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Moyen Orient et Monde - Éclairage

De prochains attentats en Russie ? Ce n’est qu’une « question de temps »...

La présence de milliers de jihadistes russophones en Syrie et les conflits historiques entre Moscou et les entités autonomes du Caucase représentent une menace certaine pour le pays.

Photos non datées d’Abou Omar el-Chichani, célèbre chef militaire tchétchène de l’État islamique. US Department of State/Reuters

Belgique, France, Pakistan, Irak, Syrie, Yémen, Égypte, Arabie saoudite, Algérie, Tunisie, Libye... La liste des pays ayant subi des attaques, sur leur sol, revendiquées par l'organisation État islamique (EI) s'allonge de jour en jour. Ces attentats, spectaculaires, font à chaque fois des dizaines de victimes, sinon plus. L'une des raisons principales évidentes de ces attaques, mis à part le désir de s'attaquer à une communauté précise et d'aggraver des dissensions déjà présentes (en visant des mosquées chiites en Arabie saoudite ou au Yémen par exemple), est l'engagement militaire du pays concerné en Irak et en Syrie contre l'EI, comme dans le cas de la France, par exemple.


Alors que la Russie, principal allié militaire du régime syrien avec l'Iran et le Hezbollah, vient d'annoncer un retrait partiel de ses troupes de Syrie, il est à craindre que des attaques d'ampleur majeure soient commises sur son sol. Outre les relations historiquement conflictuelles entre la Russie et les entités musulmanes du Caucase russe, plusieurs milliers de jihadistes russophones originaires de ces républiques auraient rejoint la Syrie au cours de ces dernières années, parallèlement à la montée en puissance des groupes islamistes dans le conflit syrien. Des cellules jihadistes existeraient déjà en Russie même ; comme le rappelle Romain Caillet, chercheur sur la question du jihadisme, les autorités russes annoncent régulièrement l'arrestation de combattants, mais il reste difficile de se baser uniquement sur les discours de Moscou.

 

(Lire aussi : Syrie : pourquoi la Russie se désengage ?)

 

Propagande jihadiste russophone
Ce problème reste de taille pour les autorités russes, qui se retrouvent confrontées à ce que Julien Nocetti, chercheur à l'Institut français des relations internationales (IFRI – Paris) et expert de la politique russe au Moyen-Orient, qualifie de « recomposition de la mouvance jihadiste caucasienne » en Russie. « Depuis la fin 2014, il y a eu de nombreuses défections au sein de l'Émirat du Caucase, lesquelles ont prêté allégeance à l'EI. Les jihadistes caucasiens préfèrent rejoindre la lutte pour le « califat », avec le prestige que cela confère à leur retour en Russie, plutôt que de rester combattre au sein de l'Émirat du Caucase (proclamé en 2007), dont le commandement a été plusieurs fois décapité depuis 2014, et dont les orientations idéologiques nées de la rivalité avec l'EI minent son efficacité opérationnelle », explique le chercheur.
Il souligne également que la propagande jihadiste cible de manière active l'ex-URSS, et donne l'exemple de la version russe du magazine de l'EI, Dabiq (Istok en russe), qui « appelle les russophones à rejoindre la Syrie et l'Irak ». « Les réseaux sociaux et les applications russes, comme Telegram, sont utilisés par le groupe pour diffuser des nouvelles du front, partager des sermons ou lever des fonds », ajoute-t-il.

 

(Pour mémoire : « Pour les jihadistes russophones, la Syrie n’est qu’un entraînement avant la grande bataille dans leur pays »)


Dans ce cas, l'on pourrait s'étonner que des attentats de grande ampleur comme ceux de Bruxelles ou de Paris n'aient pas déjà eu lieu en Russie, récemment en tout cas. Pour M. Caillet, « ce n'est qu'une question de temps ». « Dès l'instant où il y a énormément de Tchétchènes, de Tatars, de Russes slaves convertis qui ont rejoint les rangs de l'EI, ils vont parvenir à frapper le territoire russe », prédit le chercheur, rappelant les attentats de 1999. À l'époque, cinq attaques à la bombe et à la voiture piégée, attribuées par les autorités russes à des indépendantistes tchétchènes, avaient fait presque 300 morts et un millier de blessés les deux premières semaines de septembre.

 

(Pour mémoire : La Russie de Poutine est aussi un pays musulman)


Pour M. Nocetti, en revanche, la Russie est déjà l'un des principaux pays frappés par le terrorisme d'origine islamique. « Dans la décennie qui a suivi le 11-Septembre, Moscou a davantage subi d'attaques terroristes que Tel-Aviv », souligne le chercheur, qui rappelle également que des attaques se produisent occasionnellement dans le Caucase, « principalement, ces dernières années, au Daghestan, une république autonome qui est en proie à une rébellion islamo-irrédentiste depuis quinze ans ». Et pour les deux experts, l'explosion le 31 octobre 2015 de l'Airbus russe dans le Sinaï égyptien, qui a causé la mort de 224 personnes, prouve que l'EI n'hésitera pas à viser les intérêts de la Russie hors de ses frontières.
De là à affirmer qu'un nouveau conflit Russie-Tchétchénie pourrait avoir lieu, il n'y a qu'un pas. Pour Romain Caillet, le jihad au Caucase pourrait être réactivé parce que l'EI a lancé une section dans cette région, mais aussi parce que de nombreux Tchétchènes sont allés combattre en Syrie parce qu'ils n'avaient pas la possibilité de le faire au Caucase. Même son de cloche pour Julien Nocetti, lequel avance que pour le dirigeant tchétchène prorusse Ramzan Kadyrov, il vaut certes mieux tenir éloignés ces combattants hors de Tchétchénie, « mais la campagne afghane a montré que le "retour d'expérience" peut s'avérer cruel une fois les "brebis égarées" rentrées au pays ».

 

Pour mémoire
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Belgique, France, Pakistan, Irak, Syrie, Yémen, Égypte, Arabie saoudite, Algérie, Tunisie, Libye... La liste des pays ayant subi des attaques, sur leur sol, revendiquées par l'organisation État islamique (EI) s'allonge de jour en jour. Ces attentats, spectaculaires, font à chaque fois des dizaines de victimes, sinon plus. L'une des raisons principales évidentes de ces attaques, mis à part...
commentaires (4)

Yâ râbbb !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

08 h 01, le 01 avril 2016

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Commentaires (4)

  • Yâ râbbb !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 01, le 01 avril 2016

  • AWLAK RAH I RA2SOUHONE 3ALA DAL30NA ???

    LA LIBRE EXPRESSION

    11 h 37, le 31 mars 2016

  • Khâââï !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    14 h 08, le 30 mars 2016

  • Ces bactéries caucasienne ou autre sont les mêmes qui circulent depuis les guerres en afghanistan et en Bosnie. Elles ont été envoyées de Tunisie en Lybie, de l'Egypte au Pakistan et de l'Europe en Russie NPM. C'est pas l'éradication d'une ou 2 bactéries ici ou là que le problème se réglera, mais bien la disparition totale de leurs pourvoyeur et parrains qui ont pignon sur rue et une adresse bien connue. Je constate après avoir lu et relu la liste des pays attaqués par les bactéries salafisteswahabotes, à mon grand étonnement le Liban n'y est pas mentionné. Alors que notre pauvre pays en est encore plus la victime que la bensaoudie qui n'a pas été oubliée. Est ce un oubli Mme Medawar ? Rassurez moi svp .

    FRIK-A-FRAK

    12 h 39, le 30 mars 2016

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