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Agenda - Événement

Habachi et Senghor convoqués au banquet de la culture libanaise

Rony Araiji inaugure la 35e édition du Festival du livre du Mouvement culturel d'Antélias.

Le ministre de la Culture, Rony Araiji, à la séance inaugurale du 35e Festival du livre du Mouvement culturel d’Antélias.

« Le livre, icône de la connaissance ». Le Mouvement culturel d'Antélias ne pouvait mieux choisir que Rony Araiji pour inaugurer la 35e édition de son Festival annuel du livre, qu'il a réussi à imposer, contre vents et marées, comme l'un des temps forts de l'année culturelle libanaise. Le Festival qui organise, tout au long de ses dix jours traditionnels, des forums et des cérémonies d'hommage, a placé son édition cette année sous le sceau culturel du fondateur du Mouvement social, Mgr Grégoire Haddad, récemment disparu, et dont le ministre a souligné les affinités humaines et spirituelles qui en ont fait l'alter ego de l'abbé Pierre.
Dans son discours inaugural, le ministre de la Culture n'a concédé qu'une phrase à l'actualité politique. « Nous espérons, a-t-il dit, que cette vacance (présidentielle) destructrice prendra fin par l'élection d'un président qui régularisera le cycle de la vie constitutionnelle et nationale, et rétablira le cours de la démocratie et l'équilibre des institutions ».
C'est surtout à l'importance culturelle de l'événement que le ministre s'est attaché, dans un discours où, en quelques trop brefs paragraphes évoquant les pensées de René Habachi et Léopold Sedar Senghor, il devait situer l'événement à sa véritable hauteur.
Citant un texte du poète de la négritude, M. Araiji a été au plus fondamental : la primauté du culturel sur l'économique. « Un ordre économique international, écrivait Léopold Senghor, ne sera pas établi s'il n'est pas précédé d'un ordre culturel mondial. »
« On peut y voir de l'angélisme, a noté le ministre de la Culture, mais la Charte internationale des droits de l'homme, n'est-ce pas aussi de l'idéalisme angélique ? »
« À travers les siècles, a insisté M. Araiji, la culture a joué un rôle prépondérant dans la formation du tissu social libanais, au point de se transformer en un projet de civilisation dont nos écrivains de la Nahda et ceux qui les ont suivis ont fait le message même du Liban pour son environnement proche et lointain, comme l'atteste l'influence des œuvres du penseur René Habachi. Le projet culturel libanais comme modèle de connaissance, de culture, de dialogue et d'acceptation de l'autre pour le Moyen-Orient, s'est reflété dans la création par l'Unesco du Centre international des sciences humaines, à Jbeil, en 1970.
Dans le décret de création du centre, le Liban a été considéré, de par sa place et son rôle géoculturel, comme un point de rencontre et un pont entre trois continents : l'Asie, l'Afrique et l'Europe (...). La culture est la réconciliation de l'homme avec soi et les autres, et avec notre destin comme donnée historique dans l'espace géographique qui est le nôtre. »
« Il me plaît en cette soirée, qu'à la chaleur du mot et de la connaissance, nous sortions du cocon du repli vers l'espace des rencontres humaines. Mes félicitations et mon estime aux organisateurs du Festival du livre du Mouvement culturel d'Antélias pour leurs gigantesques efforts depuis des décennies au service de la diffusion du livre. Un livre qui restera dans nos esprits l'icône de la connaissance. »

« Le livre, icône de la connaissance ». Le Mouvement culturel d'Antélias ne pouvait mieux choisir que Rony Araiji pour inaugurer la 35e édition de son Festival annuel du livre, qu'il a réussi à imposer, contre vents et marées, comme l'un des temps forts de l'année culturelle libanaise. Le Festival qui organise, tout au long de ses dix jours traditionnels, des forums et des cérémonies d'hommage, a placé son édition cette année sous le sceau culturel du fondateur du Mouvement social, Mgr Grégoire Haddad, récemment disparu, et dont le ministre a souligné les affinités humaines et spirituelles qui en ont fait l'alter ego de l'abbé Pierre.Dans son discours inaugural, le ministre de la Culture n'a concédé qu'une phrase à l'actualité politique. « Nous espérons, a-t-il dit, que cette vacance (présidentielle)...