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Lifestyle - Prix

« Takreem », pour une identité positive

C'est la success story d'un jeune ingénieur chimiste qui aimait la musique. À 16 ans, il animait une émission sur une radio locale pour s'acheter des disques. Un job de potache qui l'a conduit à la télévision. Depuis, Ricardo Karam mène la carrière médiatique que l'on sait, avec plus de 1 000 interviews de personnalités inspirantes au compteur. En 2010, il crée le prix Takreem dont l'édition 2015 a eu lieu le 26 novembre dernier à Dubaï.

Les lauréats auprès de Ricardo Karam pour l’édition 2015 de Takreem.

À l'origine de l'idée, formée en 2005, était déjà le constat affligeant de l'image peu valorisante que le monde renvoyait aux Arabes et que d'ailleurs beaucoup d'Arabes avaient d'eux-mêmes. « Je voulais faire quelque chose pour que nos jeunes aient des références issues de leur propre culture, qu'ils puissent s'identifier à de grandes figures, de grands chercheurs, des femmes admirables et de brillants entrepreneurs venus de leur propre environnement. Leur montrer que c'est possible », confie Ricardo Karam. Ces personnes existent, il les a rencontrées.

 

Recréer une Andalousie virtuelle
Omniprésent dans le paysage audiovisuel arabe, avec des émissions à succès comme Maa Ricardo Karam sur CNBC, Woojooh al-Madina sur BBC et bientôt un talk-show sur Skynews, Karam est au four et au moulin, concepteur, présentateur, producteur, documentariste, en plus des panels qu'il modère de Casablanca à Ann Arbor, en passant par Madrid. Cependant, affirme-t-il, Takreem occupe 60 % de son temps. L'énergie qu'il consacre à ce prix qu'il a créé est justifiée par son désir, quasi obsessionnel, de recréer une Andalousie virtuelle en mettant à l'honneur les grandes figures arabes contemporaines.
Pour cette sixième édition comme pour les précédentes, réunir les partenaires, fidéliser les sponsors, organiser les réunions et la cérémonie en soi n'est pas une sinécure. Suivant une mécanique éprouvée et impeccablement huilée, un conseil de présélection composé de plus de cinquante personnes, triées sur le volet et issues de divers secteurs professionnels, tient sa réunion préparatoire deux jours durant, à Beyrouth, à l'AUB. Ce premier chapitre prépare sa liste sur la base de centaines de profils intéressants présentés par l'ensemble du monde arabe. Les critères de sélection sont extrêmement précis, complexes et rigoureux. En amont, un comité réuni dans chaque pays a déjà présenté son candidat pour chacune des neuf disciplines concernées par le prix : Jeune entrepreneur, Avancée scientifique et technologique, Excellence dans le domaine de la culture, Développement durable et Environnement, Femme arabe d'exception, Innovation dans l'Éducation, Philanthropie et Action sociale, Leadership d'Entreprise. À ces huit domaines s'ajoutent deux distinctions : l'une concerne un Apport international à la société arabe, et l'autre, sous l'intitulé Life Time Achievement, honore une figure dont le parcours professionnel et philanthropique est reconnu comme exemplaire.

 

Une émouvante cuvée 2015
La présélection étant établie, le jury final, qui compte une vingtaine de membres prestigieux, se réunit soit à Londres, soit à Paris, pour établir la liste définitive des lauréats de l'année. Ces deniers sont informés de leur désignation sous le sceau du secret, six mois à l'avance, de manière à leur laisser le temps d'organiser leur agenda pour se rendre dans la ville choisie pour la cérémonie. Après avoir célébré ses lauréats à Beyrouth en 2010, à Doha en 2011, à Manama en 2012, à Paris en 2013 pour les 25 ans de l'IMA, et à Marrakech en 2014, Takreem a honoré sa cuvée 2015 à Dubaï.


