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Liban - Libertés

Le film « Spotlight », sur un scandale de pédophilie au sein de l’Église, ne sera pas projeté au Liban

Les distributeurs ont estimé que le sujet était trop sensible.

L’affiche du film.

Nommé aux oscars, le film Spotlight, du nom de l'équipe de journalistes d'investigation du quotidien américain Boston Globe qui a enquêté sur un scandale de pédophilie au sein de l'Église catholique aux États-Unis, ne sera pas projeté dans les salles de cinéma au Liban et au Moyen-Orient. La raison? Les distributeurs estiment que ce film pourrait heurter les sensibilités des spectateurs dans cette région du monde où la question religieuse reste délicate. Par leur décision, les distributeurs devancent ainsi la censure des autorités.

Autocensure
« Nous sommes face à un cas classique d'autocensure », estime Léa Baroudi, cofondatrice et présidente de l'ONG March contre la censure, interrogée par L'Orient-Le Jour. Elle cite l'exemple du film God of Egypt, distribué au Liban sous le titre King of Egypt sur décision de ses producteurs. « Les producteurs et les distributeurs s'adaptent aux différents publics et à leur réaction », explique Léa Baroudi.
Un responsable de salles de cinéma au Liban, qui a souhaité que son témoignage reste anonyme, a expliqué à L'Orient-Le Jour qu'il s'agit aussi d'une question commerciale. « Lorsqu'un film nous est proposé, nous calculons sa rentabilité. Un film comme Spotlight qu'il faut adapter et traduire – et cela coûte cher – ne sera pas rentable tout simplement parce que le nombre de places vendues ne suffira pas à couvrir les frais, explique-t-il. Nous vivons dans un pays, une société, où ce genre de film, qui peut heurter, rencontrera difficilement l'adhésion du public », poursuit-il, rappelant que d'autres films, sortis ailleurs, n'ont pas été projetés au Liban.
L'enquête des journalistes américains, couronnée par le prix Pulitzer, a révélé que l'Église catholique a protégé pendant des décennies les personnalités religieuses, juridiques et politiques les plus en vue de Boston. L'enquête devait déclencher par la suite une vague de révélations dans le monde entier.

Les autorités dédouanées
La décision de ne pas projeter Spotlight n'a donc pas été prise par le bureau de la censure de la Sûreté générale (SG), rappelle ce responsable. L'instance n'a en effet pas interdit ce film car elle ne l'a pas examiné. Le responsable de salles trouverait « injuste » que la SG soit mise en cause dans cette affaire. « Dans ce pays, il y a des lois et nous les respectons, comme nous respectons aussi les sensibilités de chacun. En projetant un film comme Spotlight qui peut jeter le discrédit sur tous les hommes d'Église, nous heurterions inutilement une partie de l'opinion », insiste ce responsable.
« Je suis certaine que la SG aurait censuré ce film s'il l'avait examiné », assure Léa Baroudi, pointant du doigt une nouvelle tendance. « La SG tient à montrer une image d'ouverture. Depuis quelque temps, elle a élargi ses critères et autorise les films à forte connotation érotique ou sexuelle mais elle reste extrêmement attentive aux thèmes portant sur la politique et la religion », souligne-t-elle, mettant en évidence l'action de « groupes de pression politiques et religieux ».
Spotlight est en lice pour quatre oscars, dont la 88e cérémonie se déroulera le 28 février à Hollywood : celui du meilleur film, celui du meilleur réalisateur avec Tom McCarthy, celui du meilleur acteur dans un second rôle avec Mark Ruffalo et de meilleur actrice dans un second rôle avec Rachel McAdams.

Nommé aux oscars, le film Spotlight, du nom de l'équipe de journalistes d'investigation du quotidien américain Boston Globe qui a enquêté sur un scandale de pédophilie au sein de l'Église catholique aux États-Unis, ne sera pas projeté dans les salles de cinéma au Liban et au Moyen-Orient. La raison? Les distributeurs estiment que ce film pourrait heurter les sensibilités des...
commentaires (2)

"Les distributeurs estiment que ce film pourrait heurter les sensibilités des spectateurs dans cette région du monde où la question religieuse reste délicate. Et s'adaptent ainsi à ce (style) de public et à ses réactions ! Pour eux, dans ce bled, cette (société), ce genre de film qui peut heurter rencontrera difficilement l'adhésion du public. Car, eux n'est-ce pas, ils respectent les sensibilités de chacun." ! Il faut dire, en effet, que ces "spectateurs" d'ici adeptes de massacres, d'assassinats et de guerres civiles sont really ; yâ harâââm ; très, très "sensiiibles" ! Yâ wâïylîîîh ! "Ces distributeurs considèrent, en plus, qu'un film pareil peut jeter le discrédit sur tous les hommes d'Église, heurtant inutilement mahééék une partie de l'opinion." ! Pour quelles raisons ? A ce que tout le monde sait déjà, tous les hommes d'églises ne sont pas des pédophiles. En quoi donc ce film jetterait-il le discrédit sur tous ces hommes d'église ? Et la présomption d'innocence ! On en fait quoi ? "Alors qu'en sus, depuis quelque temps, la Sûreté Générale a élargi ses critères et autorise les films à forte connotation érotique ou sexuelle mais reste extrêmement attentive aux thèmes portant sur la politique et la religion." ! Mais, oui, quel autre meilleur moyen de calmer "les ardeurs" d'un genre, n'est-ce pas, que de lui permettre de temps à autre de.... "se relâcher" devant "un fiiilm, yâââï, à connotationnn sexuèèèlle ! Yâ hassértéééh !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

18 h 03, le 13 février 2016

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Commentaires (2)

  • "Les distributeurs estiment que ce film pourrait heurter les sensibilités des spectateurs dans cette région du monde où la question religieuse reste délicate. Et s'adaptent ainsi à ce (style) de public et à ses réactions ! Pour eux, dans ce bled, cette (société), ce genre de film qui peut heurter rencontrera difficilement l'adhésion du public. Car, eux n'est-ce pas, ils respectent les sensibilités de chacun." ! Il faut dire, en effet, que ces "spectateurs" d'ici adeptes de massacres, d'assassinats et de guerres civiles sont really ; yâ harâââm ; très, très "sensiiibles" ! Yâ wâïylîîîh ! "Ces distributeurs considèrent, en plus, qu'un film pareil peut jeter le discrédit sur tous les hommes d'Église, heurtant inutilement mahééék une partie de l'opinion." ! Pour quelles raisons ? A ce que tout le monde sait déjà, tous les hommes d'églises ne sont pas des pédophiles. En quoi donc ce film jetterait-il le discrédit sur tous ces hommes d'église ? Et la présomption d'innocence ! On en fait quoi ? "Alors qu'en sus, depuis quelque temps, la Sûreté Générale a élargi ses critères et autorise les films à forte connotation érotique ou sexuelle mais reste extrêmement attentive aux thèmes portant sur la politique et la religion." ! Mais, oui, quel autre meilleur moyen de calmer "les ardeurs" d'un genre, n'est-ce pas, que de lui permettre de temps à autre de.... "se relâcher" devant "un fiiilm, yâââï, à connotationnn sexuèèèlle ! Yâ hassértéééh !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    18 h 03, le 13 février 2016

  • Ce pays est mixte : chrétiens - musulmans. Vous regardez à droite : OUiii c'est le Moyen-Age ! Vous regardez à gauche : Ufffff c'est le pré-Moyen-Age ! Que voulez-vous, c'est comme ça !

    Halim Abou Chacra

    06 h 54, le 13 février 2016

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