Dans une interview accordée à la chaîne Orient News, le chef du PSP, Walid Joumblatt, a estimé que le communiqué publié par le Conseil des ministres, qui affirme son attachement à l'unanimité arabe et aux meilleures relations avec les pays arabes, « est une sorte de condamnation indirecte des déclarations odieuses à l'encontre de l'Arabie saoudite et des pays du Golfe ». « Une sorte d'excuses », a-t-il ajouté. Il a exprimé l'espoir que Riyad et les pays du Golfe les accepteront « dans l'intérêt du Liban et des relations historiques qu'ils entretiennent avec lui ».
Selon le chef du PSP, « certains responsables libanais ont porté atteinte à l'Arabie saoudite à travers leurs déclarations », mais le cœur du problème réside pour lui dans « le conflit saoudo-iranien sur le Liban, le Yémen, l'Irak et la Syrie ». « Je ne pense pas que le Liban peut supporter le poids de ce conflit, dans lequel la majorité silencieuse libanaise n'a rien à voir », a poursuivi M. Joumblatt.
Le leader du PSP a estimé qu'une solution au Yémen n'interviendra qu'à la faveur d'un règlement politique et d'un dialogue saoudo-iranien, nécessaire, à ses yeux, pour le règlement du conflit « qui prend une tournure sunnito-chiite alors qu'il est politique par excellence et porte sur l'influence dans la région ». M. Joumblatt a mis en évidence, en outre, « la modération que représente Saad Hariri », chef du courant du Futur.
En réponse à une question, il a estimé qu'en présentant sa démission, l'ancien ministre de la Justice, Achraf Rifi, « a voulu attirer l'attention sur lui en faisant de la surenchère face à M. Hariri ». « Mais cela n'a rien d'utile. C'est la solidarité avec Hariri qui l'est », a-t-il affirmé.
Des initiatives « inutiles »
Le gel des aides à l'armée ainsi qu'un blocus économique imposé au Liban « sont tout autant inutiles, à moins qu'on ne cherche à porter un coup à la stabilité et l'entité libanaises », a averti M. Joumblatt qui a jugé nécessaire de « dissocier le dossier des aides à l'armée des axes régionaux ». « Geler la fourniture d'armes et les aides au Liban affaiblira l'État, et c'est le Hezbollah qui en profitera », a-t-il souligné, avant de rappeler que « le Hezbollah est l'une des ramifications de la politique iranienne au Liban ». Il a cependant dit ignorer comment ce parti réagira au durcissement saoudien à l'égard du Liban. C'est sans doute dans la perspective d'un suivi de ce dossier qu'il a dépêché hier le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, en Arabie.
Prié d'expliquer l'impact de ce durcissement sur le dossier syrien, M. Joumblatt a fait remarquer qu'en « adressant des mises en garde financières ou économiques au Liban, certaines forces arabes croient pouvoir avoir une influence quelconque sur le niveau d'implication en Syrie. Je ne peux pas intervenir en Syrie qui est au cœur d'un conflit régionalo-international. Les Libanais n'ont pas la capacité de changer la situation. Il faut être réalistes. Si certains croient que le Hezbollah va se retirer de Syrie à la suite de certaines positions arabes, ils se trompent. Il ne se retirera pas ».
M. Joumblatt a poursuivi en expliquant que si le régime syrien est maintenu en place, c'est essentiellement grâce à l'appui iranien, mais il a affirmé redouter une partition de la Syrie, reprochant à l'Occident de ne pas avoir soutenu l'opposition syrienne modérée afin d'accélérer la chute du régime. « Il y a quelque chose d'étrange qui se profile à l'horizon », a commenté M. Joumblatt qui a mis en garde contre une « nouvelle carte prévue pour la région ». « Nous devons faire attention à cette logique employée par le régime syrien », a-t-il dit, tout en affirmant croire toujours en la révolution syrienne. « Nous avons besoin de temps, mais nous vaincrons. Cette injustice ne peut pas durer », a-t-il insisté.
Liban vs Iran
Par ailleurs, sur son compte Twitter, le chef du PSP s'est amusé à établir une comparaison entre l'Iran, « où les résultats des élections ont mis en relief la diversité et le dynamisme de la société iranienne, ce qui est un signe de santé et d'évolution d'une société plurielle avide de changement », et le Liban, « où en raison du système confessionnel sous-développé nous en sommes toujours à jouer aux devins ». « La concurrence (pour la présidentielle) reste limitée entre Michel Aoun, Sleiman Frangié et Henri Hélou. La plupart des forces politiques ne comprennent pas et n'assimilent pas le changement », a-t-il souligné.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
DÈS LE PREMIER JOUR J'AI APPELÉ CETTE DÉCISION "UNE GAFFE POLITIQUE" INCALCULÉE... CAR ELLE OUVRE LARGEMENT LES PORTES À L'IRAN !
09 h 53, le 01 mars 2016