La route de Mar Mikhaël (Chiyah)-Hazmieh a été coupée hier soir par des pneus brûlés.
Les dirigeants du Hezbollah s'en sont de nouveau pris au cours du week-end au royaume wahhabite, l'accusant de financer le jihadisme, alors que moins de vingt-quatre heures plus tôt, le numéro 2 du parti, le cheikh Naïm Kassem, lui tendait la main « en vue d'une réconciliation et d'une entente », tout en jugeant injustifiées ses « offenses » aux Libanais.
Au moment où le président de l'instance chériée du Hezbollah, le cheikh Mohammad Yazbeck, assurait que « le Liban ne présentera ses excuses à personne » et « ne sera jamais une ferme des Saoud », le président du bloc parlementaire de ce parti, le député Mohammad Raad, adressait des menaces à peine voilées à l'Arabie saoudite. « Les démonstrations de force et les atteintes à nos dirigeants qui n'ont pas leurs pareils dans l'histoire de vos États ne vous sont d'aucune utilité. Vous devez avoir honte de vous-mêmes et présenter vos excuses à la nation arabe à cause de vos échecs, de vos crises et de vos défaites. N'avez-vous pas honte, alors que vous êtes le pays le plus riche de la région avec les réserves de pétrole les plus importantes, d'avoir sur votre territoire huit millions de vos compatriotes qui vivent en dessous du seuil de la pauvreté? (...) Vous pouvez tromper des gens comme vous, ou des idiots qui pensent que vous avez une présence quelconque dans la région, mais vous ne parviendrez pas à nous tromper. Nous vous connaissons bien et nous connaissons le seuil et les limites de votre action. Ne les dépassez pas. Gare à vous si vous portez atteinte à notre résistance », a lancé M. Raad dans le discours qu'il a prononcé lors d'un meeting funéraire à Zahrani, sans citer nommément l'Arabie saoudite, mais en employant la forme directe pour parler d'elle.
Il a insisté sur le fait qu'en combattant « les takfiristes » (appellation donnée par le Hezbollah aux jihadistes), son parti « ne fait qu'exercer son droit et ne permettra à personne, aussi haut placée soit-elle, de le lui hypothéquer dans cette région et ailleurs ». Le député a ensuite fait état d'une « convergence d'intérêts entre l'Arabie saoudite et Israël », après avoir souligné que le Hezbollah « ne tremble pas devant les cris ou les menaces de recours à la force ». « Nous avons réduit leur Tempête de la fermeté (nom donné par l'Arabie saoudite à son intervention militaire au Yémen contre les houthis) en débris et en cendre. Ils doivent connaître leurs limites et ne pas porter préjudice à une résistance qui leur a fait honneur à eux et à l'ensemble des Arabes. Nous ne sommes pas des terroristes, mais une résistance contre le terrorisme », a poursuivi M. Raad.
L'Arabie saoudite « qui a comploté... »
Dans le village de Maaysarah, au Kesrouan, où le Hezbollah commémorait les sept jours de la mort d'un de ses combattants, en présence de deux députés de la région, Gilberte Zouein et Abbas Hachem, le cheikh Mohammad Yazbeck a estimé que « le Liban n'a nui à personne et ne s'excusera donc de personne, d'autant qu'il se tient toujours aux côtés de la nation arabe ». Après avoir reproché aux Arabes de « n'avoir jamais rien fait pour essayer de résoudre les problèmes de la région », il a insisté sur le fait que « le Liban ne sera jamais une ferme appartenant aux Saoud ou à d'autres » et s'est dit « étonné du mécontentement exprimé par certains face aux critiques adressées à l'Arabie saoudite, qui a comploté contre la résistance et le peuple libanais durant la guerre de 2006 ».
Le cheikh Yazbeck a accusé Riyad d'avoir « créé et financé le terrorisme » pendant que le ministre de l'Industrie, Hussein Hajj Hassan, réaffirmait à son tour, depuis Baalbeck, que le « Liban n'est pas un émirat saoudien, mais reste une république indépendante et souveraine ». « Nous continuerons de faire face aux terroristes à l'intérieur du pays et aux frontières, que cela plaise ou pas aux autres. Nous n'avons jamais sollicité l'approbation de l'Arabie saoudite ou des États-Unis et nous continuerons à faire face aux takfiristes au Liban et en Syrie », a-t-il martelé, avant d'ajouter : « Nous ne changerons pas nos positions. Ils se trompent s'ils croient pouvoir nous amener à faire machine arrière, à travers leurs pressions. Il est regrettable que certains Libanais soient devenus les porte-voix des menaces saoudiennes. Le communiqué ministériel (soulignant l'attachement du Liban à l'unanimité arabe) avait été adopté à l'unanimité. Nous ne cherchions pas à satisfaire l'Arabie saoudite, mais à préserver les intérêts des Libanais », a-t-il expliqué.
Vidéo satirique : routes fermées et pneus brûlés
Sur un autre plan, des partisans du Hezbollah ont poursuivi leurs manifestations hier aussi pour protester contre la diffusion d'un sketch satirique sur le secrétaire général du parti chiite, Hassan Nasrallah. Les manifestants ont brièvement coupé des routes dans le secteur de Khaldé ainsi que dans la localité de Haret-Saïda, au Liban-Sud avec des pneus enflammés. Plus tôt dans la journée d'autres manifestants avaient coupé les routes au croisement Mar Mikhaël, dans la banlieue sud de Beyrouth.
La vidéo en question a été projetée sur les ondes de la chaîne panarabe MBC, dont les locaux au Liban se trouvent à Zouk Mosbeh, dans le Kesrouan. Sa diffusion a provoqué une vive colère chez les partisans du Hezbollah qui ont coupé plusieurs routes de la banlieue beyrouthine, dont la route Sin el-Fil-Salomé, avec des pneus brûlés. Des coups de feu nourris étaient également entendus dans la banlieue sud. Des forces de sécurité avaient été déployées autour du siège de la MBC de peur d'un éventuel dérapage.


Et ceci jusqu'à ce qu'on se debarrase d'une calamité pareille. L'electochoc du rock fera que le cloc dans son froc sera vidé de ses tocs desquels on se moque.
19 h 29, le 29 février 2016