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Moyen Orient et Monde - Droits De L’Homme

Deux journalistes étrangers arrêtés au Burundi finalement libérés

La presse est réduite au silence par le président Nkurunziza qui brigue un troisième mandat prolongé.

Le journaliste Phil Moore a été arrêté par la police alors qu’il se trouvait avec des forces insurgées au Burundi. Thomas Mukoya/Reuters

Deux journalistes, le Français Jean-Philippe Rémy et le Britannique Phil Moore, ont été libérés hier, 24 heures après leur arrestation au Burundi « en compagnie de criminels armés », terme désignant pour les autorités les insurgés ayant pris les armes contre le président Pierre Nkurunziza.
Envoyés spéciaux du Monde au Burundi, Jean-Philippe Rémy, correspondant régional pour l'Afrique du quotidien français, et Phil Moore, photographe indépendant travaillant régulièrement pour l'AFP mais aussi pour The New York Times, The Guardian ou Der Spiegel, avaient été déférés au parquet en début d'après-midi, après une nuit passée au siège du Service national de renseignement (SNR) où ils avaient été interrogés. « Ils ont été libérés. Aucune charge n'a été retenue contre eux », a annoncé à l'AFP l'ambassadeur de France à Bujumbura, Gerrit van Rossum, précisant que leur équipement professionnel ne leur avait pas été restitué dans l'immédiat. Selon des journalistes sur place, les deux journalistes ont quitté en fin d'après-midi le Palais de justice de Bujumbura à bord de véhicules diplomatiques. L'ambassadeur de France et un représentant de la chancellerie britannique étaient notamment présents au Palais de justice. Un collectif de journalistes burundais, SOS Medias Burundi, a rapporté que leurs accréditations leur avaient été retirées.

Crise profonde face à un pouvoir contesté
Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius avait appelé hier « à leur libération immédiate ». Le Monde avait rappelé que Jean-Philippe Rémy et Phil Moore étaient entrés légalement dans le pays, respectivement les 19 et 21 janvier, « étaient tous deux munis de visas et ne faisaient qu'exercer leur métier en rencontrant toutes les parties concernées par les tensions en cours au Burundi ». Selon le porte-parole adjoint de la police burundaise, Moïse Nkurunziza, les deux hommes avaient été arrêtés jeudi après-midi à Nyakabiga, quartier contestataire du centre de Bujumbura, où la police avait été informée que « des criminels tenaient une réunion ». Le groupe s'est enfui mais la police a « rattrapé cinq personnes : 4 Burundais qui avaient deux pistolets et un Britannique », Phil Moore, a expliqué à l'AFP M. Nkurunziza.
Leur libération « est un grand soulagement, mais cet incident ne présage rien de bon pour notre travail au Burundi », a estimé l'Association des correspondants étrangers en Afrique de l'Est (FCAEA), alors que la quasi-totalité de la presse indépendante burundaise est réduite au silence depuis plusieurs mois. L'annonce de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un 3e mandat a plongé le Burundi dans une grave crise, ses adversaires lui reprochant de violer la Constitution et l'Accord d'Arusha ayant permis de mettre fin à la sanglante guerre civile (1993 et 2006) qui continue de hanter le pays.

(Source : AFP)

Deux journalistes, le Français Jean-Philippe Rémy et le Britannique Phil Moore, ont été libérés hier, 24 heures après leur arrestation au Burundi « en compagnie de criminels armés », terme désignant pour les autorités les insurgés ayant pris les armes contre le président Pierre Nkurunziza.Envoyés spéciaux du Monde au Burundi, Jean-Philippe Rémy, correspondant régional pour l'Afrique du quotidien français, et Phil Moore, photographe indépendant travaillant régulièrement pour l'AFP mais aussi pour The New York Times, The Guardian ou Der Spiegel, avaient été déférés au parquet en début d'après-midi, après une nuit passée au siège du Service national de renseignement (SNR) où ils avaient été interrogés. « Ils ont été libérés. Aucune charge n'a été retenue contre eux », a annoncé à l'AFP...
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