Dossier spécial orientation professionnelle

Environnement et agriculture

Les métiers de l’environnement, un regard tourné vers l’avenir

Une équipe prélevant des échantillons pour étudier l'environnement dans un fleuve.

23/03/2016

Les métiers de l'environnement sont extrêmement variés de nos jours, avec quantité de sous-spécialisations : déchets solides, pollution de l'air, pollution de l'eau, épuration des eaux usées, énergies renouvelables (solaire, éoliennes...), etc. C'est ce qu'explique Ziad Abichaker, ingénieur, entrepreneur et inventeur avec des collègues d'un système de compostage rapide des déchets.
Désirée Azzi, professeur assistant dans une faculté de sciences agronomiques et alimentaires, spécialisée en hydrologie, sol et environnement, insiste sur la diversité du métier, qui est exercé autant par des ingénieurs que des techniciens, des chercheurs... « L'environnement est un domaine très varié, il est nécessaire de se spécialiser de nos jours, dit-elle. C'est un domaine complexe et vaste, en constante progression. Malheureusement, les personnes qui le pratiquent sont souvent trop occupées à réparer les dégâts, alors qu'elles devraient faire de la prévention. »

 

Horaires et journée typique de travail
Selon Ziad Abichaker, les métiers de l'environnement sont en général des métiers de terrain, où les horaires ne sont ni fixes ni routiniers. De manière générale, les chercheurs qui mènent des études restent derrière leurs bureaux, alors que les ingénieurs et les techniciens chargés de la mise en place des plans sont sur le terrain. Les deux cas de figure peuvent donc se présenter.

 

Contraintes
Désirée Azzi met d'emblée les futurs experts écologistes en garde : ceux qui choisissent le domaine de l'environnement sont généralement un peu rêveurs, ils sont affectés par les agressions contre la planète et aspirent à de profonds changements. Gare donc aux déceptions ! Le niveau de sensibilisation à la dégradation écologique reste insuffisant à tous les niveaux, et il faut s'attendre à des résistances. Les relations avec les institutions officielles ne sont pas plus faciles qu'avec le public. « Les officiels voient d'un mauvais œil les recommandations de nature écologique, comme s'il s'agissait d'un audit financier ou alors d'une agression ou d'une menace », déplore-t-elle.
Selon Ziad Abichaker, la principale contrainte du métier réside dans le fait que le législateur ne lui accorde pas encore la priorité qu'il mérite, de manière à faciliter le changement des mentalités, nécessaire pour promouvoir les pratiques environnementales. Les officiels, comme les privés, rechignent à investir dans des installations qui améliorent leur performance environnementale. Mais tout cela est sur le point de changer, selon lui. « Je crois que la crise des déchets a bouleversé la donne », affirme-t-il.
Désirée Azzi relève un autre inconvénient relatif au travail sur le terrain : à titre d'exemple, l'exposition à la pollution lors de prélèvements d'échantillons. Il faut donc prendre les mesures de protection adéquates. Ce métier ne s'exerce pas toujours dans un milieu propre, forcément : il faut s'attendre à être dehors par mauvais temps, travailler dans un fleuve en temps de crue, se retrouver parmi les déchets, subir les odeurs...
Une dernière difficulté soulevée par la chercheuse : comme le métier est très mal défini au Liban, les expertises ne sont pas toujours claires. Par conséquent, tout le monde a tendance à s'exprimer indistinctement sur tous les sujets, ce qui occulte le rôle des véritables experts.

 

Qualités requises
- Être passionné pour exercer un métier exigeant.
- Être ouvert d'esprit pour traiter avec différents types de personnes.
- Travailler dans l'environnement équivaut à être un bon communicateur, pour transmettre avec tact des messages portant souvent sur des changements d'habitudes peu appréciés des interlocuteurs.
- Savoir s'adapter à un domaine mouvant et en constante progression, et rester au fait des nouveautés.
- Être un bon manager, savoir régler les conflits et être capable de travailler en équipe.
- Une recommandation de Désirée Azzi : penser à faire une différence, aussi minime soit-elle, plutôt que de se mettre en avant.

 

Débouchés
Ziad Abichaker pense que les métiers de l'environnement gagneront en importance à l'avenir. « Je suis absolument convaincu que ces métiers vont exploser dans quelques années, dit-il. Les possibilités sont infinies. On est toujours à la recherche de celui qui inventera la superbatterie solaire, pour ne citer que cela ! Les diplômés de cette année devront peut-être encore batailler pour atteindre leurs objectifs. Mais, dans cinq ans, je suis sûr que la situation sera radicalement différente. Il faut rester confiant et tabler sur l'avenir. »
Quant à Désirée Azzi, elle conseille aux jeunes de ne pas s'attendre à des salaires faramineux en début de carrière, mais de faire en sorte d'acquérir de l'expérience. Ce qui n'occulte en rien les possibilités d'avancement. Elle soutient qu'il est possible de cumuler les emplois, comme l'enseignement et la gestion de projets.
Les deux experts sont d'accord sur le fait que l'État a un rôle important à jouer au niveau des politiques générales, pour la création d'emplois. Si seulement le gouvernement ouvrait la voie à une gestion nationale et décentralisée des déchets, des milliers d'emplois seraient créés, affirme Ziad Abichaker. Si la loi sur les études d'impact environnemental était appliquée avec rigueur, de nombreux professionnels exerceraient leur activité plus régulièrement, ajoute Désirée Azzi. Et ainsi de suite. Enfin, Ziad Abichaker met l'accent sur l'importance de l'entrepreneuriat dans le domaine de l'environnement, qui ouvre de multiples portes et peut améliorer le rendement financier.

 

 

Des formations très diverses

Les métiers de l'environnement sont très diversifiés, les formations aussi. Voici un inventaire effectué par Désirée Azzi :

- À l'Université Saint-Joseph (USJ), faculté des lettres et des sciences humaines, département de géographie, un diplôme en environnement et aménagement du territoire. Il s'agit d'une formation de spécialistes capables d'identifier et d'analyser les problèmes environnementaux, de déterminer leurs conséquences sur la société libanaise et de proposer des solutions adéquates dans une perspective de développement durable. La formation prépare les étudiants aux métiers de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme : chef de projet, expert territorial, cartographe, enseignant, chercheur...
- Également à l'USJ, une licence en sciences de la vie et de la terre, master en sciences et gestion de l'environnement, avec les débouchés suivants : experts, consultants, chargés de projets, éco-conseillers auprès de cabinets d'expertise, de bureaux d'études, d'organisations internationales, dans l'administration publique, en entreprise et auprès des collectivités locales.
- À l'Université libanaise (UL), une nouvelle formation menant à un master en sciences et technologies de l'environnement, et en génie environnemental, destinée à former les cadres et techniciens nécessaires au développement des préoccupations environnementales, notamment la gestion intégrée des déchets, des eaux douces et marines, des sols et de l'atmosphère.
- À l'Université américaine de Beyrouth (AUB), au sein de la faculté de sciences médicales, un BS en santé et environnement et un MS en sciences environnementales, avec des débouchés dans les institutions gouvernementales, le secteur privé et les agences internationales.
- À la Notre Dame University (NDU), un BS en sciences environnementales au sein de la faculté des sciences naturelles et appliquées.

 

 

 

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