Dossier spécial orientation professionnelle

Les métiers du spectacle

L’audiovisuel : un vaste domaine aux débouchés multiples, mais des conditions de travail difficiles

Le réalisateur Hady Zakkak et la directrice de la photographie Muriel Aboulrouss.

Qu'il s'agisse de créer un film, un programme ou une publicité, il est indispensable de faire appel à différents corps de métiers spécialisés en audiovisuel. Face à un secteur qui ne cesse de se développer, les formations proposées par les écoles d'audiovisuel se diversifient. Revue de détails de ces professions exercées aussi bien au cinéma qu'à la télévision et la radio.

23/03/2016

Les grands métiers de l'audiovisuel


Réalisateur
Un réalisateur se voit confier la direction d'une fiction, d'un documentaire, d'un reportage, d'une émission de télévision, d'un film institutionnel ou d'une publicité. Il travaille pour le cinéma, la télévision et le Web. Sur un tournage, il dirige et contrôle le travail des techniciens de son équipe (directeur de la photographie, cadreur, opérateur de prise son) et des acteurs, et c'est lui qui décide si la prise est bonne ou si elle doit être refaite. Le réalisateur s'implique également dans les phases de préparation à la réalisation et la « postproduction», c'est-à-dire le montage des images. Il est secondé par un premier assistant qui organise le plan de tournage et collabore étroitement avec l'équipe. Au Liban, les diplômés en réalisation ont souvent plusieurs casquettes, comme l'explique Hady Zakkak, réalisateur et enseignant à l'Iesav (Université Saint-Joseph) : « Je suis un cinéaste qui fait principalement des documentaires sociopolitiques. Pour pouvoir concrétiser mes projets, en plus de la réalisation, je me charge de la recherche, de l'écriture et parfois de la production de mes films. De plus, je donne des cours sur l'écriture, la recherche et la réalisation de films, et des cours sur l'histoire, les genres et mouvements cinématographiques à l'USJ où je m'occupe également du ciné-club. »

 

Scénariste
Il est à l'origine du film puisqu'il écrit le scénario. Il peut travailler en groupe et s'occuper également des dialogues. Souvent, le réalisateur est aussi scénariste de son film. Au Liban, plusieurs ateliers d'écriture de scénario sont proposés au public chaque année.

 

Ingénieur du son
Il est souvent à la fois preneur de son et mixeur. Son travail comprend la prise de son sur le lieu de tournage, le design et le montage son en studio. Il peut également travailler à la radio et dans des salles de théâtre et de concert.

 

Directeur de la photographie
Son travail est à mi-chemin entre le technique et l'artistique. Il s'occupe de l'image du film et travaille en collaboration constante avec le réalisateur et le décorateur.

 

Monteur
Principal collaborateur du réalisateur après le tournage, il commence par mettre les rushes (scènes coupées) dans l'ordre chronologique et sélectionne les meilleures prises. Il fait des choix, fixe la durée des séquences et crée le bon raccord pour donner à une œuvre sa cohérence et son rythme.

 

Producteur
Le producteur finance la quasi-totalité des productions audiovisuelles (cinéma ou télévision). Il gère les aspects à la fois commerciaux et artistiques de chaque projet. Il travaille en étroite relation avec toutes les personnes qui interviennent sur le film ou l'émission de télé.

 

Des conditions de travail difficiles


Ceux qui travaillent dans le secteur de l'audiovisuel connaissent une grande instabilité professionnelle. Souvent, les contrats d'un réalisateur, d'un monteur, d'un ingénieur de son et d'un directeur de la photographie ne durent que le temps de la production d'un film ou d'une émission. Aux techniciens de pouvoir également supporter les horaires de travail difficiles. Pour une publicité et un clip vidéo, souvent réalisés en moins de 24 heures, il faut pouvoir enchaîner le travail malgré le stress et la fatigue. Sur le terrain, au réalisateur et à son équipe technique de savoir gérer les problèmes et les imprévus très nombreux, rencontrés durant un tournage. « L'anxiété, les problèmes liés au financement des projets, la déception, le sentiment de devoir repartir à zéro... sont des difficultés qui accompagnent souvent un réalisateur et son équipe », note le cinéaste Hady Zakkak.

