« Actuellement, (...) l’Opep tente de convoquer une réunion en février avec la participation de pays membres de l’Opep et de pays non membres », a déclaré le ministre russe de l’Énergie, Alexande Novak. Odd Andersen/AFP
La Russie a annoncé hier être prête à discuter avec l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dont elle n'est pas membre, d'une possible baisse de production en réaction à l'effondrement des cours.
Malgré un certain scepticisme des analystes, ce pas de Moscou, qui paye un coût très élevé à la chute sur le marché pétrolier, en direction du cartel a fait sensation parmi les investisseurs. Le baril de Brent, référence européenne, a bondi au-delà de 35 dollars pour la première fois depuis trois semaines. « Actuellement, (...) l'Opep tente de convoquer une réunion en février avec la participation de pays membres de l'Opep et de pays non membres », a déclaré le ministre russe de l'Énergie, Alexande Novak, cité par les agences russes. « (...) La question est actuellement étudiée par les différents pays. De notre côté, nous avons confirmé la possibilité de notre participation », a-t-il ajouté. Il a précisé qu'une telle réunion permettrait « des consultations concernant la situation du marché, le bas niveau des prix et les possibilités de coordination concernant la production ».
Selon le ministre, lors de précédentes rencontres, l'Arabie saoudite, chef de file de facto de l'Opep, aurait proposé une baisse de production de 5 % pour chacun des pays. Interrogé sur cette question et sur son actualité lors d'une éventuelle rencontre, il a répondu : « C'est justement le sujet qui sera discuté. » Le cartel s'est montré pour l'instant divisé et n'a pas abaissé ses quotas de production. Au contraire, la bataille engagée pour maintenir les parts de marché n'a fait qu'augmenter la chute des prix, qui ont perdu les trois quarts de leur valeur en un an et demi et sont tombés la semaine dernière à leur plus bas niveau en 12 ans. La Russie a participé à cette course, et sa production a atteint en 2015 un record pour la période postsoviétique, à 10,7 millions de barils par jour en moyenne.
Mais la facture ne cesse de monter pour Moscou, dont la moitié des rentrées budgétaires vient du pétrole et du gaz et qui subit en plus les sanctions occidentales dues à la crise ukrainienne. Le Kremlin a cependant démenti un plan concret de baisse de production et les analystes restent très prudents concernant un accord avec l'Opep.
(Source : AFP)

