« Certaines banques ne répondent plus aux critères exigés pour bénéficier des ratios préférentiels de réserves obligatoires », a indiqué la Banque centrale chinoise. Mark Ralston/AFP
La Banque centrale chinoise (PBOC) a annoncé hier qu'elle allait relever les ratios de réserves obligatoires pour certains établissements financiers, un durcissement inattendu potentiellement destiné à endiguer la récente envolée du crédit – bien que l'institution s'en défende.
Au terme d'un examen du secteur, « certaines banques ne répondent plus aux critères exigés pour bénéficier des ratios préférentiels de réserves obligatoires, et elles ne pourront plus continuer à en bénéficier », a indiqué la PBOC dans un communiqué. En pratique, ces banques seront sommées de mettre de côté des réserves correspondant à un ratio plus important de leurs encours de crédit, ce qui restreindra automatiquement leur capacité à accorder de nouveaux prêts. Ces ajustements au cas par cas seront effectués jusqu'au 25 février, a ajouté la PBOC, rappelant cependant que « la très grande majorité des banques » n'est pas concernée.
L'agence Bloomberg avait révélé plus tôt que ce durcissement viserait surtout les banques régionales et locales, accusées d'avoir récemment accéléré leurs prêts de façon spectaculaire quitte à accumuler les créances douteuses.
La mesure, bien que limitée, pourrait être l'amorce d'un retournement, ou du moins le signal d'une prudence nettement accrue de la part de la Banque centrale, qui n'a pas ménagé ses efforts pour contrer l'essoufflement persistant de l'activité dans la deuxième économie mondiale. Depuis fin 2014, elle a ainsi baissé par six fois ses taux d'intérêt pour abaisser le coût du crédit, et a réduit à de multiples reprises les ratios de réserves obligatoires pour les inciter à prêter davantage... à condition notamment d'accorder des crédits aux petites entreprises et firmes rurales. Si cette politique ultra-accommodante a semblé donner un coup de pouce à l'économie en fin d'année, elle a également un inquiétant revers : une récente envolée des prêts bancaires, et du volume de crédit en général. Les prêts accordés par les banques chinoises ont ainsi quadruplé en janvier par rapport à décembre, se hissant à un niveau record, 2 510 milliards de yuans (385 milliards de dollars).
Une avalanche de crédit qui accroît encore les menaces liées à l'endettement colossal des gouvernements locaux et des entreprises en Chine, alors que l'assombrissement de la conjoncture précipite les risques de défauts de paiement et de créances douteuses sur le bilan des banques.
(Source : AFP)

