Le peso argentin s'est effondré face au dollar hier, premier jour de la levée du contrôle des changes, décision du nouveau gouvernement du libéral Mauricio Macri pour relancer une économie en perte de vitesse.
Cette dévaluation-choc de la monnaie argentine, surévaluée depuis des années, survient quelques heures après la fin des restrictions sur les changes, mises en place en 2011 pour empêcher une fuite de devises.
Après de longues années d'administration de la monnaie durant les années Kirchner, la Banque centrale a décidé de laisser flotter le peso.
Alors qu'il cotait mercredi à la clôture à moins de 10 pesos, le dollar a ouvert à 15 pesos hier en Argentine, avant de se stabiliser à 14 pesos en fin de séance, soit une chute de 30 %.
Cette mesure du gouvernement du président de centre droit Mauricio Macri, au pouvoir depuis le 10 décembre, a été accueillie avec soulagement par les milieux économiques. Jusqu'ici, les entreprises désirant importer et les particuliers souhaitant épargner ou voyager à l'étranger étaient limités dans l'accès aux devises. C'était une promesse de campagne de M. Macri, qui a succédé à Cristina Kirchner, au pouvoir depuis 2007. Il a promis de « normaliser » et libéraliser l'économie, après douze années de forte intervention de l'État et de mesures protectionnistes. Mercredi, le ministre du Budget et des Finances, Alfonso Prat-Gay, avait averti que cette décision, permettant le rétablissement d'un taux de change libre entre le dollar et le peso, entraînerait une dévaluation de la devise argentine, dans un pays où la hausse des prix oscille entre 20 et 35 % depuis 8 ans.
Mais cette dévaluation était « nécessaire », souligne l'économiste Nicolas Dujovne. Selon lui, « la clé du succès de la dévaluation, c'est que le peso atteigne 14 à 15 pesos pour un dollar, que le gouvernement ne fasse pas marche arrière et que l'impact sur les prix ne soit pas trop élevé ». L'inflation « devrait baisser à partir d'avril-mai », prévoit-il.
Les Argentins semblaient partagés hier : pour Rosa Menendez, 50 ans, qui tient un salon de beauté, la « dévaluation profonde était annoncée et nécessaire ». Guillermo Suarez, propriétaire d'un magasin de chaussures, était inquiet. « Ces mesures vont faire baisser la consommation et en finir avec l'industrie nationale. »
(Source : AFP)
Économie - Devises
Forte dévaluation du peso en Argentine après la levée du contrôle des changes
OLJ / le 18 décembre 2015 à 00h00

