Bertha Jalil (deuxième à partir de la droite) en compagnie de ses nouveaux amis lors d’une soirée à Beyrouth.
« La nostalgie s'est installée dans notre mémoire. Des semaines se sont écoulées depuis le voyage au Liban, sur la terre de nos grands-parents, El Bled, et nous prenons toujours autant de plaisir à nous rappeler les journées vécues dans ce merveilleux pays. Cela se manifeste par les messages via Internet, les WhatsApp et les appels téléphoniques entre les membres du groupe qui se sont rendus au pays du Cèdre durant l'été 2015, grâce au parrainage de RJLiban.
Sept Mexicains, parmi plus de soixante-dix personnes, ont eu l'opportunité de parcourir le Liban durant trois semaines, partageant l'expérience avec des citoyens venus d'Argentine, de Bolivie, du Brésil, du Canada, de France, d'Irlande, de Norvège et d'Uruguay. La plupart des boursiers étaient d'ascendance libanaise, en plus de certaines personnes reconnues comme « amis du Liban » pour leur grand intérêt à la culture de l'antique pays des Phéniciens.
Tout a commencé par une convocation de RJLiban, et son président fondateur Naji Farah, qui nous a invités à parcourir le Liban durant trois semaines. Nous avions participé à un tirage au sort, après inscription sur la page web de l'ONG.
RJLiban mène divers programmes sociaux, culturels et touristiques au Liban et avec l'émigration dans le monde. Ce voyage répondait à sa mission, qui est celle de la promotion du retour de descendants de Libanais, et du rapprochement avec les familles d'origine. Plusieurs participants à ce voyage ont réussi cette entreprise, parmi eux Laura et Mario Athié, tous deux de Mexico, José Luis Elmelaj d'Argentine et Antonio Abdo de Bolivie. Leurs rencontres avec leurs familles ont apporté des réponses à des recherches menées depuis bien longtemps et ont réveillé une infinité d'émotions.
Des expériences qui « ont enrichi notre existence »
Notre tournée du Liban a été inaugurée par une cérémonie à laquelle ont assisté les ambassadeurs d'Argentine, du Mexique et d'Uruguay, la consule générale de France, ainsi qu'un représentant du ministère libanais du Tourisme. Naji Farah a déclaré à cette occasion : « Tout émigrant libanais a le droit de retourner au Liban. »
Ces propos m'ont incitée à réfléchir, encore une fois, sur une réalité douloureuse : beaucoup de nos grands-parents n'ont pas pu retourner à leur terre d'origine, mais cette opportunité nous a été donnée à nous, leurs descendants.
La visite au Bled incluait des parcours du nord au sud et de l'est à l'ouest : grandes cités, petits villages, campagne, montagnes, grottes, littoral, zones archéologiques et vieux quartiers. Ces lieux sont tous emplis d'histoire, de beauté et de couleurs.
Ces expériences ont enrichi notre existence : vivre en communauté avec des personnes de neuf pays, découvrir que l'origine commune et le désir de retrouver ses racines sont un énorme facteur d'unité. Nous avons été conviés, à Hammana, à un dîner donné par l'évêque maronite du Mexique, Mgr Georges Abi Younès, qui visitait le Liban durant cette période. Nous avons écouté les récits de nos compagnons de voyage autour de leurs péripéties et, dans certains cas, de leurs sacrifices, pour pouvoir acheter les billets d'avion (unique exigence de RJLiban). Nous avons suivi des cours de libanais dialectal dans une ambiance ludique, durant lesquels le professeur Samira el-Jorr s'efforçait de nous en faciliter l'apprentissage.
Nous nous sommes retrouvés autour de tables remplies de petits plats exquis qui nous étaient offerts, et dont la saveur nous rappelait les mets de notre enfance. Nous avons vu le groupe de jeunes Argentins danser la dabké comme des experts, et nous nous y sommes mis à notre tour, stimulés par la musique qui pénétrait la peau et réveillait une gamme d'émotions.
Nous avons par ailleurs assisté au mariage de deux jeunes Argentins d'origine libanaise en la cathédrale de Tyr, Paula Gattas et Federico Montes Chantire, qui « réalisèrent leur rêve de retourner à la terre de leurs ancêtres pour s'unir et commencer une vie libanaise ». Nous avons ensuite participé à une célébration inoubliable suivant les coutumes du pays. Nous avons aussi visité le sanctuaire de saint Charbel Makhlouf et assisté à une messe célébrée par le père Yaacoub Badaoui, venu lui aussi du Mexique.
« C'est le Liban qui vit en nous »
À tout moment, le groupe a bénéficié de l'hospitalité et de l'affection constante de Naji, de Joseph, du couple de professeurs, Nada et Joseph Rizk, de l'ambassadeur Farès Eid, de Rosarita Tawil, responsable des relations publiques, et de Vanina Palomo, sympathique et dynamique Argentino-Libanaise, également collaboratrice de l'association...
Ce que nous avons vécu était un grand cadeau de la vie, un rêve atteint. Ce voyage a réveillé en nous un grand amour pour le Liban et nous a conféré une meilleure compréhension de nos ancêtres libanais qui ont délaissé leur terre en quête de liberté et de la possibilité d'une nouvelle vie. Nous sommes désormais plus motivés à travailler pour le Liban.
Avec ce voyage, RJLiban a amplement rempli sa mission, et il faut encore remercier pour cette grande opportunité l'association, Naji Farah et son équipe, ainsi que la présidence d'al-Fannaan. Voilà pourquoi nous disons aujourd'hui : « Nous ne vivons pas au Liban : c'est le Liban qui vit en nous ! »
Cette page est réalisée en collaboration avec l'Association RJLiban.
E-mail : monde@rjliban.com – www.rjliban.com


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