Le cercueil du penseur égyptien Mohammad Hassanein Heikal, lors de ses funérailles, hier, au Caire. Khaled Desouki/AFP
Le penseur, journaliste et écrivain égyptien Mohammad Hassanein Heikal, ancien proche collaborateur et ministre du président Gamal Abdel Nasser, est décédé hier à l'âge de 92 ans, ont annoncé les médias gouvernementaux. Celui qui fut le patron du principal quotidien gouvernemental égyptien al-Ahram de 1957 à 1974 est décédé au Caire d'une défaillance des reins et des poumons, a annoncé le site Internet de son ancien journal.
Heikal a longtemps été l'un des éditorialistes les plus célèbres du monde arabe, hissant al-Ahram au rang de véritable institution régionale. Il a écrit une dizaine de livres sur les conflits et crises politiques au Moyen-Orient. Il a également publié plusieurs articles dans les colonnes de journaux libanais comme al-Nahar et as-Safir.
Né le 23 septembre 1923 dans la province de Qaloubiya, dans le delta du Nil, Heikal a été un proche collaborateur et conseiller de Nasser, l'un des principaux leaders des « officiers libres » qui renversèrent la monarchie en 1952 avant de diriger l'Égypte de 1954 à 1970 et devenir le héros du mouvement des non-alignés. Heikal a été le nègre de Nasser, écrivant ses discours. Il est considéré comme l'un des idéologues de la pensée panarabiste prônée par Nasser. Heikal fut son ministre de l'Information mais aussi, pour deux semaines seulement en 1970, le chef de la diplomatie égyptienne.
Après avoir soutenu Anouar el-Sadate, le successeur de Nasser et premier signataire arabe d'un traité de paix avec Israël en 1979, Heikal est tombé en disgrâce. Il a même passé quelques jours en prison en 1981, juste avant l'assassinat de Sadate.
Sous le régime de Hosni Moubarak, qui dirigea ensuite l'Égypte trente années durant, Heikal s'est tenu à l'écart de la vie publique, donnant toutefois quelques interviews critiques envers le chef de l'État.
(Sources : AFP et rédaction)


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17 h 29, le 18 février 2016