À cinq mois des Jeux olympiques de Rio, les championnats du monde en salle de Portland doivent permettre à l'athlétisme de redorer son image ternie comme jamais par des retentissantes affaires, dont un scandale de dopage qui a mis sur la touche la Russie. La star de la perche Renaud Lavillenie, l'inusable Asafa Powell ou encore Ashton Eaton, Hercule du décathlon, auront beau se démener au Centre des congrès de Portland d'aujourd'hui à dimanche, ils devraient avoir du mal à faire oublier les absents.
La Russie, nation-phare de la discipline, ne sera pas représentée alors qu'elle avait remporté trois titres à Sopot (Pologne) il y a deux ans. La Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) l'a suspendue de toutes compétitions internationales en novembre pour ses nombreuses infractions au règlement antidopage, et sa participation aux JO 2016 n'est pas encore acquise.
Au palmarès 2014 figurait aussi la Suédoise d'origine éthiopienne Abeba Aregawi, lauréate du titre mondial sur 1 500 m, rattrapée par l'épidémie de contrôle positif au meldonium, le médicament qui a fait tomber Maria Sharapova, la star du tennis féminin.
Si l'athlète le plus célèbre de la planète Usain Bolt, qui boude traditionnellement la saison indoor, ou encore les stars américaines du sprint (Justin Gatlin, Tyson Gay, Allyson Felix) ont fait l'impasse sur ces Mondiaux, Portland a tout de même attiré quelques cadors. À commencer par le Français Renaud Lavillenie, qui domine le saut à la perche avec son record du monde à 6,16 m et qui retrouvera Shawn Barber. Le Canadien l'a privé du titre mondial en 2015, en plein air à Shanghai, et il est depuis entré dans le club fermé des perchistes à 6 m en janvier à Reno (États-Unis).
Le concours féminin de saut à la perche pourrait aussi se décider à très haute altitude : l'Américaine Jenn Suhr, qui a porté son record du monde à 5,03 m fin janvier, a finalement décidé d'aller à Portland pour croiser le fer avec sa compatriote Sandi Morris (4,95 m le week-end dernier lors des championnats des États-Unis, dans la même salle de Portland) et la Grecque Ekaterini Stefanidi (4,90 m).
Sur 60 m, Asafa Powell, ancien détenteur du record du 100 m et n° 1 mondial sur la distance cette saison (6 sec 49/100es), va tenter de remédier à une incroyable anomalie : jamais un Jamaïquain n'a remporté le titre mondial en salle. Mais il aura affaire à un contingent américain musclé avec Trayvon Bromell et Mike Rodgers, au vétéran Kim Collins ou encore au Chinois Su Bingtian.
Les Jamaïquaines collectionnent en revanche les couronnes mondiales sur 60 m, mais la tenante du titre, Shelly-Ann Fraser-Pryce, a préféré se concentrer sur Rio.
(Source : AFP)
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Sur la route de Rio, l’ombre des absents
Le championnat du monde se dispute d'aujourd'hui à dimanche à Portland, aux États-Unis.
OLJ / le 17 mars 2016 à 00h00

