Une proche de victime de l’attaque de Peshawar montrant la photo de son fils à une survivante de l’assaut de Bacha Khan. A. Majeed/AFP
Le Pakistan a rendu hommage hier aux 21 victimes de l'attaque terroriste qui a visé la veille une université du nord-ouest du pays, tout en s'interrogeant sur les ratés de sa campagne contre le terrorisme. Hier, des policiers étaient toujours déployés jusque sur les toits du campus de l'université où quatre hommes armés de fusils d'assaut et de grenades étaient entrés la veille, profitant du brouillard. Ils ont massacré une vingtaine de personnes, majoritairement des étudiants, avant d'être abattus par les forces de l'ordre. La police a indiqué avoir arrêté une cinquantaine de personnes.
Une nouvelle bombe a en outre été désamorcée hier matin dans une gare routière bondée de la ville voisine de Peshawar, selon la police, provoquant une nouvelle onde d'inquiétude dans le pays.
L'attaque de mercredi présente d'inquiétantes similitudes avec le pire attentat qu'ait connu le pays, perpétré il y a un peu plus d'un an dans une école de Peshawar, par des talibans qui avaient massacré plus de 150 personnes, en majorité des enfants. Elle jette aussi une ombre sur le bilan des autorités en matière de sécurité, pourtant érigée en priorité absolue.
En attaquant l'université, les talibans ont en effet mis en lumière les ratés de la campagne gouvernementale contre l'extrémisme qui a contribué à faire de 2015 l'année la moins meurtrière depuis l'émergence du mouvement taliban pakistanais Tehreek-e-Taliban pakistani (TTP) en 2007.
« Juste au moment où tout le monde pensait que le Pakistan avait passé un cap et quasiment vaincu le monstre du terrorisme, il semble que la terreur relève sa tête ignoble », déplorait jeudi l'un des principaux quotidiens nationaux, Dawn. « En 20 jours (depuis le début de l'année, NDLR), il y a eu 60 morts dans des attaques terroristes dans le pays ».
La Commission des droits de l'homme du Pakistan, un organisme indépendant, a appelé à « une réévaluation critique » de l'offensive militaire, soulignant que le Plan d'action national contre l'extrémisme ne pouvait réussir « sans mesures répressives contre les institutions et groupes qui forment les terroristes et les aident ».
(Source : AFP)


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