Capture d’écran extraite de la vidéo de l’État islamique diffusée hier, et montrant l’exécution de cinq « espions ». Welayat Raqqa/HO/AFP
Le groupe État islamique (EI) a menacé la Grande-Bretagne dans une nouvelle vidéo qui montre l'exécution de cinq hommes.
La vidéo, diffusée hier sur des sites jihadistes et rapportée par le centre américain de surveillance des sites islamistes Site, débute avec les « aveux » devant la caméra de cinq hommes se disant originaires de Raqqa, la « capitale » de facto de l'EI en Syrie. Ils sont présentés par un jihadiste s'exprimant en anglais comme étant des « espions ». Sur la vidéo, les propos des cinq hommes ne permettent pas d'identifier le ou les pays pour le compte desquels ils sont accusés d'espionnage, mais un d'eux évoque la coalition internationale conduite par les États-Unis, qui lutte contre l'EI en Irak et en Syrie. Ils disent à tour de rôle en arabe avoir fait passer des vidéos ou des photos dévoilant les conditions de vie à Raqqa à des individus installés en Turquie, ou encore d'avoir surveillé les déplacements de combattants de l'EI. La séquence suivante montre les cinq hommes, vêtus de la tenue orange des détenus de l'EI, agenouillés devant cinq hommes cagoulés vêtus de treillis militaire et armés d'un pistolet.
« Ceci est un message à David Cameron », le Premier ministre britannique, dit l'un des jihadistes en s'exprimant avec un accent britannique. Il accuse les cinq hommes agenouillés d'être des « espions » à la solde de la Grande-Bretagne, qui, selon lui, ont été « abandonnés » par le gouvernement britannique. Il a notamment affirmé que l'EI poursuivra « le jihad » contre la Grande-Bretagne, avant que les cinq hommes ne soient exécutés d'une balle dans la tête.
FDS vs EI
Toujours sur le terrain, au moins 16 combattants de l'EI ont été tués dans des affrontements avec une coalition militaire arabo-kurde dans le nord de la Syrie, près de Raqqa, a rapporté hier l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Les jihadistes avaient lancé le 30 décembre une offensive contre plusieurs localités aux mains des Forces démocratiques syriennes (FDS) près de Aïn Issa, une ville contrôlée par cette même coalition et située à une cinquantaine de kilomètres seulement au nord de Raqqa, la « capitale » de facto de l'EI en Syrie. Dans ces violences, 21 combattants des forces kurdes avaient été tués. Les FDS, formées principalement par les Unités de protection du peuple kurde (YPG) et des combattants arabes, se trouvent en première ligne de la lutte contre les jihadistes.
Par ailleurs, les rebelles syriens de Faïlak el-Cham (Légion du Cham) ont annoncé hier leur retrait de l'Armée de conquête (Jaïch el-Fateh), une coalition de mouvements islamistes, pour se redéployer autour d'Alep, où les forces progouvernementales gagnent du terrain depuis le début de l'intervention russe, fin septembre. « Puisque les ennemis intérieurs et étrangers – le régime et les chabiha (milices), les chiites et les Russes concentrent leurs efforts pour faire tomber la région d'Alep, nous donnons la priorité au soutien des révolutionnaires de ce secteur », disent-ils dans un communiqué diffusé sur Internet. « Nous annonçons donc notre retrait opérationnel de l'Armée de conquête, qui a achevé sa mission dans la bataille pour la conquête d'Ideb », ajoutent-ils, évoquant la prise de la majeure partie de la province du même nom, en 2015. Ils ne font état d'aucune tension au sein de cette coalition, à laquelle appartiennent notamment le Front al-Nosra, aile syrienne d'el-Qaëda, et le puissant mouvement islamiste Ahrar el-Cham.
Enfin, l'aviation française a détruit dans la nuit de samedi à dimanche un site de fabrication de roquettes artisanales contrôlé par l'EI en Syrie, a annoncé le ministère français de la Défense. Le raid aérien a été mené par « quatre avions Rafale équipés de missiles Scalp » qui « ont agi conjointement avec des avions de la coalition » sur un site situé à plusieurs dizaines de kilomètres à l'est de la ville d'Alep, a précisé le ministère dans un communiqué.
(Sources : agences)

