L’écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud, le 5 mai 2015 à Paris. Thomas Samson/AFP
Le Premier ministre français Manuel Valls a appelé hier, dans une tribune publiée sur Facebook, à soutenir « sans aucune hésitation » et de façon « urgente » l'écrivain algérien Kamel Daoud.
« Les attaques, la hargne inouïe dont Kamel Daoud fait l'objet depuis quelques jours ne peuvent que nous interpeller, nous indigner. Et pour tout dire : nous consterner », écrit le chef du gouvernement au début de ce texte de soutien intitulé « Soutenons Kamel Daoud ! ».
Dans une tribune parue dans le quotidien Le Monde du 12 février, un collectif d'historiens, sociologues, philosophes et anthropologues réagissait à deux textes de Kamel Daoud concernant les agressions sexuelles commises pendant la nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne, dont certains des auteurs seraient des migrants. Le collectif d'universitaires l'avait accusé de véhiculer des « clichés orientalistes éculés » en réduisant les musulmans à une entité homogène et « d'alimenter les fantasmes islamophobes d'une partie croissante du public européen, sous le prétexte de refuser tout angélisme ». Il était notamment reproché à l'écrivain d'avoir écrit que « le sexe est la plus grande misère dans le monde d'Allah » et que « la femme (y) est niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée ».
Manuel Valls dénonçait hier le « réquisitoire » dressé par ces intellectuels, qui « au lieu d'éclairer, de nuancer, de critiquer », condamnent « de manière péremptoire ». À l'inverse, le Premier ministre salue la réflexion « personnelle, exigeante et précieuse » de l'écrivain algérien, auteur d'un roman primé en France Meursault contre-enquête. « Entre l'angélisme béat et le repli compulsif, entre la dangereuse naïveté des uns – dont une partie à gauche – et la vraie intolérance des autres – de l'extrême droite aux antimusulmans de toute sorte–, il nous montre ce chemin qu'il faut emprunter », juge M. Valls. « Un chemin que la France emprunte, en faisant savoir, à tous ceux qui ont abandonné la pensée, qu'un musulman ne sera jamais par essence un terroriste, pas plus qu'un réfugié ne sera par essence un violeur », poursuit-il.
« Précipitée par l'affaire Cologne »
Pour le Premier ministre, « abandonner cet écrivain à son sort, ce serait nous abandonner nous-mêmes. C'est pourquoi il est nécessaire, impérieux et urgent, comme beaucoup l'ont fait ces derniers jours, de soutenir Kamel Daoud. Sans aucune hésitation. Sans faillir », conclut-il.
Kamel Daoud a, pour sa part, confirmé hier sa décision d'arrêter le journalisme « pour rêver de littérature », dans sa chronique au Quotidien d'Oran où il exerce depuis plus de vingt ans. « Cette décision, prévue pour fin mars, a été précipitée par l'affaire Cologne. J'ai alors écrit que je quittais le journalisme sous peu », écrit le journaliste dans cette chronique intitulée « Mes petites guerres de libération ». « Ce que j'ai écrit sur nos liens malades avec le désir, le corps de la femme, je le maintiens et le défends. Ce que je pense de nos monstruosités culturelles, c'est ce que je vis par le cœur et par le corps depuis toujours. Je suis algérien. Je vis en Algérie et je n'accepte pas que l'on pense à ma place, en mon nom. Ni au nom d'un Dieu, ni au nom d'une capitale, ni au nom d'un ancêtre », insiste-t-il. Revenant sur sa décision de renoncer au journalisme et les réactions qu'elle a suscitées, il parle d'un « malentendu ». Selon lui, la raison principale de cette décision est la « fatigue ». « Certains ont cru à une débandade, d'autres ont jubilé sur ma faiblesse devant la critique venue du Paris absolu, et cela m'a fait sourire : si pendant des années j'ai soutenu ma liberté face à tous, ce n'est pas devant 19 universitaires que j'allais céder ! » estime-t-il.
(Source : AFP)


Je le répète : "les intellectuels universitaires" qui ont violemment critiqué l'écrivain et journaliste Kamel Daoud, parce qu'il a écrit : "le sexe est la plus grande misère dans le monde d'Allah" et "la femme (y) est niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée", ne comprennent rien au monde d'Allah. Il faudrait qu'ils viennent vivre quelques mois dans ce monde, et AVEC LEURS FEMMES. Il se rendront alors compte que l'écrivain algérien a complètement raison.
05 h 30, le 03 mars 2016