Au stade Vélodrome de l’Olympique de Marseille, les gradins étaient dégarnis jeudi ; signe du désintérêt des supporteurs phocéens pour leur club. Anne-Christine Poujoulat/AFP
À moins d'un miracle, ce n'est pas encore cette saison que les supporteurs marseillais cesseront de broyer du noir.
À la veille de son déplacement à Lyon, demain, pour le compte de la 22e journée de Ligue 1, l'Olympique de Marseille (OM) occupe une modeste 8e place au classement et compte 28 points de retard sur le Paris Saint-Germain (PSG) – qui reçoit Angers cet après-midi. Éliminé il y a dix jours en quarts de finale de la Coupe de la Ligue par Toulouse – 19e au classement –, l'OM a décroché sans convaincre en décembre son ticket pour les 16es de finale de l'Europa League. Jeudi, le club a étrenné son accession aux quarts de finale de la Coupe de France en remportant sa première victoire à domicile en deux mois face à une quasi-équipe bis de Montpellier, un autre club en difficulté cette saison.
De nombreux supporteurs phocéens jugent sévèrement ces performances et le font savoir. Le stade Vélodrome, 9e affluence d'Europe à l'issue de la saison 2014-2015, était à peine à moitié plein jeudi. Sur les réseaux sociaux, les critiques se multiplient à l'encontre des choix stratégiques de la direction du club, à qui ils reprochent de manquer d'ambition, voire de professionnalisme. Une animosité compréhensive quand on sait que l'OM a terminé 10e, 2e, 6e et 4e du championnat de France depuis la prise de fonctions de Vincent Labrune, en 2011, sans parler du zéro pointé à l'issue de la phase de poules lors de la dernière participation de l'OM à la Ligue des champions, en 2013.
Garants de l'identité
Plutôt que de rester suspendus à une hypothétique vente du club pour espérer enfin voir le vent tourner, certains supporteurs veulent prendre les devants en essayant de mettre en place un système de « socios » à l'OM. « L'objectif est de créer une association qui rassemble les supporteurs de l'OM en France ou ailleurs, abonnés ou non, afin d'investir dans le capital du club », explique à L'Orient-Le Jour Grégory Durieux, supporteur depuis 25 ans et à l'origine du projet. « En devenant actionnaires de l'OM à travers cette association, les supporteurs pourront avoir une influence sur sa stratégie, notamment au niveau du recrutement », poursuit cet assistant d'éducation qui réside à Chartres. « Ils deviendront en quelque sorte les garants de l'identité du club », ajoute-t-il.
Informée du lancement de cette initiative, la direction de l'OM y prêterait une oreille attentive. « Une source à la direction nous a confié que cette solution pouvait être envisagée », précise Gregory Durieux, avant de concéder qu'il faudra d'abord « monter un dossier concret et mobiliser un nombre important de supporteurs, avant que le projet soit véritablement lancé ». À l'heure actuelle, l'association « Socios Phocéens », créée il y a moins de quatre ans, ne compte qu'une cinquantaine d'adhérents et tente de mobiliser une base de supporteurs « encore sceptiques » vis-à-vis de l'efficacité du procédé. Une pétition, intitulée Pour la mise en place d'un système de socios à l'OM, rassemble pour l'instant un peu plus de 3 000 signatures.
Absent dans le foot français, le système de socios est très développé en Amérique du Sud, en Espagne ou encore au Portugal. Quatre des clubs les plus titrés d'Europe – Real Madrid, Milan AC, Bayern Munich et FC Barcelone – possèdent des associations de supporteurs qui comptent plus de 150 000 membres. En Allemagne, la législation autorise les supporteurs à détenir des parts dans l'actionnariat de leur club. En Espagne, où ce mécanisme est institutionnalisé, le Real Madrid, le FC Barcelone, l'Athletic Bilbao et Osasuna n'ont pas le statut de société anonyme et appartiennent à leurs adhérents.

