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Moyen Orient et Monde

Au Soudan du Sud, les morts s’empilent et personne ne les compte

Les horreurs de la guerre civile au Soudan du Sud sont largement répertoriées mais une inconnue majeure subsiste : celle du nombre de personnes tuées depuis le début de ce conflit sanglant, en décembre 2013. Des civils ont été tués, brûlés, castrés, pendus, noyés, asphyxiés ou sont morts de faim. Leurs corps ont été abandonnés ou entassés dans des fosses communes. Un cas de cannibalisme forcé a même été recensé. Quelques mois après le début de la guerre, l'Onu a avancé le nombre de 10 000 morts et s'est tenue à cette estimation, alors que les tueries s'accéléraient et s'étendaient à tout le pays, jusqu'en mars 2016, lorsqu'elle a fait état d'au moins 50 000 victimes. Pour Eric Reeves, professeur au Smith College (États-Unis) et spécialiste des deux Soudan, l'incapacité à comptabiliser les morts est une faute morale. « Si on renonce à estimer la mortalité, alors ça revient à dire que, d'une manière ou d'une autre, les vies ne comptent pas vraiment », dit-il à l'AFP. Pour des travailleurs humanitaires et officiels préférant conserver l'anonymat, le total des morts pourrait avoisiner les 300 000, soit autant qu'en cinq ans de guerre en Syrie.

Les horreurs de la guerre civile au Soudan du Sud sont largement répertoriées mais une inconnue majeure subsiste : celle du nombre de personnes tuées depuis le début de ce conflit sanglant, en décembre 2013. Des civils ont été tués, brûlés, castrés, pendus, noyés, asphyxiés ou sont morts de faim. Leurs corps ont été abandonnés ou entassés dans des fosses communes. Un cas de cannibalisme forcé a même été recensé. Quelques mois après le début de la guerre, l'Onu a avancé le nombre de 10 000 morts et s'est tenue à cette estimation, alors que les tueries s'accéléraient et s'étendaient à tout le pays, jusqu'en mars 2016, lorsqu'elle a fait état d'au moins 50 000 victimes. Pour Eric Reeves, professeur au Smith College (États-Unis) et spécialiste des deux Soudan, l'incapacité à comptabiliser les morts est...
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