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Liban - Carnet De La Semaine...

L’invention de la roue... et de la file d’attente

Les Libanais sont un peuple intelligent et débrouillard, mais, au premier croisement sans feu, ils perdent toute intelligence et commencent à se rentrer furieusement les uns dans les autres, jusqu'au blocage total.
Il y a des limites sociales à l'individualisme que nous n'avons pas encore bien comprises et assimilées, à l'exception de ceux qui ont été à l'étranger et ont compris que la « file » d'attente est un principe d'ordre, d'efficacité et d'équité, qui sert tout le monde et n'humilie personne.
Comme société, nous vivons dans un temps de bousculade et de barbarie antérieur à l'invention de la file, symbole des institutions, comme le prouvent toutes les crises récentes. Or la file est à la vie sociale l'équivalent de ce que l'invention de la roue est à la technologie. Et bien moins coûteuse. C'est une invention culturelle précieuse, et les peuples qui l'ont adoptée ont, pour ainsi dire, socialement progressé.
Les mauvaises langues diront qu'il s'agit d'une tare de naissance, que la faute est à la puissance mandataire, que les peuples qui ont été placés sous mandat anglais, comme les Jordaniens et les Chypriotes, font preuve de plus de discipline et, pour ainsi dire, de plus de civilisation (et de civilité, d'urbanité) que ceux qui étaient sous mandat français.

Pourtant, ceux d'entre nous qui voyagent cessent spontanément de se bousculer dès qu'ils sont devant le comptoir d'Air France. Même les Français (oui, même eux) semblent avoir adopté ce principe culturel qui touche au politique. Politique vient du mot polis, cité ; cela concerne ceux qui vivent en milieu urbain, où il faut commencer à se serrer et s'organiser. D'où le mot urbanité, qui signifie courtoisie, savoir-vivre. Quelque chose de bien.
Mais quelque chose de bien par rapport à quelque chose de laid. Durant la guerre civile, quand une atrocité était commise, il se trouvait toujours un homme politique pour dire que cette barbarie était « parfaitement étrangère à nos traditions » (« baiid koul al-bouhd aan takalidina »). Les massacres d'Ehden, de la Montagne, de Sabra et de Chatila, de Dany Chamoun et de sa famille, la guerre des camps, les centaines de voitures piégées, placées dans des quartiers résidentiels, étaient « parfaitement étrangers à nos traditions ». En fin de compte, toutefois, il y en eut tellement qu'il a fallu croire que cette barbarie était, au contraire, au cœur de nos mœurs. Dans son programme d'action, le nouveau président de la Ligue maronite accorde une bonne place à « la purification de la mémoire ». Attendons voir.

En revanche, la Ligue maronite est décidée à s'engager dans la campagne profondément dérangeante des maronites en faveur de leurs « droits », abusivement présentés comme « les droits des chrétiens », ce qui n'est pas toujours le cas. Le président de la Ligue maronite veut même étendre le principe de la parité aux postes administratifs de la première catégorie, convenu à Taëf, à toutes les autres catégories de fonctionnaires. Gebran Bassil lui a emboîté le pas en plein Conseil des ministres, se faisant reprocher sa « dhimmitude politique » par le ministre Ali Hassan Khalil.
C'est peu dire qu'il s'agit là d'une régression. C'est de l'anachronisme infantile et presque pathologique. Ce que les maronites devraient défendre, plus de 70 ans après l'indépendance et après une guerre civile de 15 ans dont l'enjeu central était un nouveau partage du pouvoir, c'est le bien commun de toutes les communautés, et, par incidence, le leur. Il est indigne de la communauté maronite de réclamer ses droits autrement qu'en pensant, simultanément, aux droits de tous, y compris ceux des communautés chrétiennes minoritaires, si souvent bafoués. Parallèlement, les maronites ne devraient jamais exiger quelque chose qu'ils n'ont pas d'abord exigé d'eux-mêmes.
Changeons de registre. La Conférence épiscopale américaine, par la voix de son président, l'archevêque Joseph Kurtz, a rejoint l'association Knights of Columbus, imitée par l'association In Defense of Christians, pour demander que le département d'État et, en fin de compte, le Congrès américain définissent officiellement les crimes perpétrés par l'organisation État islamique comme relevant du « génocide ».

