Le discours officiel et populaire semble unanime pour confier un rôle majeur aux municipalités dans la gestion des ordures ménagères et des déchets. Cette orientation répond à un besoin de matérialiser une unanimité visant à mettre en place la régionalisation de cette responsabilité par le canal de près d'un millier de municipalités présentes sur notre territoire.
Cette orientation représente, en l'état actuel du paysage municipal, un grand danger du fait de l'incapacité de la grande majorité des municipalités à assumer cette responsabilité. Beaucoup d'administrations locales n'ayant pas les compétences techniques et humaines pour assumer ces nouvelles tâches, les citoyens ont eu l'occasion de s'en rendre compte au cours des dernières années et particulièrement durant le dernier semestre qui a vu des municipalités et leurs habitants coupables d'actions défiant toute logique écologique.
Il y a aussi de sérieux doutes quant au respect des règles de la transparence financière de la majorité de ces organismes qui vont se voir confier des sommes importantes occasionnant des convoitises au niveau de chaque village, bourgade ou grosse agglomération.
Je n'ai entendu aucun politicien ou organisme médiatique exprimer ses craintes quant à ce risque immédiat qui ne manquera pas de mettre en danger toute solution à cette sortie de crise tout en infligeant une ponction importante sur les deniers publics.
Il ne faut donc pas que nos responsables cèdent à cette vague ambiante et populiste... en commettant une nouvelle erreur sur laquelle il sera impossible de revenir.
Il semble donc impératif que l'implication des municipalités soit précédée par la création d'un organisme exécutif et centralisé qui déléguera alors progressivement ses pouvoirs par le biais de cahier des charges techniques avec des outils de supervision nécessaires. Il est urgent de s'atteler à cette tâche et de créer cet organisme.
La situation semble moins critique pour certains rassemblements de municipalités, mais il apparaît que ceux-ci sont également en manque de données techniques précises, ce qui ne manquera pas d'ouvrir la porte à des modes de collecte et traitements épars ou inappropriés ; le plan annoncé et non expliqué du collectif du Metn en est un exemple récent.
La régionalisation ne doit pas être la source d'une déresponsabilisation et c'est dans ce sens que le premier plan de sortie de crise, réaliste, initié par le gouvernement et proposé par le ministre de l'Environnement (qui à mes yeux tenait bien compte des limitations de notre rôle de citoyens et des possibilités de nos administrations locales) offrait des solutions qui étaient un bon point de départ précédant la nécessaire implication des municipalités ;
il en est de même, dans une moindre mesure, pour le plan d'Akram Chehayeb, qui est présentement en voie de discussion.
Il faut donc s'assurer que l'instrument au sol, sur le terrain et partout dans le pays, n'ébranle pas l'édifice qui est en train d'être mis en place par le gouvernement pour protéger nos vallées, nos poumons, notre eau, notre terre, nos bords de route, notre mer et, de par là même, notre aspiration à la citoyenneté.
Nos lecteurs ont la parole - Fady Bustros
Ordures : attention aux municipalités !
OLJ / le 02 mars 2016 à 00h00


Pourquoi ne pas se renseigner dans d'autres pays pour voir comment ils gèrent ce domaine des ordures et voir de quelle façon il serait possible d'adapter leurs méthodes au Liban ? Vous voulez nous faire croire que notre pays est le seul au monde à ne pas trouver une solution pour gérer ce problème des ordures...? Ce serait un motif valable de voyager pour nos SUPER-MINISTRES ET RESPONSABLES de l'environnement...mais encore faut-il qu'ils en comprennent l'extrème urgence...cela devient une question de jours, avec les chaleurs de l'été qui arrivent à grande vitesse ! Seront-ils capables, pour une fois, de laisser de côté la politique et de ne penser qu'en termes de santé publique...? Irène Saïd
17 h 36, le 02 mars 2016