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Culture - Théâtre

Les élans ont-ils tous des Martiens en eux ?

Trois quadras en costards – l'un en violet (Pascal Neyron), l'un en vert (Emmanuel Quatra) et l'un en orange (Benoît Urbain) –, verre à la main, font et refont la terre. En mots et en musique. Au Monnot, demain à 20h30.

Photo Hassan Assal.

Acheter un bout d'arc-en-ciel, rencontrer Verlaine et l'affirmer haut et fort, et danser avec une « proto-type », féminin recto et masculin verso, sont autant de situations à la fois loufoques et poétiques dans lesquelles les trois trublions entraînent les spectateurs durant plus d'une heure dans Les élans ne sont pas des animaux faciles. Pour leur plus grand bonheur.

Y a de la joie...
Dans cet univers cosy et décalé, créé par Frédéric Rose et Vincent Jaspard et réalisé par Laurent Serrano, le public d'abord hésitant, presque sur ses gardes car il se demande de quoi il s'agit – est-ce des Martiens ? Des hommes d'une autre planète ? –, se laisse vite séduire et y pénètre. C'est un espace de poésie et de fantaisie qui swingue au son des airs de Claude Nougaro, de Gershwin et même de Benoît Urbain qui en a composé trois (Yellow Train, Extra-terrum et Anne Laure Song).
C'est vrai que ces comédiens/musiciens viennent d'une autre planète. Peut-être celle du Petit Prince où l'on a oublié, enterré la poésie ? Mais certainement de celle où le rire n'existe plus. Ce rire sans aucune connotation politique, sociale ou autre (rare de nos jours !).

Le trio se rit de ses rapports avec les autres, mais aussi avec soi-même. Que veulent ces trois hommes qui s'interrogent tout en interrogeant la salle ? Quels sont leurs rêves ? Ils n'ont pas de réponses et lorsque la situation se complique, un p'tit air de chansonnette efface tout pour qu'ils reprennent à nouveau. Oui, les hommes aiment bien se moquer des filles, surtout des ex, des chances perdues, de ce hasard qui engendre des relations hasardeuses, mais aussi de ce cinéma pointu dont les gens raffolent sans rien y comprendre : « Un cinéma japonais où, durant trois heures, un homme verse de l'eau dans un chapeau pour l'offrir à un garçon », « des mots croisés : tantôt debout, tantôt couchés car les mots se fatiguent », mais aussi « des regards qui en disent long ».
Les trois artistes, l'un à la guitare, l'autre au piano et le troisième au valisophone (une corde tirée sur une valise), qu'Emmanuel Quatra pince avec dextérité, ponctuent ces extraits de la vie par des airs jazzy et invitent les spectateurs à savourer cette langue française qui, à chaque détour d'une phrase, crée la surprise.

Acheter un bout d'arc-en-ciel, rencontrer Verlaine et l'affirmer haut et fort, et danser avec une « proto-type », féminin recto et masculin verso, sont autant de situations à la fois loufoques et poétiques dans lesquelles les trois trublions entraînent les spectateurs durant plus d'une heure dans Les élans ne sont pas des animaux faciles. Pour leur plus grand bonheur.
Y a de la joie...Dans cet univers cosy et décalé, créé par Frédéric Rose et Vincent Jaspard et réalisé par Laurent Serrano, le public d'abord hésitant, presque sur ses gardes car il se demande de quoi il s'agit – est-ce des Martiens ? Des hommes d'une autre planète ? –, se laisse vite séduire et y pénètre. C'est un espace de poésie et de fantaisie qui swingue au son des airs de Claude Nougaro, de Gershwin et même de Benoît Urbain qui en a...
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