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Lifestyle - Un Peu Plus

Control freak

6h30, réveil. 7h00, running sur la Corniche. 7h45, douche. 8h30, boulot. 13h30, déjeuner. 16h00, retour à la maison. 16h30, accompagner la grande à la danse. 17h00, manucure, pédicure, épilation (parce qu'on est mardi). 18h30, cours de yoga. 20h00, chercher le petit de son cours de foot. 20h30, à table. 21h50, Top Chef (parce qu'on est lundi) ; 21h50, partie de cartes (parce qu'on est mercredi) ; 21h50, dégustation de vin et de cigares (parce qu'on est jeudi). 21h50, Tequila ! (parce qu'on est vendredi et que, le vendredi, on doit faire la fête). Tout est organisé, chronométré. Tout est bien placé dans des cases, au jour près, à la minute près. Rien ne doit dévier de sa trajectoire.
Je me lève, je me bouscule et ma journée commence selon un ordre préétabli. Sinon, c'est le bordel. Mon cerveau est une sorte d'agenda où les semaines se suivent et se ressemblent. Sauf imprévu. Et là, c'est l'horreur. Et il est bien là le problème : l'inattendu. L'inopiné. Ce grain de sable qui bousille les rouages de cette machine si bien huilée. Tout se devait d'être parfait. Et tout était parfait.
Sauf que. Quand on n'est pas prêt, on croit perdre contrôle. L'horreur quand on est psychorigide, qu'on aime tout finir à l'avance et qu'on abhorre la procrastination. Pourtant, ça ne fait pas de mal les surprises. Ça ne fait pas de mal de lâcher prise. Sur-prise. Ça fait du bien, au contraire. Ça fait du bien de se laisser faire, de se laisser prendre en main. De sortir momentanément de sa comfort zone et de faire autre chose que d'habitude. Ne pas aller dans le même restaurant à chaque fois, mais essayer d'autres saveurs et surtout pas dans notre quartier. Faire rater l'école à son gamin de 11 ans parce qu'on l'emmène au théâtre ce soir. Opter pour un burger et des frites avant son cours de zumba, et profiter pour rater son cours de spinning. La terre n'arrêtera pas de tourner si on ne monte pas sur son vélo, surtout qu'il est en salle. Arrêter d'être tout le temps au régime et s'accepter comme on est, avec des rondeurs, des poignées d'amour. Ne pas planquer sa calvitie sous un bibi, c'est sexy un mec chauve. Laisser la place à l'improviste, se faire violence et aller boire un early drink à Mar Mikhaël au lieu de « coucher les enfants ». Ne pas faire le même plan tous les dimanches avec les mêmes personnes. Oser parler à des inconnus (même si nos parents nous ont conseillés de faire le contraire) et faire la connaissance de nouvelles personnes lors d'un dîner barbant. Il y a sûrement quelqu'un d'autre qui s'emmerde autant que vous. C'est déjà un point commun.
Laisser un homme porter vos valises, aussi féministe soit-on. Le laisser prendre des décisions au lieu de prétendre être Wonder woman. Se mettre à pleurer devant une femme parce qu'elle nous quitte. Arrêter avec des statements à la con sur la vie, l'amour et admettre qu'on est raide dingue de l'autre au lieu de se retenir. Laisser ce sourire béat de crétin satisfait s'incruster sur votre visage. S'incruster partout d'ailleurs. Se faire emmener en +1 à une soirée où on n'est pas invité(e). Se torcher la gueule (pas trop non plus) et faire les cons, debout sur un bar ou dans un club où ne sévissent que des ploucs. Y aller plus souvent d'ailleurs dans ce club, ça fait du bien de passer inaperçu.
Bref, lâcher prise, se laisser aller, se laisser diriger, se laisser aider. Accepter d'aiguiller différemment sa journée et de faire un plan de dernière minute. Accepter d'orienter sa vie autrement. Qu'on nous prenne la main. Et permettre à un(e) autre de décider à notre place.

6h30, réveil. 7h00, running sur la Corniche. 7h45, douche. 8h30, boulot. 13h30, déjeuner. 16h00, retour à la maison. 16h30, accompagner la grande à la danse. 17h00, manucure, pédicure, épilation (parce qu'on est mardi). 18h30, cours de yoga. 20h00, chercher le petit de son cours de foot. 20h30, à table. 21h50, Top Chef (parce qu'on est lundi) ; 21h50, partie de cartes (parce qu'on est mercredi) ; 21h50, dégustation de vin et de cigares (parce qu'on est jeudi). 21h50, Tequila ! (parce qu'on est vendredi et que, le vendredi, on doit faire la fête). Tout est organisé, chronométré. Tout est bien placé dans des cases, au jour près, à la minute près. Rien ne doit dévier de sa trajectoire.Je me lève, je me bouscule et ma journée commence selon un ordre préétabli. Sinon, c'est le bordel. Mon cerveau est une sorte d'agenda...
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