Dans leurs dernières projections économiques publiées le mois dernier, les membres du FOMC envisagent une stabilisation du chômage à 4,7 % à partir de 2016. Un tel niveau, un peu au-dessous du taux d'équilibre, serait idéal, car il permettrait de faire remonter l'inflation de façon contrôlée. Parfait pour la théorie, mais en pratique, un tel résultat serait une curiosité, car l'histoire montre que le taux de chômage est soit sur une tendance haussière, soit sur une tendance baissière, mais qu'il est rarement stable au niveau du plein emploi. La plus longue période de stabilité, d'environ deux ans, a été enregistrée au milieu des années 1950. En 2015, le chômage a reculé de 5,7 % en janvier à 5,0 % en novembre. Tant que les créations d'emploi ne ralentiront pas, cette tendance se poursuivra. Au rythme de 200 000 nouveaux emplois par mois, le chômage pourrait tomber à 4,2 % à la fin 2016. L'espoir de la Fed est qu'un rebond de la participation finira par ralentir le repli du chômage et évitera ainsi de fortes pressions sur les salaires. Le taux d'emploi est faible, même en tenant compte des facteurs démographiques, mais cette faiblesse ne date pas de la crise de 2008. Elle a des causes fondamentales, et pas uniquement cycliques. Un taux de chômage proche des 4 % avait signalé la fin de l'expansion en 2000 (3,8 % en avril) et en 2007 (4,4 % en mai). On peut comprendre que la Fed ne tienne pas à s'en rapprocher trop vite, du moins pas tant que le cycle de normalisation ne sera pas vraiment avancé.
Cet article est réalisé par Fidus

