Assad Zoubi, qui préside la délégation du Haut Conseil des négociations (HCN), Georges Sabra, le chef adjoint de l’équipe de négociation de l’opposition, Mohammad Allouche, le négociateur en chef du HCN, Basma Kodmani, membre de la délégation du HCN, réunis hier, lors d’une conférence de presse au siège de l’Onu à Genève. Philippe Desmazes/AFP
L'opposition syrienne et la délégation du régime de Damas ont transmis à l'Onu des « documents » pour un règlement politique du conflit, a annoncé, hier, l'envoyé spécial des Nations unies Staffan de Mistura. « J'ai eu le document du gouvernement » lundi, pendant la rencontre avec le négociateur en chef de Damas, l'ambassadeur de Syrie à l'Onu, Bachar el-Jaafari, a-t-il précisé au cours d'une conférence de presse. Il a ajouté que la délégation de l'opposition syrienne avait présenté hier son propre « document », se refusant toutefois à en révéler le contenu. « Nous avons échangé des documents, mais aussi des idées pour essayer d'aller plus en profondeur sur la question du processus de transition au cours de la prochaine rencontre », a-t-il dit.
Une responsable du Haut Comité des négociations (HCN, opposition), Bassma Kodmani, a déclaré que le « document » présenté par sa délégation comprenait une série de « principes qui devraient guider le processus de transition ». Elle a également dit que l'opposition avait demandé la création d'un « mécanisme » consacré à la question des détenus, « car nous n'avons aucun résultat sur ce sujet ». M. de Mistura a également reconnu qu'aucune avancée n'avait été faite sur cette question.
La délégation du HCN a également appelé l'envoyé spécial de l'Onu à œuvrer davantage pour permettre aux humanitaires d'étendre leur action à des régions encore difficiles d'accès, comme celle de Daraya, localité rebelle située près de Damas et assiégée par l'armée du régime.
L'opposition syrienne a également déclaré, hier, qu'elle était prête à prendre part à des négociations « directes », c'est-à-dire dans la même salle que les représentants du régime de Damas, si les pourparlers de paix de Genève progressaient. M. de Mistura a pour sa part fait savoir que « certains participants souhaiteraient se rencontrer » et qu'il « n'allait pas les en empêcher », mais qu'il préférait attendre de voir quand ce serait le « bon moment pour des discussions directes ». Actuellement, les discussions se déroulent selon un format dit de « proximité », les délégations du régime et de l'opposition se succédant un jour après l'autre au Palais des Nations de Genève pour rencontrer le médiateur de l'Onu.
Kerry bientôt à Moscou
Ces évolutions interviennent alors que les bombardiers russes ont fait leur retour hier en Russie. L'annonce du retrait russe est intervenue lundi, quelques heures après le début d'un nouveau cycle de négociations entre des représentants du régime syrien et de la très hétéroclite opposition. Ce retrait des troupes a fait dire à de nombreux experts que la Russie cherche aussi à accentuer la pression sur Assad à l'amorce des négociations de paix. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a cependant affirmé que ce retrait n'était en « aucun cas » une mesure de rétorsion des Russes. Pour sa part, la Maison-Blanche a constaté hier que Moscou tenait parole, à ce stade, après l'annonce surprise du désengagement de l'essentiel de son contingent militaire de Syrie. Le secrétaire d'État américain John Kerry a annoncé dans la foulée qu'il se rendrait à Moscou la semaine prochaine pour rencontrer le président russe Vladimir Poutine. « Je vais me rendre à Moscou la semaine prochaine pour rencontrer le président Poutine et le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, pour discuter des manières de faire avancer efficacement le processus politique, et de profiter de ce moment », a déclaré M. Kerry. Le Pentagone a de son côté relativisé les départs russes réellement observés jusqu'à maintenant, estimant que « moins d'une dizaine » d'appareils russes étaient partis de Syrie, sur la cinquantaine déployés par la Russie. « Nous avons vu quelques appareils quitter la Syrie pour retourner en Russie, mais nous n'avons pas vu partir de gros contingent », a déclaré hier dans un point de presse le porte-parole du Pentagone, Peter Cook.
Bombardements russes sur Palmyre
Outre les avions de combat, la Russie avait déployé plus de 4 000 soldats en Syrie et de l'artillerie, selon les estimations du Pentagone. Elle avait aussi déployé une trentaine d'hélicoptères de combat et des chars T-90. Le président de la commission de Défense du conseil de la Fédération (chambre basse du Parlement russe) a annoncé que la Russie laisserait sur place environ 800 soldats.
Selon le Pentagone, la Russie a continué à mener des frappes en Syrie ces dernières 24 heures, après l'annonce du président Poutine sur le retrait des forces russes. Ces frappes ne constituaient pas une « violation » de la trêve en Syrie, dans la mesure où elles semblaient viser le groupe État islamique (EI) qui n'est pas concerné par la trêve, a précisé M. Cook. En dépit de son retrait, Moscou avait fait savoir qu'elle poursuivra ses frappes contre des « objectifs terroristes ». Son aviation a ainsi frappé hier Palmyre, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Selon cette ONG, « les frappes des hélicoptères et des avions russes ont permis à l'armée du régime d'avancer, et elle se trouve désormais à 4 km au sud et à l'ouest de Palmyre », tenue depuis mai 2015 par l'EI. Une source de sécurité sur le terrain a affirmé que « l'armée syrienne, grâce aux bombardements de l'aviation et des hélicoptères russes, avait pris le contrôle d'une colline à l'ouest de Palmyre après une violente bataille avec l'EI, et dominait désormais la ville ».
(Source : AFP)


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