L'utopie meurtrière instaurée dans la plaine de Ninive est une régression vers un véritable état de barbarie au sens pascalien du terme, dans la mesure où s'y vérifie l'intuition de Pascal qui dit que « l'homme n'est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui fait l'ange fait la bête ».
Au nom d'une suprême et absolue justice, que d'injustices sont commises ! « Summum jus, summa injuria », dit l'axiome. Quoi, brûler vivants des hommes dans une cage, balancer des homosexuels du haut d'un immeuble, noyer des hommes et filmer leur agonie, c'est donc cela la justice de Dieu, le zèle pour Sa Maison ? Déporter plusieurs centaines de milliers de chrétiens et d'autres minorités de Mossoul, de Qaraqosh et d'autres villages de la plaine de Ninive, incendier des couvents, dynamiter des mausolées, découper Palmyre comme un jambon et en vendre les vestiges au détail aux collectionneurs set antiquaires d'Occident, ce serait ça faire la volonté du Dieu Clément et Miséricordieux ?
Dans une conférence portant sur son essai Les Hommes en trop, la malédiction des chrétiens d'Orient (Fayard), le grand spécialiste de l'Orient chrétien et de l'orthodoxie, Jean-François Colosimo, relève que le principal enjeu de civilisation est aujourd'hui d'établir un juste rapport entre foi et raison.

La foi sans la raison, nous l'avons sous les yeux. C'est la terreur à l'œuvre, au nom de Dieu, dans la plaine de Ninive. L'autisme élevé au rang de civilisation. La raison sans la foi, c'est le relativisme éthique absolu et les centaines de milliers de grossesses « interrompues » dans une logique purement utilitariste, sans tenir compte du caractère sacré de la vie et du devoir de la défendre. Le secret de l'équilibre entre foi et raison serait donc dans l'autonomie de ces deux sphères, la complémentarité perpétuelle du croire et du comprendre. Comme le dit si bien, dans ce même registre, un jeune auteur Renaud Fabbri, dans son premier ouvrage Eric Voegelin et l'Orient, millénarismes et religions politiques de l'Antiquité à Daech (L'Harmattan) : « Ceux qui occupent l'espace médiatique français peinent surtout à reconnaître que le nouveau totalitarisme qui menace de détruire l'islam de l'intérieur nous trouve d'autant plus impuissants qu'il renvoie aussi indirectement nos sociétés occidentales, rongées par le relativisme et la culpabilité, à leur propre nihilisme. »
« En dehors des mesures militaires et sécuritaires qui s'imposent, dit-il encore, la réponse au désordre contemporain ne peut-être elle-même que de nature spirituelle et doit venir avant tout des musulmans eux-mêmes. (p. p. 121-122). » Les termes « avant tout » sont contestables. Ils doivent venir de tous.

Les Libanais sont un peuple intelligent et débrouillard, mais, au premier croisement sans feu, ils perdent toute intelligence et commencent à se rentrer furieusement les uns dans les autres, jusqu'au blocage total.Il y a des limites sociales à l'individualisme que nous n'avons pas encore bien comprises et assimilées, à l'exception de ceux qui ont été à l'étranger et ont compris que la « file » d'attente est un principe d'ordre, d'efficacité et d'équité, qui sert tout le monde et n'humilie personne.Comme société, nous vivons dans un temps de bousculade et de barbarie antérieur à l'invention de la file, symbole des institutions, comme le prouvent toutes les crises récentes. Or la file est à la vie sociale l'équivalent de ce que l'invention de la roue est à la technologie. Et bien moins coûteuse. C'est une invention...
commentaires (3)

