Certains décortiquent la moindre de ses expressions, se délectent de ses moues boudeuses ou encore de ce petit sourire narquois qui lui échappe de temps à autre. La présentatrice vedette du journal de la MTV sait captiver son audience en jouant de tous ses atouts. Pas seulement physiques...
« Il ne suffit pas d'être jolie pour présenter le journal télévisé », lance d'emblée celle que beaucoup qualifient de « Poupée du 20 heures ». « On ne se borne pas à lire les nouvelles. Il y a beaucoup de technique derrière cet exercice, qu'hélas tout le monde ne maîtrise pas. Il faut, entre autres, bien connaître la langue pour corriger au vol une erreur de formulation, savoir moduler sa voix, ponctuer ses phrases de pauses et changements d'intonation, de manière à alerter le spectateur sur l'importance de l'information. J'ai pris pour cela des cours d'élocution auprès du regretté Omar el-Zein, le grand professeur de langue arabe qui a formé les présentatrices des chaînes satellitaires al-Arabia ou al-Jazira », assure la jeune femme. Elle tient à rappeler qu'elle est titulaire d'un diplôme en journalisme écrit de l'UL, « qui est la formation la plus complète dans le domaine », suivi d'une année complémentaire en Radio-TV. Et qu'elle a plus de 10 ans de métier à son actif, depuis ses débuts au quotidien al-Liwa'. « J'y suis rentrée en tant que stagiaire, puis on m'a embauchée. J'y suis restée deux ans, en passant par les différents services : politique, économie, culture... Ce qui m'a permis de me familiariser avec tous les sujets et d'acquérir une petite expérience, avant de me lancer dans l'audiovisuel, mon rêve de toujours », confie cette native de Tarik Jdidé, prénommée Diana « parce que je suis née le jour du mariage de la princesse Diana d'Angleterre ».
Le jour où elle intègre la Future TV sera par contre marqué d'une pierre noire. Il coïncide avec celui de l'attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri : le 14 février 2005. « Cela a été pour moi une double peine », déclare-t-elle, sans cacher son admiration pour l'ancien Premier ministre. En dépit de ces débuts sous de mauvais auspices, Diana Fakhoury travaillera au sein de cette chaîne durant quatre ans en tant que reporter pour le bulletin télévisé. « J'y étais heureuse, je me sentais dans mon élément, mon environnement, ma maison », dit-elle. « Je ne pensais pas du tout quitter la télévision du Futur », insiste encore la jeune femme en évoquant son transfert vers la chaîne des Murr. « En fait, c'est l'architecte qui s'occupait de la conception des nouveaux plateaux de la MTV, alors en voie de réouverture, qui m'appelle un jour pour me proposer de postuler au poste de présentatrice du JT. J'ai commencé par décliner. Il m'a rappelé, en insistant. J'y suis allée sans trop d'enthousiasme. Sauf qu'en sortant de l'entrevue, j'avais déjà le sentiment que cette proposition allait être déterminante pour ma carrière. »
« Oui, j'aime la notoriété... »
Lorsqu'elle présente, le 8 avril 2009, le tout premier bulletin télévisé de réouverture de la MTV, les mauvaises langues susurrent que la chaîne mise sur la « jeune et jolie Diana » plutôt que sur le sérieux de l'info pour attirer les téléspectateurs. « Depuis, je crois que moi-même autant que la chaîne avons fait nos preuves », rétorque celle qui poursuit tranquillement son chemin, « sans trop prêter attention aux détracteurs, mais en cherchant constamment à m'améliorer ». « Car oui, je suis ambitieuse, mais de manière saine et professionnelle. Et si j'aime la notoriété que m'apporte ce métier, je déteste la compétition à outrance qu'on y trouve. Cette sombre rivalité qui pousse certains à lancer des rumeurs pouvant parfois être meurtrières. » Pour mordue de l'information qu'elle soit – elle dit porter un intérêt particulier pour les rubriques Taqrir Khass et celle de la santé « parce que, contrairement aux déclarations politiques, elles apportent de vraies nouvelles » –, la journaliste n'est pas du tout active sur les réseaux sociaux. « J'ai des comptes Facebook et Twitter, mais je ne les alimente pas. D'une part parce que je trouve qu'on y perd beaucoup de temps, et d'autre part parce que je ne vois pas l'intérêt de claironner mon avis ou de donner aux gens des conseils qu'ils ne me demandent pas. À dire vrai, je trouve vraiment futiles ces opinions twittées par n'importe qui à tout propos », tacle-t-elle.
Dans la peau de Nazek...
Et pourtant, la belle exprime clairement son avis. Par des mimiques, des moues boudeuses ou au contraire une étincelle moqueuse dans le regard et ces petits sourires en coin qui n'échappent pas aux téléspectateurs. « J'ai une propension à la moquerie, reconnaît-elle. J'essaye de combattre cet aspect en moi... Mais je ne sais pas si je vais y arriver. » Sinon, elle vient de boucler le tournage d'un téléfilm intitulé Rafic, réalisé par Nadim Mehanna, et dans lequel elle joue le rôle de Nazek Hariri. « Tout ce que je peux vous dire, c'est que c'est un feuilleton qui revient sur la vie de l'ancien Premier ministre. Je ne sais pas quand ni sur quelle chaîne il sera diffusé. Pour moi, ça a été un honneur de participer à cet opus qui rend hommage à ce grand homme qui a tant donné pour le Liban. » Du coup, des plateaux de journaux télévisés à ceux des tournages, ce premier pas franchi serait-il le début d'un changement de carrière ? « Absolument pas, à moins qu'on ne me propose d'interpréter le rôle de Lady Di », répond, mi-figue, mi-raisin la princesse du PAL*. On en connaît qui seront rassurés !
*Paysage audiovisuel libanais.
Lire aussi
« Dunyana », l'actualité vue par les femmes sur la BBC arabe
Pour mémoire
Les Delta Awards honorent une trentaine de célébrités du Liban et du monde arabe
« Il ne suffit pas d'être jolie pour présenter le journal télévisé », lance d'emblée celle que beaucoup qualifient de « Poupée du 20 heures ». « On ne se borne pas à lire les nouvelles. Il y a beaucoup de technique derrière cet exercice, qu'hélas tout le monde ne maîtrise pas. Il faut, entre autres, bien connaître la langue pour corriger au vol une erreur de formulation, savoir moduler sa voix, ponctuer ses phrases de pauses et changements d'intonation, de manière à alerter le spectateur sur l'importance de l'information....


Belle et conpetante...
17 h 30, le 24 février 2016