 

Plusieurs qualités sont requises


Pour pouvoir évoluer dans l'industrie audiovisuelle, il est indispensable d'avoir l'esprit d'équipe. Producteurs, réalisateurs, professionnels du son et de l'image doivent tous avoir une culture développée en histoire du cinéma et histoire des arts. Il est impératif pour un professionnel de savoir utiliser les différents moyens techniques du son, du montage et de l'image, et d'être au courant des dernières technologies. Les producteurs doivent bien organiser les étapes de la production et le travail des différentes personnes impliquées. Ils sont capables de prendre des risques et de mener à bien les projets dans lesquels ils se lancent. Face à un grand nombre d'interlocuteurs, ils savent convaincre et séduire. Un réalisateur et son assistant maîtrisent parfaitement la communication avec les membres de l'équipe, clarifient les demandes et exigent de la créativité et de l'engagement d'eux-mêmes et des autres. « La passion, la patience, la curiosité, le refus d'accepter le monde tel qu'il est, la volonté de décrire le monde, une volonté de résistance, l'autodiscipline et le sens de l'organisation sont des qualités nécessaires si l'on souhaite évoluer dans ce milieu », poursuit Hady Zakkak.

 

Des débouchés multiples


Les débouchés au Liban et au Moyen-Orient se trouvent plus à la télévision qu'au cinéma qui est un secteur qui peine à se structurer. Beaucoup d'étudiants sont recrutés au bout de la dernière année de licence et travaillent pour la télévision avec un salaire moyen de 1 500 dollars par mois. La plupart des professionnels du secteur sont employés, sur le plan local, par de petites boîtes de production, travaillant sur des documentaires, reportages et émissions télé. La pluridisciplinarité est de plus en plus recherchée, et les profils sachant maîtriser plusieurs métiers de l'audiovisuel, combinant la captation de vidéo, la prise de son et le montage, suscitent l'intérêt des entreprises. Dans le cadre d'une publicité, un ingénieur de son peut toucher jusqu'à 2 000 dollars pour une journée de prise de son, suivie du design et de montage son en studio. Un directeur de la photo travaillant en free lance est aussi payé à la journée et peut toucher jusqu'à 1 200 dollars pour une publicité.
Les masters les plus prisés sont la réalisation et la recherche, car ils offrent plus d'opportunités de travail au cinéma et dans l'enseignement.

  

Les études audiovisuelles
Une dizaine de formations audiovisuelles sont proposées par différentes universités, telles que l'USJ, l'Usek, l'Université libanaise, la LAU, la NDU et l'Université al-Kafa'at. Pour intégrer ces établissements, un entretien et un concours d'entrée sont souvent nécessaires. En choisissant de s'inscrire dans une université privée, le jeune peut débourser jusqu'à 10 000 dollars américains par année.
L'Institut d'études scéniques, audiovisuelles et cinématographiques (Iesav) de l'USJ propose une licence en arts du spectacle, option audiovisuel, répartie sur 6 semestres. En plus des matières communes à tous les étudiants en arts du spectacle, ce cursus est formé de matières plus spécifiquement orientées vers la formation aux différents arts et techniques de l'image et du son. Trois masters sont mis en place : un master recherche en cinéma et deux masters professionnels options cinéma et image.
L'école de cinéma et de réalisation audiovisuelle de l'Alba propose quant à elle deux licences : l'une section cinéma et l'autre section télévision, et, en plus du master en réalisation cinéma, deux masters inédits en production et en trucage et effets spéciaux.
Pour ceux qui souhaitent étudier en France, La Fémis et l'École Louis-Lumière, qui recrutent sur concours, offrent de très bonnes formations en audiovisuel.

 

 

 

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