L’ex-ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmad Aboul Gheit, a été nommé au poste de secrétaire général de la Ligue arabe. Amr Abdallah Dalsh/Reuterss
Le diplomate égyptien Ahmad Aboul Gheit a été nommé hier au poste de secrétaire général de la Ligue arabe malgré les réserves du Qatar sur sa candidature, nouvelle illustration des divisions entre les États membres de l'organisation panarabe. Le diplomate de 73 ans prendra ses fonctions en juillet pour un mandat de cinq ans au siège de la Ligue arabe au Caire, succédant à son compatriote Nabil el-Arabi qui a annoncé en février qu'il ne briguerait pas de second mandat.
La nomination de M. Aboul Gheit, seul candidat, était présentée comme acquise depuis plusieurs jours, mais Doha l'a retardée de quelques heures hier. Le Qatar reproche en effet au dernier ministre des Affaires étrangères de l'ex-président Hosni Moubarak d'avoir poussé son pays à bouder en 2009 un sommet arabe sur le conflit israélo-palestinien organisé par le petit émirat du Golfe, ont indiqué à l'AFP, sous le couvert de l'anonymat, des diplomates au siège de la Ligue au Caire.
« Les consultations ont abouti (...) à la nomination d'Ahmad Aboul Gheit au poste de secrétaire général de la Ligue arabe », a annoncé le ministre des Affaires étrangères bahreïni Khaled ben Ahmad al-Khalifa lors d'une allocution au siège de la Ligue arabe retransmise à la télévision. Le ministre qatari des Affaires étrangères, cheikh Mohammad ben Abderrahmane el-Thani, a exprimé « les réserves » de son pays sur le choix de M. Aboul Gheit, espérant qu'il « maintiendrait le contact avec tous les pays arabes pour servir les intérêts de l'action arabe commune ».
Divisions régionales
La Ligue arabe a quasiment toujours été dirigée par des diplomates égyptiens, Le Caire estimant qu'en tant que puissance régionale accueillant le siège de l'organisation, ce poste lui revenait.
Contrairement à Amr Moussa, qui l'a précédé aux Affaires étrangères et qui s'est fait connaître pour ses positions hostiles à Israël, M. Aboul Gheit a adopté une ligne plus conciliante à l'égard de l'État hébreu lorsqu'il a été nommé à la tête de la diplomatie égyptienne en 2004. Fin 2008, il avait accusé le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, d'avoir provoqué une offensive israélienne sur l'enclave palestinienne.
Le contretemps inattendu de jeudi illustre encore une fois les divisions entre les États membres, qui viennent entraver le fonctionnement de la Ligue face aux crises que connaît la région.
Et les défis ne manquent pas. Le nouveau secrétaire général sera confronté aux guerres en Syrie et au Yémen, qui reflètent les luttes d'influences entre les deux puissances régionales, l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite. La Ligue est également confrontée aux violences en Irak et en Libye où sévit le groupe jihadiste État islamique (EI) et enfin à l'éternel conflit israélo-palestinien. Autre dossier sensible, la création d'une armée arabe conjointe, un projet ambitieux présenté par l'Égypte, entériné en mars 2015 lors du sommet annuel. Mais cette force n'a toujours pas vu le jour et le projet piétine en raison des réticences de certains pays membres.
Traditionnellement, le secrétaire général effectue deux mandats à la tête de la Ligue, fondée en 1945 et qui compte 22 États membres. La participation de la Syrie a toutefois été suspendue fin 2011 en raison du conflit.
(Source : AFP)


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