Khalid al-Khudair, à la tête de l'organisation Glowork, a donné accès à l'emploi à 6 000 femmes en Arabie saoudite. Le Dr Fadlo Khoury, chercheur libanais de haut niveau dans le domaine de l'oncologie, 16e président de l'Université américaine de Beyrouth, a réalisé des avancées dans la pratique médicale au niveau du thorax, de la tête et du cou. L'association palestinienne al-Kamadjâti s'est donné pour objectif de rendre l'apprentissage de la musique accessible à toute la communauté palestinienne, selon le principe que « la portée de la musique est plus puissante que celle des pierres ». Le Lebanon Eco Movement, réseau de plus de 60 organisations et associations pour l'environnement, réalise un travail de fond pour la préservation du patrimoine naturel du Liban. Rannen, fondation créée par la Jordanienne Rawan Barakat, elle-même malvoyante, crée des audio-histoires pour les enfants souffrant de handicap visuel. Le Dr Jumana Odeh, palestinienne, fondatrice du centre Happy Child à Ramallah, se distingue par sa contribution remarquable à la santé publique et à la pédiatrie dans son pays. Trente ans durant, Nabil Habayeb, à la tête des opérations General Electric dans la région MENA, a soutenu des objectifs de développement dans son secteur d'activité. Vian Dakhil, on se souvient de ses larmes au Parlement irakien, suppliant pour qu'une aide d'urgence soit apportée à la communauté Yazidi dont un grand nombre de femmes et d'enfants ont été déportés et réduits à l'esclavage. Toutes ces personnes ont été primées en 2015, chacune dans sa catégorie, Vian Dakhil recevant le prix de la Femme de l'année pour son action courageuse en faveur de sa
communauté.
L'association Save the Children gère depuis 60 ans les besoins de 181 millions de personnes à travers ses 7 bureaux nationaux dans la région. Elle a reçu le prix de l'apport international à la société arabe.
Avec 25 000 employés et un milliard de dollars de chiffres d'affaires, Riad al-Sadik, à travers son entreprise de construction al-Habtoor, est l'un des plus grands développeurs et employeurs de la région. Il a reçu un Lifetime Achievement Award.
Mamdouha al-Sayed Bost, pour une vie consacrée à l'éducation, à l'accès aux soins et à la justice sociale, a également reçu ce prix à titre posthume, de même que le Dr Ghazi Alghosaibi, diplomate saoudien et figure de proue littéraire et politique de son pays.
Enfin, le Dr Hilal al-Sayer et son épouse Margaret, fondateurs au Koweït de l'association KACCH pour le soin hospitalier des enfants et du centre d'accueil BACH, entièrement gratuit, destiné aux enfants atteints de maladies dangereuses, ont reçu un prix spécial pour leur magnifique entreprise.
On le voit, ce nouveau collège de lauréats est particulièrement émouvant cette année.

 

Mettre en contact acteurs et financiers
Le prix Takreem, entre préparation et cérémonie, a un coût. Les partenaires stratégiques tels Audemars Piguet, AMEC Foster Wheeler, King Abdullah Economic City ou l'Alliance Renault-Nissan suivent, enthousiastes et fidèles. Les cérémonies de remise des prix ainsi que les soirées de gala qui les prolongent affichent complet dès l'annonce de la date et du lieu, avec un vaste public qui se déplace, pour y assister, des quatre coins du monde. Le trophée, créé par Élie Hanna, est une feuille d'olivier stylisée. On pourrait y voir une flamme, mais le symbole y est : paix, compassion, unité. Il n'y a rien d'autre à gagner. Mais pour Ricardo Karam, présent dans les moindres rouages de cette organisation complexe, l'objectif est de mettre les gens en contact les uns avec les autres. À titre d'exemple, l'an dernier une chercheuse en génétique irakienne, primée par Takreem, a vu son programme financé par la Fondation Bill Gates, un représentant de cette fondation, présent à la cérémonie, ayant été sensible à son travail. « Takreem crée une incroyable synergie, une effervescence positive et ouvre grand l'horizon à tous les jeunes Arabes qui ont tendance à croire que leurs passeports sont maudits et leurs ailes entravées » conclut Karam, avant d'ajouter : « Il est important que le public soit informé sur cette action fondamentale. Les médias ont tendance à croire que le rôle de Takreem se limite à organiser des événements et des dîners. Autant préciser que c'est un peu plus que cela. »

 

Pour mémoire

Pour sa 4e édition, « Takreem » récompense, à Paris, des talents arabes d'exception

À Marrakech, les réussites arabes honorées par Takreem

 

À l'origine de l'idée, formée en 2005, était déjà le constat affligeant de l'image peu valorisante que le monde renvoyait aux Arabes et que d'ailleurs beaucoup d'Arabes avaient d'eux-mêmes. « Je voulais faire quelque chose pour que nos jeunes aient des références issues de leur propre culture, qu'ils puissent s'identifier à de grandes figures, de grands chercheurs, des femmes admirables et de brillants entrepreneurs venus de leur propre environnement. Leur montrer que c'est possible », confie Ricardo Karam. Ces personnes existent, il les a rencontrées.
 
Recréer une Andalousie virtuelleOmniprésent dans le paysage audiovisuel arabe, avec des émissions à succès comme Maa Ricardo Karam sur CNBC, Woojooh al-Madina sur BBC et bientôt un talk-show sur Skynews, Karam est au four et au moulin, concepteur, présentateur,...
commentaires (1)

Il n'y a que Fifi Abou Dib pour ecrire & decrire comme ca & Takreem & Ricardo Karam... Tres bel article, & tres jolie la phrase qui le cloture. Bravo

Marie-joe Taleb

07 h 04, le 16 décembre 2015

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Commentaires (1)

  • Il n'y a que Fifi Abou Dib pour ecrire & decrire comme ca & Takreem & Ricardo Karam... Tres bel article, & tres jolie la phrase qui le cloture. Bravo

    Marie-joe Taleb

    07 h 04, le 16 décembre 2015

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