Relaxée hier, Marine Le Pen encourait un an de prison et 45 000 euros d’amende pour avoir comparé les prières de rue de musulmans à l’occupation nazie. Frederick Florin/AFP
Le tribunal correctionnel de Lyon a relaxé hier la présidente du parti d'extrême droite Front national (FN), Marine Le Pen, poursuivie en justice après avoir comparé, fin 2010, les prières de rue de certains musulmans à l'occupation nazie. Marine Le Pen était jugée pour la première fois pour « provocation à la discrimination, à la violence ou à la haine envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion ».
Le 20 octobre dernier, le procureur de la République avait requis la relaxe de la présidente du FN, considérant que l'infraction n'était pas suffisamment caractérisée. « Les propos ne visent pas l'ensemble de la communauté musulmane », avait déclaré le représentant du parquet, rappelant qu'il n'était pas à l'origine des poursuites. Le magistrat avait reconnu que les propos prononcés par Marine Le Pen pouvaient être « choquants », mais estimé dans le même temps qu'ils « faisaient partie de la liberté d'expression ».
La présidente du FN encourait un an de prison et 45 000 euros d'amende. Elle était absente hier à l'audience. « Cinq ans de calomnies, une relaxe... Et maintenant, combien de diffamateurs présenteront des excuses ? » a-t-elle réagi sur son compte Twitter. Son avocat, Me David Dassa-le-Deist, a salué « une décision au cordeau sur le plan des principes juridiques » et dénoncé « une cohorte d'associations qui entendaient manifestement se servir d'une audience pour régler des comptes politiques ».
(Sources : agences)

