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Liban - Dans Les Coulisses De La Diplomatie

Bassil face à un triple choix lors de la réunion du Caire

Des panneaux représentant le cheikh chiite saoudien, Nimr Baker el-Nimr, exécuté par Riyad, ont fait leur apparition dans certains quartiers de Beyrouth, au Sud et dans la Békaa.

Suite à la guerre diplomatique que se livrent l'Arabie saoudite et l'Iran depuis l'exécution du cheikh Nimr Baker el-Nimr, le Liban subira un difficile premier test lors de la réunion urgente des ministres arabes des Affaires étrangères à laquelle a appelé le royaume wahhabite et qui se tiendra demain dimanche à 13h au siège de la Ligue arabe au Caire. Lors de cette réunion, une décision sera prise, condamnant les attaques contre l'ambassade saoudienne à Téhéran et le consulat d'Arabie à Machhad (nord-est de l'Iran) dont les bâtiments avaient été incendiés en violation de la Convention de Vienne protégeant les représentations diplomatiques.
Le royaume wahhabite a en outre invité le représentant des Émirats arabes unis, actuel président du Conseil des ministres arabes des Affaires étrangères, à convoquer une réunion ministérielle visant à fustiger l'Iran pour ses différentes interventions dans la politique de plusieurs États arabes dont la Syrie, l'Irak, le Liban et le Yémen. Devrait figurer également à l'ordre du jour la décision de l'opérateur satellitaire Nilesat de ne plus diffuser al-Manar, chaîne télévisée du Hezbollah.

La question est de savoir quelle sera la position que prendra le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, qui partira demain matin pour Le Caire afin de participer à la réunion. Va-t-il appuyer la décision telle quelle ou y apportera-t-il des réserves, ou encore publiera-t-il un communiqué dans lequel il mettra l'accent sur l'importance de calmer le jeu tant au niveau local que régional et musulman ?

Trois options
Une source diplomatique a indiqué à L'Orient-Le Jour que trois options se présentent à Gebran Bassil, la première étant l'usage de ses prérogatives de ministre des Affaires étrangères telles que définies par l'accord de Taëf, en adoptant une position de rapprochement de vues entre l'Arabie saoudite et l'Iran, pays entre lesquels la tension a atteint son paroxysme à la suite de l'exécution de Nimr. Une deuxième option pour M. Bassil serait de consulter le Premier ministre Tammam Salam sur une position officielle à prendre, qui ne mettrait pas dans l'embarras le Liban tant à l'égard de l'Arabie saoudite que de l'Iran. Enfin, une troisième option est que M. Bassil, en l'absence d'un chef de l'État, s'inspire de l'esprit de la politique étrangère de la déclaration ministérielle du gouvernement Salam.
Selon la même source, il sera difficile pour le ministre des Affaires étrangères de faire son choix, sachant qu'il n'est pas aisé de satisfaire en même temps l'Iran et l'Arabie saoudite. Il faudra trancher dans le sens de l'intérêt du Liban et de sa stabilité sécuritaire et politique, pour ne pas que soit créé un milieu propice aux dissensions confessionnelles, d'autant que la division très marquée entre les ministres qui appuient l'Iran et ceux qui soutiennent l'Arabie saoudite se reflète à l'échelle parlementaire et au niveau populaire. Partant, M. Bassil stigmatiserait vraisemblablement l'attaque contre l'ambassade et le consulat saoudiens en Iran, dont le président iranien Hassan Rohani a d'ailleurs ordonné l'arrestation des auteurs.

Lors de la première réunion du Conseil des ministres arabes des Affaires étrangères qui sera axée sur le conflit irano-saoudien, le ministre libanais des Affaires étrangères adoptera-t-il, comme solution intermédiaire, une politique de distanciation, à l'instar de ce qu'il a fait lors des conférences ministérielles qui se sont tenues au siège de la Ligue arabe depuis le début de la crise syrienne ?
Des sources ministérielles ont indiqué à L'Orient-Le Jour que la difficulté dans la position libanaise réside dans la division politique accentuée qui sépare les pro-Saoudiens, à la tête desquels se trouve l'ancien Premier ministre Saad Hariri, et les pro-Iraniens que mène le Hezbollah, sachant que les deux camps sont représentés au gouvernement.

L'échéance présidentielle occultée
Au plan local, la guerre diplomatique entre l'Arabie saoudite et l'Iran a occulté tout débat sur l'échéance présidentielle, notamment sur la tendance de Saad Hariri à appuyer la candidature du député Sleiman Frangié. La partie qui s'oppose à cette tendance a relevé que le conflit irano-saoudien a écarté la possibilité d'une élection présidentielle, vu que cette échéance est liée à un accord régional qui a capoté en raison de l'exécution de Nimr. Celle-ci a avivé sur la scène locale la confrontation médiatique entre le courant du Futur et le Hezbollah, ce qui a poussé les chefs des deux formations à entreprendre des contacts pour mettre fin à cette campagne bilatérale, avant que ses retombées négatives ne se manifestent dans la rue.

La consolidation de la stabilité sécuritaire semble importante à l'ombre d'un recul constaté de la protection internationale dont bénéficiait le Liban. Cette tendance, dont on ne peut minimiser l'importance, a été signalée par le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, qui possède des informations basées sur des rapports des services de sécurité relevant de son ministère.

 

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commentaires (6)

Selon la même source, il sera difficile pour le ministre des Affaires étrangères de faire son choix, sachant qu'il n'est pas aisé de satisfaire en même temps l'Iran et l'Arabie saoudite POURQUOI UN MINISTRE DES AE VASSAL DU HIZBOLLAH LUI MEME SATELLITE DE L'IRAN DEVRAIT IL SATISFAIRE L'ARABIE SAOUDITE? QUI D'AILLEURS AU LIBAN PEUT LE SANCTIONNER OU LE REVOQUER DANS UN LIBAN SOUS OCCUPATION BAASSYRO/IRANIENNE

Henrik Yowakim

17 h 36, le 09 janvier 2016

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Commentaires (6)

  • Selon la même source, il sera difficile pour le ministre des Affaires étrangères de faire son choix, sachant qu'il n'est pas aisé de satisfaire en même temps l'Iran et l'Arabie saoudite POURQUOI UN MINISTRE DES AE VASSAL DU HIZBOLLAH LUI MEME SATELLITE DE L'IRAN DEVRAIT IL SATISFAIRE L'ARABIE SAOUDITE? QUI D'AILLEURS AU LIBAN PEUT LE SANCTIONNER OU LE REVOQUER DANS UN LIBAN SOUS OCCUPATION BAASSYRO/IRANIENNE

    Henrik Yowakim

    17 h 36, le 09 janvier 2016

  • Situation tres critique,il faudrait beaucoup de sagesse ?????que Dieu nous preserve....

    Soeur Yvette

    17 h 12, le 09 janvier 2016

  • Surtout çuilà !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    13 h 59, le 09 janvier 2016

  • BASSILO... LE BOULOT... SANS PEDALO... NI RIGOLO...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    11 h 26, le 09 janvier 2016

  • Conformément au rôle arabe du Liban et également au bon sens, le ministre des Affaires étrangères devrait se contenter d'appeler à un dialogue constructif entre l'Iran et l'Arabie saoudite.

    Halim Abou Chacra

    10 h 19, le 09 janvier 2016

  • Et si les Libanais(h) se contentaient de la boucler, lors de cette "réunion" ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    04 h 43, le 09 janvier 2016

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