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Culture - Rencontre

Avo et les deux visages de Janus

Une allure féline d'Yves Saint Laurent, avec barbe de quelques jours, des lunettes à grosses montures noires et des cheveux lisses rebelles au vent. À 31 ans, Avo Demirdjian a un CD dans les bacs et prépare, pour le 15 avril prochain, un concert*, mélange de rock, de métal et de classique.

Un incurable romantique que ce fringant musicien entre jeunesse et maturité.

Il ne faut pas se fier aux apparences. Surtout pas aux éclats de rire de ce violoniste compositeur qui cache, en bon Arménien, de profondes nappes de mélancolie. Si le complet veston-cravate lui va comme un gant, sa préférence va aux perfectos en cuir. D'ailleurs, le bracelet clouté à son poignet (cadeau de sa mère, précise-t-il, il ne faut pas imaginer autre chose...) est un signe de son goût vestimentaire. De ville et de scène. Pour ce passionné de musique, s'il s'est adonné au violon, avec gammes classiques, c'est que son père l'y a poussé. Affranchi des prosodies traditionnelles, après un détour du côté de la guitare, il gratte aujourd'hui un violon électrique où « la cinquième corde lui facilite de grands effets de loop station ». Pour ce jeune homme qui ne jure que par le travail, l'art est un épanouissement personnel. Aucune tentation lucrative (son activité artistique est dédiée à des œuvres caritatives), mais un espace de créativité, de défoulement, de formulation, de libération. Une sorte de dilettantisme éclairé. Même si on touche au cœur du professionnalisme.

Entre jeunesse et maturité
Son premier CD en solo sur le marché (qu'il signera lors de son concert) s'intitule Episode. Concept d'album pour l'histoire d'une vie. Une narration conciliant ligne mélodique, symphonique et du progressif. Pour cet artiste féru de Bach, Dream Theater, Steven Wilson, Symphony Ex, Camelot et par ailleurs diplômé en économétrie de Boston, le concert sera un tremplin pour s'exprimer avec ses trois acolytes de scène, Karim Abi Saleh (guitare), Rany Battikh (basse) et Ralph Schoueiri (batterie). Un incurable romantique que ce fringant musicien entre jeunesse et maturité, et dont les formules n'ont déjà plus la frivolité de l'innocence. En substance, il lâche cette phrase : « Les gens les plus occupés sont ceux qui ont le plus de temps. » Pour un garçon qui a les deux faces de Janus entre monde des affaires et inspiration bohème, les motivations sont innombrables. Et on souhaite bon vent à Avo, parfaitement BCBG mais qui revendique avec véhémence son altérité d'artiste. Et qui cultive « le chaos organisé », pour reprendre ses propres termes. Pour une musique qu'il qualifie de « très calculée, très précise ». De quoi s'inspire-t-il ? « Du quotidien, répond-il. Je dis, en musique, conflit, douleur, joie, gaieté, changement d'humeur. J'improvise et je sculpte les mélodies. »

*Au Demco Steel Warehouse, Dora.

Il ne faut pas se fier aux apparences. Surtout pas aux éclats de rire de ce violoniste compositeur qui cache, en bon Arménien, de profondes nappes de mélancolie. Si le complet veston-cravate lui va comme un gant, sa préférence va aux perfectos en cuir. D'ailleurs, le bracelet clouté à son poignet (cadeau de sa mère, précise-t-il, il ne faut pas imaginer autre chose...) est un signe de son goût vestimentaire. De ville et de scène. Pour ce passionné de musique, s'il s'est adonné au violon, avec gammes classiques, c'est que son père l'y a poussé. Affranchi des prosodies traditionnelles, après un détour du côté de la guitare, il gratte aujourd'hui un violon électrique où « la cinquième corde lui facilite de grands effets de loop station ». Pour ce jeune homme qui ne jure que par le travail, l'art est un...
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