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Économie - Brésil

Milieux d’affaires et marchés espèrent la chute de Rousseff

La politique économique de Rousseff a souvent été critiquée par les analystes, et son possible départ réjouit les marchés. Pedro Ladeira/AFP

« Destitution, maintenant », l'immense banderole recouvrant le siège de la puissante Fédération des industries de São Paulo (Fiesp) annonce la couleur : au Brésil, milieux d'affaires et marchés voient d'un bon œil une chute de la présidente de gauche Dilma Rousseff, accusée de maquillage des comptes.
Jeudi, la Bourse de São Paulo a grimpé de 6,6 %, sa plus forte hausse quotidienne en sept ans, avant de fléchir le lendemain. « Le marché célèbre la fin de ce gouvernement », commentait alors à l'AFP l'analyste André Leite, de TAG Investimentos, une fête paradoxale compte tenu de son aversion supposée pour l'instabilité.
Dans la première économie d'Amérique latine, plongée dans une récession historique pendant que s'envolent l'inflation, les déficits publics et la dette, les occasions pour les milieux financiers de se réjouir n'ont pas été nombreuses ces dernières années.
Désormais, « les investisseurs ont l'air de miser sur le fait que le Parti des travailleurs (PT, gauche, NDLR) et Dilma vont perdre le pouvoir, laissant la place à des temps plus heureux », explique David Rees, économiste pour Capital Economics et spécialiste de l'Amérique latine, qui souligne aussi la hausse du cours du minerai de fer comme motif d'euphorie boursière. La politique économique de Dilma Rousseff a souvent été critiquée par les analystes, qui dénoncent un manque de contrôle budgétaire et de mesures fortes face à la crise.

Un peu tôt pour rêver
Les milieux économiques brésiliens semblent sur la même longueur d'onde. Jeudi, la puissante FIESP, qui regroupe près de 130 000 entreprises, a pris publiquement position en faveur de la procédure de destitution de la présidente, étudiée actuellement par une commission de députés.
Mais il est peut-être un peu tôt pour rêver, prévient David Rees : « Je ne suis pas convaincu qu'il faille s'attendre à de meilleures politiques » si la présidente est écartée. « Même s'il y a un changement de gouvernement, il n'est pas évident que quiconque ait la possibilité de faire passer de dures réformes, donc les problèmes structurels de l'économie (brésilienne) pourraient persister encore quelque temps », estime-t-il. D'autant que la procédure pour destituer la chef de l'État est longue et complexe, nécessitant le vote d'au moins deux tiers des députés puis des sénateurs sur une période pouvant dépasser six mois.
Mais, dans un climat d'animosité croissante vis-à-vis du pouvoir en place, le calendrier pourrait s'accélérer, prédit Joao Augusto de Castro Neves, directeur Amérique latine au cabinet de consultants Eurasia Group : « La probabilité d'un changement de gouvernement augmente vraiment », à 75 % selon ses calculs, et « cela pourrait arriver dès début mai ».
En cas de destitution de Dilma Rousseff, c'est son vice-président Michel Temer, chef du parti centriste PMDB, qui assumerait le pouvoir jusqu'aux élections générales de 2018.
Cependant Joao Augusto souligne que « même si Temer devrait amener des changements positifs dans l'économie, il n'aura pas le capital politique pour mettre en œuvre des réformes ambitieuses ». En outre, l'analyste met en garde sur le risque que Michel Temer se retrouve à son tour fragilisé par les scandales en cours.

Katell ABIVEN/AFP

« Destitution, maintenant », l'immense banderole recouvrant le siège de la puissante Fédération des industries de São Paulo (Fiesp) annonce la couleur : au Brésil, milieux d'affaires et marchés voient d'un bon œil une chute de la présidente de gauche Dilma Rousseff, accusée de maquillage des comptes.Jeudi, la Bourse de São Paulo a grimpé de 6,6 %, sa plus forte hausse quotidienne en sept ans, avant de fléchir le lendemain. « Le marché célèbre la fin de ce gouvernement », commentait alors à l'AFP l'analyste André Leite, de TAG Investimentos, une fête paradoxale compte tenu de son aversion supposée pour l'instabilité.Dans la première économie d'Amérique latine, plongée dans une récession historique pendant que s'envolent l'inflation, les déficits publics et la dette, les occasions pour les milieux...
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