La presse évoquait un chiffre pouvant aller jusqu’à 90 millions de dollars en ce qui concerne les pénalités que les autorités américaines pourraient imposer à Volkswagen. Ronny Hartmann/AFP
Le lancement de poursuites au civil contre Volkswagen aux États-Unis relançait hier les spéculations sur la facture finale du scandale des moteurs diesel truqués pour le constructeur allemand et augmentait considérablement la pression sur le mastodonte aux douze marques.
Trois mois et demi après l'éclatement aux États-Unis du scandale des véhicules diesel équipés d'un logiciel truqueur, le département américain de la Justice et l'agence de l'Environnement (Epa) ont jeté lundi un pavé dans la mare en saisissant la justice contre le géant de l'automobile.
« L'implication du département de la Justice souligne que les autorités américaines perdent patience avec Volkswagen (...) et veulent frapper fort », explique à l'AFP l'expert automobile Ferdinand Dudenhöffer.
Ce nouveau rebondissement fait craindre à certains que les autorités américaines n'imposent au constructeur des pénalités bien supérieures à celles escomptées jusqu'ici : la presse évoquait un chiffre pouvant aller jusqu'à 90 milliards de dollars. Résultat : l'action Volkswagen, qui avait repris ces dernières semaines une partie du terrain cédé à l'automne, a lourdement chuté à Francfort (-3,96 % à 121,40 euros, soit 130,3 dollars).
Ces 90 milliards de dollars correspondraient selon Holger Schmidt, analyste d'Equinet, au « maximum arithmétique » si la justice américaine appliquait les pénalités maximales pour tous les chefs d'accusation retenus. « Le montant devrait être bien plus bas », s'empresse-t-il d'ajouter. « Ces chiffres sont complètement fantaisistes », estime aussi M. Dudenhöffer.
Jusqu'à présent, le scénario le plus pessimiste pour le constructeur de Wolfsburg (Nord) faisait état d'environ 18 milliards de dollars d'amende. « Les États-Unis veulent très clairement faire un exemple avec cette affaire », analyse le professeur Stefan Bratzel, directeur du Center of Automotive Research de Bergisch Gladbach (Ouest). Il juge tout chiffre « hautement spéculatif » à l'heure actuelle et estime que l'amende finale aux États-Unis ne devrait probablement pas excéder les dix milliards de dollars.
À cette somme viendraient s'ajouter les dommages et intérêts obtenus par les clients américains du constructeur, potentiellement en milliards de dollars également.
Le « dieselgate » a éclaté en septembre aux États-Unis et s'est répandu à travers le monde : au total, 11 millions de véhicules VW ont été équipés d'un logiciel permettant de fausser les tests antipollution. Les ventes accusent déjà le coup, surtout aux États-Unis où les modèles concernés ont été retirés du marché. En décembre, le groupe a vendu sur ce marché 9 % de voitures de moins qu'en décembre 2014, selon un chiffre publié hier.
Volkswagen a officiellement renoncé à la couronne de premier constructeur mondial portée par le japonais Toyota et qu'il convoitait jusqu'ici.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine