Pierre Mouhanna jongle entre les aquarelles à l’ancienne et les acryliques toutes très modernes. Le figuratif devient abstrait, les maisons deviennent tantôt des cubes, des losanges, tantôt des figures cassées.
De prime abord, ce ne sont que des paysages de villages libanais et d'aucuns diront que l'œil en est saturé. De prime abord, ce passé trop passé et cette nostalgie qu'on pourrait qualifier de remaniée tendraient à détourner le regard, mais en plongeant bien dans les aquarelles et acryliques de Pierre Mouhanna on y découvre une certaine recherche, un sens du détail et une palette qui vous embarquent dans un voyage haut en couleur.
Embarquons, alors...
De Douma à Faraya et de Falougha à Aintoura, sans oublier Zahlé et Chnaiir, ce sont toutes ces toitures rouges (plutôt rosacées chez Mouhanna) qui pointillent les toiles et enveloppent cette verdure d'une teinte onirique. Ce qu'on retient également de cette exposition, c'est le parallélisme effectué par la galerie entre les aquarelles à l'ancienne et les acryliques toutes très modernes. Le figuratif devient abstrait, les maisons deviennent tantôt des cubes ou des losanges, tantôt des figures cassées. Tout comme une géométrie dans l'espace. Les paysages ne sont plus que des ombres colorées, voilées par des teintes éclatantes, une douce palette, et un camaïeu de couleurs. Jamais chatoyantes, jamais agressives non plus.
Architecte et designer, enseignant à l'Usek d'où il a été diplômé en 1983, Pierre Mouhanna jongle avec la peinture et le design, et ouvre un atelier en son nom. Ses balades dans les villages libanais, son sens de l'observation et cet amour qu'il porte en lui pour les habitations comme autant de cœurs battants rendent ces villages croqués comme une galerie de portraits... humains. « J'ai peint des villages qui ont marqué ma vie de nostalgie, de rêves et de souvenirs : les messes du dimanche et les traditionnelles fêtes du village. La convivialité de ses habitants et ses inoubliables historiettes locales... Cette exposition a pour but d'encourager les Libanais à préserver le charme et l'intégrité architecturale de leurs demeures, ainsi que le patrimoine culturel de leurs villages », dit encore Pierre Mouhanna.
*Galerie Aïda Cherfan (Antélias). Tél. : 04/444111. Jusqu'au 24 mars.
Pour mémoire
Héritage d'émotions libanaises stéréotypées ?
Embarquons, alors...De Douma à Faraya et de Falougha à Aintoura, sans oublier Zahlé et Chnaiir, ce sont toutes ces toitures rouges (plutôt rosacées chez Mouhanna) qui pointillent les toiles et enveloppent cette verdure d'une teinte onirique. Ce qu'on retient également de cette exposition, c'est le parallélisme effectué par la galerie entre les aquarelles à l'ancienne et les acryliques toutes...

