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Nos lecteurs ont la parole - Raymond Nammour

Quelles garanties ?

La politique au Liban est quelque chose de compliqué. Dans l'absolu, elle est l'art de gouverner la chose publique. Et comme tout art, elle s'appuie sur de principes conducteurs qui évoluent et s'adaptent aux circonstances sans se renier ou se désavouer. Au Liban, si art il y a, ça serait plutôt de l'art moderne où souvent seul l'auteur est capable de comprendre quelque chose à son œuvre. En de rares circonstances, elle peut être aussi sacrifice, abnégation et patriotisme.
Trêve de philosophie. Pour ou contre la nouvelle alliance Aoun-Geagea ? Quand les passions se déchaînent, l'esprit a du mal à se frayer un chemin !
Nous avons, et depuis fort longtemps, cessé d'être décisionnaires pour les affaires de notre pays. Et les véritables décisionnaires ne semblent pas disposés à nous consacrer leur précieux temps. Tout ce que l'on peut faire en attendant que notre tour arrive est de limiter les dégâts, de préserver l'esprit des lois, de veiller à notre place et, surtout, de bien lire les évènements pour rester dans le sens de l'histoire.
La nouvelle alliance facilite-t-elle ces objectifs ? Non, car si les tensions vont baisser entre les FL et les CPL, de nouvelles tensions vont apparaître ! Et ceux qui pensent imiter la domination du duo Amal-Hezbollah vont très vite déchanter car « nous ne sommes pas des chiites » ! Quant à la préservation de l'esprit de l'État, la nouvelle alliance n'y contribue aucunement. En effet, en « tolérant » le « sous-jacent » de la candidature aouniste, la « républiquette du faqih iranien », la nouvelle alliance, affaiblit la protection érigée par les souverainistes autour de l'esprit de l'État de droit.
Qu'en est-il de la place des chrétiens dans les instances de l'État ? La nouvelle alliance permet-elle une représentation chrétienne plus juste ?
La nouvelle loi électorale espérée, avec son nouveau découpage des circonscriptions et son nouveau système de décompte, permettrait une meilleure représentativité des chrétiens. En clair, elle libérera de nombreux sièges « chrétiens » de la mainmise musulmane. Seulement, voilà ; seule une nouvelle loi peut changer la loi ! Comment la nouvelle alliance chrétienne va-t-elle pousser les musulmans à voter une nouvelle loi qui les priverait de leur domination politique ?
À moins que nous ayons des garanties aounistes quant à l'impossibilité d'un retour de l'accord quadripartite – Amal-Hezbollah-PPS-Futur –, vu l'océan de sang séparant chiites et sunnites !
Enfin, sommes-nous certains d'avoir fait la bonne lecture du contexte régional et international avant ce changement de cap ? Primo, le monde arabo-musulman hausse le ton face aux ayatollahs de Téhéran ; deuzio, la Russie, et non plus l'Iran, est désormais l'acteur majeur à nos frontières ; tertio, les prémices d'une « faille », microscopique encore, entre les pro-Khomeyni et les partisans de l'imam Sadr se confirmeront jour après jour, surtout avec les dernières révélations sur le rôle des ayatollahs dans la disparition de l'imam Moussa Sadr en 1978 en Lybie ; et quatro, le temps de l'Iran révolutionnaire semble en retrait au profit d'un Iran « bien élevé » admis de nouveau dans le concert des nations.
Quel est l'intérêt, dans un tel contexte, de tendre la main à Hezbollah à travers le soutien apporté à son candidat présidentiel sans aucune réelle contrepartie ? À moins que nous ayons reçu des garanties aounistes quant au retrait du Hezbollah de Syrie et de la remise de son arsenal à la seule autorité de l'armée nationale !
L'histoire nous a appris qu'une mauvaise lecture des évènements peut conduire à des catastrophes. Espérons que nous ne venons pas de faire la mauvaise lecture de trop.

Raymond NAMMOUR

La politique au Liban est quelque chose de compliqué. Dans l'absolu, elle est l'art de gouverner la chose publique. Et comme tout art, elle s'appuie sur de principes conducteurs qui évoluent et s'adaptent aux circonstances sans se renier ou se désavouer. Au Liban, si art il y a, ça serait plutôt de l'art moderne où souvent seul l'auteur est capable de comprendre quelque chose à son œuvre. En de rares circonstances, elle peut être aussi sacrifice, abnégation et patriotisme.Trêve de philosophie. Pour ou contre la nouvelle alliance Aoun-Geagea ? Quand les passions se déchaînent, l'esprit a du mal à se frayer un chemin !Nous avons, et depuis fort longtemps, cessé d'être décisionnaires pour les affaires de notre pays. Et les véritables décisionnaires ne semblent pas disposés à nous consacrer leur précieux temps. Tout ce...
commentaires (1)

Merci pour cet article qui met les points sur les'i"ose crier des verites....oui, une mauvaise lecture des evenements de nos dirigents,peut conduirea des catastrophes...nous y sommes...pauvre LIBAN...

Soeur Yvette

10 h 03, le 26 janvier 2016

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Commentaires (1)

  • Merci pour cet article qui met les points sur les'i"ose crier des verites....oui, une mauvaise lecture des evenements de nos dirigents,peut conduirea des catastrophes...nous y sommes...pauvre LIBAN...

    Soeur Yvette

    10 h 03, le 26 janvier 2016

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