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« Tintin ? Mon unique rival », avait dit de Gaulle à Malraux

Dans « Le Jour » du 27 février 1971

Pour la première fois depuis son départ du pouvoir en avril 1969, la pensée secrète du général de Gaulle est révélée. Elle l'est par André Malraux – qui avait rendu visite à l'ancien chef d'État à Colombey le 11 décembre 1969 – dans un livre qui paraîtra le 17 mars prochain. « Le Figaro » publie en exclusivité mondiale des extraits du premier chapitre de ce livre intitulé : Les chênes qu'on abat...
L'auteur de La condition humaine est ainsi le premier à lever le voile et rapporter ce que disait et pensait le général de Gaulle dans sa retraite de Colombey-les-Deux-Églises. (...)
La situation politique du moment est évoquée. Malraux rapporte du général les paroles suivantes : « Ce qui se passe maintenant, ça ne me concerne pas. Ce n'est pas ce que j'ai voulu. C'est autre chose... » Puis, dans la tristesse, le général évoque le référendum perdu : « Le contrat a été rompu... Les Français n'ont plus d'ambition nationale. Ils ne veulent plus rien faire pour la France. » Et il ajoute : « La France, en votant contre moi, n'a pas écarté les régions, le Sénat, elle a écarté ce que symbolisait la participation. » (...)
Au passage, une boutade du général : « Au fond, vous savez, mon seul rival international c'est Tintin. »
La conversation avait alors quitté le domaine politique. De Gaulle interroge Malraux : « Pourquoi faut-il que la vie ait un sens ?... Pourquoi parlez-vous comme si vous aviez la foi puisque vous ne l'avez pas ?... La mort, vous savez ce que c'est ?... » Malraux répond à chaque question. Mais un chat saute brusquement sur le bureau et le général de Gaulle le caresse distraitement. Le dialogue reprend sur la mort : « On ne meurt peut-être pas de la même façon dans la souffrance... affirme Malraux. Sauf si tout se rejoint à l'instant décisif. » « À supposer qu'il y ait un instant décisif », répond le général. Puis il déclare : « Staline m'a dit une seule chose sérieuse et je l'ai beaucoup citée : "À la fin, il n'y a que la mort qui gagne". » Et le général ajoute : « Pourtant, il y a la contemplation. »

Pour la première fois depuis son départ du pouvoir en avril 1969, la pensée secrète du général de Gaulle est révélée. Elle l'est par André Malraux – qui avait rendu visite à l'ancien chef d'État à Colombey le 11 décembre 1969 – dans un livre qui paraîtra le 17 mars prochain. « Le Figaro » publie en exclusivité mondiale des extraits du premier chapitre de ce livre intitulé : Les chênes qu'on abat...L'auteur de La condition humaine est ainsi le premier à lever le voile et rapporter ce que disait et pensait le général de Gaulle dans sa retraite de Colombey-les-Deux-Églises. (...)La situation politique du moment est évoquée. Malraux rapporte du général les paroles suivantes : « Ce qui se passe maintenant, ça ne me concerne pas. Ce n'est pas ce que j'ai voulu. C'est autre chose... » Puis, dans la...
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