter la loi. Pour l'instant, la seule victime de poids de ces révélations est le Premier ministre islandais David Sigmundur Gunnlaugsson qui s'est mis « en retrait » de ses fonctions mardi.

Le gouvernement panaméen riposte en s'en prenant à l'OCDE et à la France : « De toute évidence, (vous) utilisez l'information émanant du récent rapport diffusé par les médias internationaux pour déformer les faits et ternir la réputation du pays », a dénoncé le vice-ministre des Affaires étrangères, Luis Miguel Hincapié, dans un courrier à l'OCDE vu par l'AFP.
Le Panama accuse le chef de l'OCDE d'avoir pour dessein « de contraindre à l'adoption de la norme de l'OCDE pour l'échange automatique d'informations » fiscales, le nouveau standard mondial récemment mis en œuvre par presque tous les pays. La France est aussi menacée de représailles économiques par le Panama.


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Les « Panama papers » et leur cortège de révélations embarrassantes ont connu un nouveau rebondissement hier avec une perquisition menée au siège de l'UEFA, alors que les grands pays affichent leur volonté de combattre l'opacité fiscale, et surtout de mettre au pas le mouton noir, le Panama.Au milieu du déballage des pratiques financières de tout un éventail de chefs d'État, entrepreneurs, sportifs, criminels, banques, qui utilisent les services du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca pour créer des sociétés offshore, la justice commence à ouvrir des enquêtes. En Suisse, la police fédérale a perquisitionné le siège de l'UEFA à Nyon pour obtenir les contrats concernant l'attribution des droits TV en Équateur à la société Cross Trading, citée dans le scandale Panama papers.La transparence fiscale a...
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