ET QU,EN EST-IL DES TRAFIQUANTS D,ORGANES HUMAINS QUI ENLEVENT DES ENFANTS ET LES TUENT POUR FAIRE LE COMMERCE DE LEURS ORGANES... ET DES TRAFIQUANTS DE JEUNES FILLETTES QUI LES ENLEVENT DE MAINTS PAYS ET LES VENDENT EN ESCLAVES AUX BORDELS DECLARES ET NON DEVCLARES DE LA PLANETE... ET DES TRAFIQUANTS DE STUPEFIANTS... D,HYDRTOCARBURES... ET DES... ET DES... ET DES... TRAFIQUANTS DE TOUS GENRES A NE PLUS FINIR... QUELLE DIFFERENCE ENTRE CES GENS ET TOUS LES TERRORISTES DE TOUS BORDS ? AUCUNE !!!!!!! LES CIVILISATIONS DU MONDE CIVILES ET RELIGIEUSES SONT TOUTES EN REGRESSION SINON EN DECADENCE ET EN CHUTE LIBRE ET AIGUE...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

21 h 12, le 21 mars 2016

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Commentaires (3)

  • ET QU,EN EST-IL DES TRAFIQUANTS D,ORGANES HUMAINS QUI ENLEVENT DES ENFANTS ET LES TUENT POUR FAIRE LE COMMERCE DE LEURS ORGANES... ET DES TRAFIQUANTS DE JEUNES FILLETTES QUI LES ENLEVENT DE MAINTS PAYS ET LES VENDENT EN ESCLAVES AUX BORDELS DECLARES ET NON DEVCLARES DE LA PLANETE... ET DES TRAFIQUANTS DE STUPEFIANTS... D,HYDRTOCARBURES... ET DES... ET DES... ET DES... TRAFIQUANTS DE TOUS GENRES A NE PLUS FINIR... QUELLE DIFFERENCE ENTRE CES GENS ET TOUS LES TERRORISTES DE TOUS BORDS ? AUCUNE !!!!!!! LES CIVILISATIONS DU MONDE CIVILES ET RELIGIEUSES SONT TOUTES EN REGRESSION SINON EN DECADENCE ET EN CHUTE LIBRE ET AIGUE...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    21 h 12, le 21 mars 2016

  • La solution ou est elle ???quand meme!!!nous sommes civilises ou pas...quelle honte !!!!

    Soeur Yvette

    17 h 54, le 21 mars 2016

  • Le saint parle de "Vérités" qui se comprennent d'elles-mêmes, d’emblée ! Dans sa pure naïveté, il invente une, d'emblée absolue ; et une, profane, immuable. La vérité vraie, "d'emblée" elle se comprend d'elle-même. La polémique est donc la polémique contre les vérités qui, somme toute, "se comprennent d'elles-mêmes, d’emblée" ! Cette "vérité" a, pour lui, perdu son sel. Devenue fade, ainsi, comme de l'eau croupie. Voilà why il prouve tout ce qui se comprend tout seul, ainsi que bien des trucs chanceux…. qui ne se comprendront jamais ! Mais, il considère que se comprend tout seul ce qui requiert 1 "sainteté" ! Léééh ? Parce que dans la réalité, il va de soi qu'elles ne se comprennent pas d'elles-mêmes. Du fait que la "Vérité" est 1 sujet éthéré, séparé du profane mahééék, elle ne s'adresse pas aux "gens réels", mais aux tréfonds de l'âme. Pour que "le bon profane" fasse d'elle 1 real expérience, elle ne s'attaque pas à lui préservé dans quelque monde de la raison, mais se faufile dans son monde idéalisé. Le saint veut bien rendre au "profane" cette justice qu'il a été touché simply jusqu'ici à sa façon, i.e. niaisement, par les vérités que l'histoire a eu la bonté de mettre "en plein" sur le tapis ; mais celle-ci prophétise que la situation du profane à l’avenir va changer du tout au tout. Mais le "sens caché de cette prophétie" ne tardera pas à devenir "lumineux", enfin, pour le saint aussi... Disons, par tous les "saints…. glorifiés" !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    15 h 06, le 21 mars 2016

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