À trois jours de l'élection du président de la Fifa prévue vendredi, l'un des cinq candidats, le prince Ali, a demandé le report du vote, pas assez transparent à ses yeux, et a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS), qui se prononcera demain matin au plus tard.
Ces derniers jours, cet outsider, dont les chances pour l'élection de Zurich paraissent infimes, a fait de la mise en place d'isoloirs transparents son cheval de bataille procédural.
Le prince Ali a saisi le TAS hier, via ses avocats parisiens Mes Szpiner et Semerdjian, après le refus de la Fifa de faire installer ces isoloirs transparents, comme il l'avait demandé dans un premier recours.
Les avocats du prince jordanien demandent au TAS, la plus haute juridiction sportive, de prendre une « mesure provisionnelle d'urgence » en reportant l'élection, afin d'avoir le temps de statuer sur le fond concernant l'installation des fameux isoloirs.
« La décision sur cette demande de mesure provisionnelle sera prise jeudi matin au plus tard », veille de l'élection, a indiqué le TAS dans un communiqué hier à la mi-journée, quelques heures après l'annonce du dépôt de ce recours par le camp Ali.
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« Seul un isoloir transparent permettrait de prouver (...) qu'il n'y pas de vote forcé, en empêchant les votants de photographier leur bulletin pour prouver qu'ils auraient suivi une éventuelle consigne de vote », avait expliqué dès samedi à l'AFP Me Semerdjian pour expliquer le dépôt de la première demande devant le TAS. Or, la « Fifa s'est opposée à (la) demande de procédure accélérée » sur cette question, « afin (qu'elle) ne puisse être tranchée » avant l'élection, ont estimé les avocats hier dans un communiqué transmis à l'AFP.
D'où leur décision de saisir une deuxième fois le TAS, cette fois-ci pour demander carrément le report du scrutin.
Lors de la précédente élection, en mai, le prince Ali avait poussé Blatter à un second tour en recueillant 73 voix au 1er (contre 133 pour le Suisse), avant de se retirer. Depuis, Blatter a dû renoncer à son poste à cause du scandale qui ébranle la Fifa, ce qui a rendu nécessaire l'élection de vendredi.
Deux poids lourds
Cette fois-ci, contrairement à mai, les chances du prince jordanien paraissent infimes face aux deux grands favoris, le cheikh bahreïni Salmane (président de la Confédération asiatique) et l'Italo-Suisse Gianni Infantino (secrétaire général de l'UEFA).
Salmane est appuyé par l'Asie et l'Afrique, Infantino par l'Europe et l'Amérique du Sud, ainsi qu'une partie de l'Amérique du Nord (l'Union centre-américaine, regroupant sept fédérations). Les autres fédérations d'Amérique du Nord et l'Océanie n'ont pas officialisé de consigne de vote.
Deux poids lourds face auxquels le dernier des cinq candidats, l'homme d'affaires sud-africain Tokyo Sexwale, semble lui aussi promis à faire de la figuration, comme Ali et Champagne.
(Source : AFP)

