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Culture

« Si mes produits arrachent un sourire aux gens, je suis comblé »

Design

« Les gens peuvent qualifier mon style comme ils veulent, moi je fais juste ce qui me plaît », insiste Joseph Kfoury, jeune designer de luminaires à l'inspiration voyageuse.

Zéna ZALZAL | OLJ
04/02/2016

Son obsession pour les bagnoles, « depuis l'âge de 4 ans », a conduit Joseph Kfoury au design... automobile. Sauf qu'après avoir décroché un double master en design auto et de transport de l'école supérieure Creapole à Paris et de la Scuola Politecnica di Design à Milan, assorti d'un stage d'un an chez Lamborghini, il se trouve obligé de retourner au Liban. Faute de débouchés dans son domaine, le jeune homme intègre un cabinet d'architecture d'intérieur et de design de meubles. Puis il décide de lancer son propre studio de design industriel, éponyme, en 2014. Depuis, ce tout juste trentenaire a signé trois séries de luminaires haut de gamme, aux formes plutôt inédites, disponibles dans une galerie beyrouthine et une autre parisienne. Des pièces alliant exclusivement les matières nobles (bois massif, laiton, cuivre ou encore inox) et entièrement réalisées à la main par des artisans locaux, sous sa surveillance pointilleuse.

Car Joseph Kfoury est exigeant. Envers lui-même avant tout. « Je me donne beaucoup de mal pour ne pas produire du déjà-vu, pour sortir du conformisme et du standard. D'ailleurs, je me suis lancé dans le luminaire parce que je trouvais qu'il n'y avait pas beaucoup de créativité dans ce domaine sur le marché », signale-t-il. Du coup, dans ses conceptions, il va tenter d'explorer des directions nouvelles, tout en piochant son inspiration dans les décades passées. Ainsi, après une toute première ligne, épurée et sculpturale, « inspirée du vent », il change totalement de cap en s'orientant vers l'esprit vintage des instruments de navigation des années 20 et 30. « Je n'ai pas cherché à copier des modèles d'époque mais à réinventer des lunettes maritimes et autres télescopes sur pied (en bois massif laqué et laiton doré) en luminaires et pièces uniques », explique-t-il.

Rétro des années 20 aux 60's
Sauf qu'après ces deux séries de luxe, le jeune homme a eu envie « de créer des produits que mes potes peuvent s'acheter », confie-t-il. En l'occurrence des luminaires d'aspect et de prix plus abordables. Intitulée Viaggiø (Voyage en italien) sa toute dernière collection, d'une trentaine de pièces, s'est vendue comme de petits pains dès sa sortie en décembre. Formes rondes et colorées évoquant parfois des ventilateurs, d'autres fois de mini-soucoupes, ces objets lumineux non identifiables « sont inspirés du rétro-vintage, de l'électronique et de la science-fiction des années soixante », indique leur concepteur.

Lequel a mis dans cette série toutes ses influences. À savoir, un mélange d'esprit français « intellectuel et narratif » et italien à travers une « apparence qui donne de l'émotion ». Ainsi qu'un zeste d'oriental dans le traitement en arabesques, ou façon moucharabieh, des plaques de métal concentriques qui diffusent leurs motifs en ombre et lumière sur les murs.
« Je pense avoir gardé, de ma formation en design automobile, un intérêt pour l'interaction du volume et du mouvement », estime Joseph Kfoury. Sans doute a-t-il acquis aussi une propension pour le bidouillage électronique. Car, pour ses luminaires, il a développé, dit-il, « en collaboration avec une équipe de jeunes électriciens libanais, un interrupteur à sensor tactile permettant d'allumer et d'éteindre en touchant d'une manière très sensuelle la partie métallique. Plutôt que d'avoir à manipuler un simple clic-clac en plastique ».
Un détail parmi d'autres, comme ces ampoules filamenteuses à l'ancienne qu'il utilise quasiexclusivement et qu'il tient « à infuser », même dans ses produits de masse, pour les rendre difficilement copiables.

Mais si le luminaire est devenu un peu sa spécialité, le jeune designer – qui est aussi chargé de cours à Creapole, son ancienne école à Paris – n'en a pas moins le projet d'explorer de nouveaux univers. Il s'est déjà attelé aux produits pour enfants : « Mobilier, luminaires mais aussi jouets », révèle-t-il. Puis, il fera, sans doute, une incursion dans le monde de la mode masculine avec des sacs de voyage et accessoires pour hommes. Et pour motards, en particulier. Toujours cette idée du mouvement...

 

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