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Moyen Orient et Monde

Échange de prisonniers entre Téhéran et Washington

Trois des quatre Irano-Américains libérés samedi par Téhéran sont arrivés hier soir à Genève. Denis Balibouse/Reuters

Le rapprochement entre l'Iran et les États-Unis s'est concrétisé par la libération inattendue de prisonniers dans le cadre d'un échange.
Quatre Irano-Américains ont été libérés par l'Iran, tandis que les États-Unis ont en échange « accordé leur clémence » à sept Iraniens, a indiqué un responsable américain. Cet échange de prisonniers sans précédent entre les deux pays intervient alors que l'accord nucléaire historique entre l'Iran et les grandes puissances est entré en vigueur samedi. L'échange de prisonniers a été « accéléré » par les négociations sur le nucléaire, a déclaré samedi soir le secrétaire d'État américain John Kerry.
Trois des quatre Irano-Américains libérés samedi par Téhéran sont arrivés hier soir à Genève. « Nous sommes très heureux de saluer Jason Rezaïan, sa femme Yegi, sa mère Mary, ainsi que Saeed Abedini et Amir Hekmati », bien « arrivés à Genève » après avoir « quitté l'Iran », a indiqué dans un tweet Brett McGurk, un diplomate américain de haut rang. L'avion de l'armée de l'air suisse a atterri peu après 18h00 locales à Genève. Ces ex-prisonniers devaient ensuite reprendre l'avion vers l'Allemagne, pour être transférés sur une base militaire américaine. Dans un communiqué publié hier après-midi, la Suisse a indiqué qu'un « avion suisse avec un représentant du DFAE (ministre des Affaires étrangères) et des médecins a ramené trois des prisonniers américains détenus en Iran, ainsi que la mère et l'épouse de l'un d'entre eux ». Aucune indication n'avait été donnée sur le lieu de l'atterrissage. Cependant, un avion officiel américain était stationné hier en fin de journée sur le tarmac de l'aéroport de Genève, selon un journaliste de l'AFP.
La Suisse a encore indiqué qu'après « des discussions confidentielles de quatorze mois en Suisse, les USA et l'Iran se sont accordés le 17 janvier 2016 sur la libération respective de onze personnes et l'abandon de toutes charges à l'encontre de personnes additionnelles ». « Ces efforts ont permis à MM. Afghahi, Faridi, Ghahreman, Golestaneh, Modanlo, Mekanic et Saboonchi de retrouver la liberté aux USA et à MM. Abedini, Hekmati, Rezaian et Khosravi-Roodsari de sortir de prisons iraniennes », a ajouté le ministère suisse des Affaires étrangères.

Sept Iraniens libérés
À Washington, un haut responsable américain avait indiqué plus tôt hier que « tous les citoyens américains détenus ont été libérés et ceux qui ont souhaité quitter l'Iran sont partis », sans autre détail.
D'autre part, le quotidien Washigton Post a confirmé hier matin que son correspondant à Téhéran Jason Rezaian avait été libéré de la prison d'Evine à Téhéran et avait quitté le pays sain et sauf. « Nous sommes soulagés que le cauchemar de Jason et de sa famille, qui a duré 545 jours, soit enfin terminé », a déclaré le directeur de publication Frederick Ryan dans un communiqué. Jason Rezaian, 39 ans, avait été arrêté en juillet 2014 à son domicile de Téhéran où il travaillait comme correspondant du quotidien américain depuis deux ans. Il a été condamné le 11 octobre 2015 à une peine de prison dont la durée n'a jamais été annoncée. Il était jugé pour « espionnage » et « collaboration avec des gouvernements hostiles », faits pour lesquels il encourait jusqu'à 20 ans de prison.
De plus, la famille de l'ancien marine américain Amir Hekmati, qui avait été condamné à mort en Iran en 2012 pour espionnage et dont la peine avait été commuée à dix ans de prison, a annoncé qu'il « était dans un avion pour quitter » l'Iran.
Amir Hekmati, 32 ans, avait été arrêté en août 2011 durant une visite à sa grand-mère en Iran. Reconnu coupable d'espionnage au profit de la CIA en dépit des démentis de Washington, il avait été condamné à mort en janvier 2012 mais sa peine avait été annulée deux mois plus tard et commuée en une peine de dix ans de prison.
L'épouse du pasteur protestant Saïd Abedini, 35 ans, a tweeté dans la matinée que son mari avait « quitté le sol iranien » pour la Suisse. Arrêté en septembre 2012 lors d'une visite en Iran, il a été condamné en appel en 2013 à huit ans de prison pour avoir organisé une étude biblique.
Téhéran s'est également engagé à continuer de coopérer avec les États-Unis pour déterminer ce qu'est devenu Robert Levinson, un ex-agent du FBI disparu en Iran il y a des années, selon Washington. Les sept Iraniens libérés par les États-Unis, dont six ont la double nationalité, étaient poursuivis ou déjà condamnés pour avoir vendu à l'Iran des équipements industriels en violation des sanctions internationales contre Téhéran. Ces sept prisonniers sont : Nadar Modanlo, Bahram Mekanik, Khosro Afghahi, Arash Ghahreman, Touraj Faridi, Nima Golestaneh et Ali Saboonchi.
« Les États-Unis ont également supprimé toutes les notices rouges d'Interpol et ont abandonné leurs poursuites contre 14 Iraniens pour lesquels il a été établi que les demandes d'extradition auraient probablement été vouées à l'échec », a par ailleurs précisé un responsable américain.

(Source : AFP)

Le rapprochement entre l'Iran et les États-Unis s'est concrétisé par la libération inattendue de prisonniers dans le cadre d'un échange.Quatre Irano-Américains ont été libérés par l'Iran, tandis que les États-Unis ont en échange « accordé leur clémence » à sept Iraniens, a indiqué un responsable américain. Cet échange de prisonniers sans précédent entre les deux pays intervient alors que l'accord nucléaire historique entre l'Iran et les grandes puissances est entré en vigueur samedi. L'échange de prisonniers a été « accéléré » par les négociations sur le nucléaire, a déclaré samedi soir le secrétaire d'État américain John Kerry.Trois des quatre Irano-Américains libérés samedi par Téhéran sont arrivés hier soir à Genève. « Nous sommes très heureux de saluer Jason Rezaïan, sa femme...
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