Lavillenie, maître incontesté de la perche, a fait preuve de panache jeudi soir à Portland, aux États-Unis, lors des Mondiaux 2016 en salle. Don Emmert/AFP
Arrivés à Portland avec le statut de favoris, le Français Renaud Lavillenie et l'Américaine Jenn Suhr n'ont pas flanché pour remporter, jeudi aux États-Unis, les concours de saut à la perche des Mondiaux 2016 en salle.
Pour la première soirée des championnats du monde, les organisateurs avaient décidé de mettre en lumière, seul, le saut à la perche. S'ils ont réussi à attirer 7 000 spectateurs pour une discipline encore confidentielle aux États-Unis, ils n'ont pas été servis par le déroulement des épreuves, masculine comme féminine. Les deux favoris ont gagné, sans vraiment avoir à forcer leur talent et en restant loin de leur record du monde respectif.
Lavillenie, maître incontesté de la perche même s'il avait dû se contenter d'une médaille de bronze lors des championnats du monde 2015 en plein air, a tout de même fait preuve de panache. Après deux heures d'attente, il a débuté son concours à 5 m 75 et assommé d'entrée ses rivaux en passant cette barre dès son premier essai. Il a récidivé à 5 m 90, puis, seul encore en course, a franchi 6 m 02 à sa première tentative, passant la barre mythique des 6 m pour la 18e fois de sa carrière et pour la 3e fois cet hiver. Le champion olympique 2012 a ensuite tenté de battre son record du monde (6 m 16 en 2014), mais il a échoué à trois reprises à 6 m 17, manquant même de se blesser à sa deuxième tentative en retombant à côté du tapis.
« Je suis supercontent, cela fait depuis le lendemain des Mondiaux 2015 de Pékin que je pense à ce championnat, il fallait que je me rattrape ici, pour montrer que ce que j'avais fait à Pékin était une énorme boulette (3e au classement général) et que j'étais encore là », a relevé Lavillenie.
La médaille d'argent est revenue à l'Américain Sam Kendricks (5 m 80) qui a devancé le Polonais Piotr Lisek (5 m 75), tandis que le champion du monde 2015 Shawn Barber, entré en janvier dans le club des perchistes à 6 m, a dû se contenter de la 4e place (5 m 75).
Blason à redorer
Le concours féminin a été un peu plus disputé, mais Suhr, championne olympique en titre jamais encore sacrée championne du monde, a dominé avec 4 m 90 sa compatriote Sandi Morris (4 m 85) et la Grecque Ekaterini Stefanidi (4 m 80). Suhr a réussi un concours parfait, passant 4 m 60, 4 m 75, 4 m 85 et 4 m 90 à ses premières tentatives. Elle a ensuite demandé à ce que la barre soit placée à 5 m 04, ce qui lui aurait permis de battre son record du monde en salle (5 m 03) établi en janvier, avant de renoncer. « Je veux finir la saison en bonne santé, mon corps me donne quelques signaux d'alerte », a expliqué Suhr.
Les Mondiaux 2016 sont le principal rendez-vous de l'année avant les Jeux olympiques de Rio, en août, et l'occasion pour l'athlétisme de redorer son blason après de retentissantes affaires de dopage qui ont conduit à la suspension en novembre de la Russie, absente à Portland.
« La confiance (du public) ne va pas revenir en l'espace d'une nuit, on ne met pas dix dollars dans une machine à sous et soudain cette confiance revient, cela va prendre beaucoup de temps et les athlètes propres ont leur rôle à jouer », a prévenu le président de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), Sebastian Coe, avant le coup d'envoi officiel des Mondiaux.
(Source : AFP)

