Ziyad Baroud saluant la présidente de l’Union des handicapés du Liban, Sylvana Lakkis. Le combat pour les droits politiques des handicapés se poursuit. Photo Sami Ayad
Afin qu'une personne handicapée puisse voter facilement et en toute indépendance, il suffit d'équiper les bureaux de vote de manière à lui en faciliter l'accès. Ce n'est pas plus compliqué que cela. Et pourtant, comme tant d'autres causes justes, celle des handicapés est reléguée aux oubliettes par des autorités peu soucieuses de l'application des lois – et qui ne sont d'ailleurs plus pressées d'organiser des élections tout court depuis 2009 !
Une « Journée des droits politiques et des mécanismes de contrôle et de transparence » a été organisée hier par l'Union des handicapés du Liban, en présence (et sous le parrainage) de l'ancien ministre de l'Intérieur Ziyad Baroud, mais également de représentants de l'Association libanaise pour la démocratie des élections et l'organisation Diakonia.
Cette conférence a posé la problématique des droits politiques des handicapés, consacrés par la loi, notamment un décret de 2008 visant à faciliter la participation des handicapés aux élections, comme l'ont rappelé hier Sylvana Lakkis, présidente de l'union, et Ziyad Baroud lui-même. Mme Lakkis a souligné que la loi sur les droits des handicapés, adoptée en 2000, reste pratiquement lettre morte, affirmant ne plus accepter que ces droits « soient considérés comme secondaires ».
M. Baroud, qui avait avalisé lorsqu'il était ministre de l'Intérieur le fameux décret, a expliqué par quels moyens ce texte est supposé consacrer le droit des handicapés – au moins 150 000 personnes, a-t-il précisé – à voter sans encombres. Ce texte « demande à tous les mohafez et caïmacams d'inviter les municipalités et fédérations de municipalités à effectuer les travaux nécessaires dans le cadre de leur circonscription », a-t-il dit. Cela devait être fait avant la date des élections de juin 2009... avec le succès que l'on sait.
L'ancien ministre a appelé les handicapés, face à l'indifférence des responsables, à rejeter tous les propos non suivis d'action concrète, à continuer à revendiquer leurs droits quelle que soit l'atmosphère politique ambiante, à unir leurs forces à celles d'autres associations, et à ne pas être vulnérables aux divisions communautaires, régionales ou relatives aux intérêts des uns et des autres. « Je vous invite à manifester pacifiquement pour vos droits », a-t-il conclu.


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