Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est irrité hier du soutien des États-Unis aux Kurdes de Syrie. Dans l'avion qui le ramenait d'Amérique latine, M. Erdogan a vertement critiqué la visite rendue récemment aux combattants des Unités de protection du peuple (YPG) qui contrôlent la ville syrienne de Kobané par Brett McGurk, l'envoyé spécial du président américain Barack Obama pour la coalition internationale antijihadiste. « Il a visité Kobané en pleine conférence de Genève (sur la Syrie) et s'est fait offrir une plaque par un soi-disant général des YPG », a-t-il noté. « Comment peut-on (vous) faire confiance ? Est-ce que je suis votre partenaire ? Ou alors ce sont les terroristes de Kobané ? » a poursuivi le président islamo-conservateur turc, dont les propos sont rapportés dans la presse dominicale turque.
Les YPG constituent les milices combattantes du Parti de l'union démocratique (PYD, Kurdes de Syrie). Grâce au soutien militaire de la coalition dirigée par Washington, elles ont repoussé il y a un an l'offensive lancée par le groupe État islamique (EI) sur la ville de Kobané, toute proche de la frontière turque, à l'issue de plusieurs mois d'une féroce bataille. Malgré les critiques, Ankara s'est refusé à prêter main forte aux YPG, qu'elle considère comme la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène depuis 1984 une rébellion meurtrière sur le sol turc.
Le gouvernement turc redoute que le soutien militaire américain ne permette aux Kurdes syriens, qui contrôlent déjà une large partie de l'extrême nord de la Syrie le long de la frontière turque, d'étendre encore leur influence vers l'ouest.
Moyen Orient et Monde
Erdogan s’irrite de plus en plus du soutien américain aux « terroristes » kurdes de Syrie
OLJ / le 08 février 2016 à 00h00


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine