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Culture

Faire danser Beyrouth, à tout prix

Journée Internationale de la Femme

« Sois le changement que tu veux voir dans le monde » (Gandhi). C'est une femme, devenue récemment maman, qui a pris, depuis deux ans, les rênes du festival de danse contemporaine Bipod. Mia Habis veut secouer le Liban de sa léthargie en l'invitant à entrer dans la danse... Ce sont également quatre artistes iraniennes qui posent un regard scrutateur sur la condition de leurs concitoyennes dans le monde arabe. Édifiant.

08/03/2016

Fondé en 2004 par Omar Rajeh, le festival Bipod est dirigé depuis deux ans par sa femme et néanmoins collègue, Mia Habis. Cette dernière s'est attelée à la tâche quasi miraculeuse de lui éviter un dernier tango et de poursuivre la danse, après avoir frôlé le naufrage en 2015, pour manque de financement. Mission accomplie : l'édition 2016 (du 13 au 30 avril) se profile avec des spectacles prometteurs, des collaborations Orient-Occident et des invités de renom...

Le corps en état de résistance. C'est ainsi que Habis a voulu présenter Bipod 2016. Car la directrice artistique du festival veut à tout prix faire danser Beyrouth. « Douze ans que notre ville danse. Et elle ne cessera jamais de le faire. Douze ans que nous nous réunissons autour d'elle et autour de cet évènement pour dire haut et fort que la capitale du pays du Cèdre ne cessera jamais d'être également celle de la danse, de l'art et des valeurs. »
Les valeurs que le festival entend promouvoir étant, entre autres, celles du partage, de la liberté d'expression, de l'égalité, de la diversité. Mais aussi de la remise en question et de l'esprit critique. « Remuons les choses, car nous voulons que ce pays bouge. Secouons-le de sa torpeur en dansant. »

L'édition 2016 de cette manifestation sera ainsi un Bipod secoué, avec un zeste de Laymoun. Ce dernier étant non pas le fruit citronné, mais l'évènement parallèle à Bipod, qui réunit cette année 22 artistes (du Liban et des pays arabes) entre ateliers de travail, rencontres avec des professionnels, et représentations publiques à Maqamat Beit el-Ras, à Deir el-Qamar et Baakline (dans le Chouf).
Le programme des deux évènements a été rendu public hier lors d'une conférence de presse à l'hôtel Le Bristol, en présence du ministre de la Culture Rony Araiji ; de l'ambassadrice des Pays Bas, Hester Somsen ; de Michel Abou Khalil, représentant l'ambassadeur de Suisse François Barras ; de l'attaché culturel italien Eduardo Crisafulli ; du directeur du Goethe Institut Mani Pournaghi ; de la directrice du British Council, Donna Mc Gowan ; du chargé de mission culturelle à l'Institut français, François Tiger ; d'une représentante de l'Iesav, Yara Nachawati, du chorégraphe et directeur de la troupe Maqamat, Omar Rajeh, et de la danseuse Danya Hammoud.
Rendez-vous donc du 13 au 30 avril au théâtre al-Madina, au Beryte et à Maqamat Beit el-Ras (Deir el Qamar).

Le reste du programme

- Pillars of Blood, Iraqi Bodies, de l'Irakien Anmar Taha, le jeudi 14 avril à 19h, au Béryte.
- Liberté toujours, de Jadd Tank et To Be de Sharaf Dar Zaid (Palestine), le vendredi 15 avril à partir de 18h.
- Zaafaran, de Maqamat, Omar Rajeh et MaHa group (Iran) le samedi 16 avril à 17h.
- Traces of Absence, de Ghida Hachicho (Liban) le samedi 16 avril à 19h, au Béryte.
- Sacré printemps, de la Cie Chatha, Aicha M'Barek et Hafiz Dhaou (Turquie/France), samedi 16 avril. À 21h, à al-Madina.
- Time Takes the Time Time Takes, de Guy Nader et Maria Campos (Liban/Espagne), le dimanche 17 avril à 21h, à al-Madina.
- Mes mains sont plus âgées que moi, de Danya Hammoud (Liban). Dimanche 17 avril à 19h, lundi 18 avril à 20h30, au Béryte.
- The Return of the Modern Dance, de Trajal Harrel pour le Cullberg Ballet et Against the Current, Glow de Cristian Duarte, mercredi 20 avril à 19h et jeudi 21 avril à 20h30, au Béryte.
- Untitled, I Will be there When You Die, d'Alessandro Sciarroni (Italie) le jeudi 28 avril à 20h30 à al-Madina.
- Sans oublier l'installation Please Don't touch The trash, de Nadine Abou Zaki, samedi 16 et dimanche 17 avril à 20h à al-Madina.
* Billets disponibles chez Antoine Ticketing.

 

Les 4 spectacles « inratables »

 


« Kaash » d'Akram Khan. ©Jean Louis Fernandez

 

Parmi les 14 spectacles de Bipod 2016, voici les coups de cœur de la rédaction :
1- Beytna, la nouvelle création collective réunissant le Libanais Omar Rajeh, le trio Joubran de Palestine, le Belge Koen Augustijnen, le Togolais Anani Sanouvi et le Japonais Hiroaki Umeda autour d'une table de déjeuner dominical. Les mercredi 13, jeudi 14 et vendredi 15 avril, à 20h30, à al-Madina.
2- Kaash, qui signe le retour d'Akram Khan à Beyrouth, avec une reprise du spectacle qui a lancé la carrière du chorégraphe anglais. Le vendredi 22 et le samedi 23 avril à 20h30, à al-Madina.
3- Sideways Rain, de la célèbre compagnie suisse Alias. Ou l'art de la transhumance dans un exploit chorégraphique. Quatorze danseurs traversent la scène puis recommencent, inlassablement, mus par une inexplicable volonté de courir. Vers quoi ? Vers un destin qui semble glisser sous leurs pieds. Mardi 19 (à 20h30) et mercredi 20 avril (à 21h) à al-Madina.
4- Quartet, de Raimund Hoghe. Le fameux chorégraphe allemand, dramaturge de Pina Bausch, commence en effet sa danse par un quatuor,celui de La jeune fille et la mort, de Franz Schubert. Samedi 30 avril, à 20h30, à al-Madina.

 

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Bipod 2015 : une édition lumineuse, mais une ombre au tableau...

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